Vainqueur du Challenge Open Formule Renault

Championnat de France de la Montagne, 2ème Division, Finale de la Coupe de France, quelle que soit la catégorie et la classe dans laquelle il était engagé cette saison – DE/7 avec sa Formule Renault et CN/2 avec sa Norma – Etienne Pernot s’est systématiquement imposé. Une succession de victoires grâce auxquelles il remporte le Challenge Open dédié aux Formule Renault en terminant 8ème du Championnat Sport.

Ainé des frères Pernot, Etienne est plus âgé que son frère Marc de seulement 15 mois. Autant dire que les deux jeunes Franc-Comtois ont eu des parcours similaires, et une approche du sport automobile identiques. Etienne et Marc ont biberonné aux exploits de leur grand-père Georges, et ont été bercés par les performances de leur père Eric.

Deux frères, un même parcours
Le 10 décembre dernier, on vous présentait le parcours de Marc Pernot, celui d’Etienne suit le même cursus. Des débuts en karting dès l’âge de 12 ans, avant qu’en 2016 ils participent à leur première Course de Côte. Une première bien évidemment en double-monte, au volant d’une Formule Renault. En 2017, les deux frères prendront part à quatre manches distinctes du Championnat de France de la Montagne, toujours en Formule Renault. En 2018, une Norma 2 litres viendra remplacer la monoplace dans le garage familial, et rapidement Etienne et Marc enchaineront les bons résultats. En 2020, afin de pouvoir être tous deux au départ des épreuves du Championnat de France, ils faisaient le choix de louer une Formule Renault auprès du Team Hélium Racing. Tant avec la Norma qu’avec la Formule Renault les frères Pernot retiendront par leurs prestations l’attention des observateurs de la discipline.
 
Pour aborder la saison 2021, la famille Pernot faisait l’acquisition auprès d’Arthur Fiard d’une Formule Renault version 2013. Les deux frères allaient pouvoir de ce fait être au départ des manches du championnat en disposant chacun d’une voiture. Restait à faire un choix sur l’attribution de la Norma et de la petite monoplace sur chacune des épreuves : « Bien évidemment quand tu disposes d’une Norma MF 20 2 litres et d’une Formule Renault, tu sais qu’en termes de performances celui qui roulera avec la monoplace sera lésé », débute Etienne. « Mais le choix a été facile à faire. Nous avions décidé que sur les courses que nous avions déjà disputées nous roulerions avec la Norma, et sur celles que nous découvrions avec la Formule Renault. J’avais déjà couru à Marchampt, à Chamrousse et à Turckheim, j’ai donc roulé cette année avec la Norma sur ces épreuves, et Marc en disposait à Vuillafans, au Mont-Dore et à Limonest. Pour Dunières, nous ne connaissions pas l’épreuve ni lui ni moi, et nous avons dû faire un choix arbitraire, c’est finalement Marc qui a roulé avec la Norma. »

Après avoir validé des réglages qui semblaient correspondre à leurs attentes lors d’une journée de roulage sur le circuit de Pouilly-en-Auxois, les deux frères pouvaient débuter le championnat. En se partageant les deux voitures dont ils disposaient, ils gardaient à l’esprit que leurs objectifs seraient limités : « On savait qu’il nous était impossible de viser un titre en CN/2 sachant que nous nous partagions les courses. En DE/7 cela semblait éventuellement réalisable puisque nos adversaires n’étaient pas au départ de toutes les épreuves. Pour le reste, nous avions bon espoir de signer des succès de classe avec la Norma qui nous semblait performante, du côté de la classe DE/7 en revanche on partait dans l’inconnue au volant d’une auto que l’on découvrait. »

Dans l’esprit de tous les passionnés de Courses de Côte, les frères Pernot ont pour avantage de bénéficier d’une parfaite connaissance de la montée qui mène de Vuillafans à Echevannes. Pourtant, même si en habitant à Ornans, ville toute proche, Etienne a eu à maintes reprises l’occasion de se rendre à Vuillafans, il n’avait à ce jour jamais participé à cette épreuve : « Ce fut pour moi une découverte. Je n’avais jamais roulé sur ce tracé en course. Sachant que j’abordais cette épreuve avec une nouvelle voiture et devant un public au sein duquel je connais énormément de monde, ce n’était pas simple. »

Etienne imbattable cette saison !
Malgré la pression, Etienne parvenait à s’imposer en tête de la classe DE/7 et a signé un premier succès sur le Challenge Open dédié aux Formule Renault : « Dimanche, nous avons fait une montée sur le sec avant que la pluie ne perturbe les débats. Malgré cela, je bats le record des Formule Renault de trois secondes. Un record que détenait Billy (Ritchen) depuis 2007. Alors certes c’était avec une ancienne version, mais pour ma première participation à Vuillafans, je ne pouvais être que super content. Je ne m’attendais pas réellement à de telles performances. En toute franchise j’espérais faire aussi bien que Marc lorsqu’il avait roulé avec l’ancienne Formule Renault. J’étais bien au-delà », commente Etienne qui termine dans le sillage des meilleures F3.

Avant de poursuivre sa campagne sur le Championnat de France de la Montagne, les frères Pernot s’engageaient sur la Course de Côte de La Broque, manche de 2ème Division, qu’Etienne abordait avec sa Formule Renault : « Je connaissais le tracé que j’avais affronté auparavant avec la Norma. La concurrence dans la classe DE/7 n’était pas énorme, mais je me suis donné à fond pour terminer en tête avec à la clé un nouveau record. »

Dunières était cette année une manifestation à inscrire comme nouvelle épreuve pour les frères Pernot qui n’avaient jamais eu l’occasion de se rendre sur ce rendez-vous auvergnat : « Avec une seule montée d’essais le samedi à cause du brouillard, ce n’était pas évident de prendre ses marques. On savait que Dunières pouvait être un parcours ’’piégeux’’, pas si simple à aborder. Mais finalement c’était assez plaisant, et j’ai dû me battre face à une concurrence qui commençait à se rapprocher. Tout s’est très bien passé mais j’avoue avoir dû me cracher dans les mains pour aller chercher le record des Formule Renault. » Un record assorti bien évidemment d’une nouvelle victoire de classe.

Pour la première fois de la saison, Etienne Pernot allait s’installer dans le cockpit de la Norma 2 litres à l’occasion de la Course de Côte de Marchampt. Une approche pas réellement évidente face à des concurrents qui avaient déjà couru plusieurs courses dans la catégorie : « Pour ma part, je n’avais pas roulé avec la Norma depuis Bagnols-Sabran en fin de saison en 2020. Je n’avais donc pas de réelles ambitions face à Max (Cotleur) qui disputait là sa quatrième courses de l’année. Je suis parti à mon rythme et j’ai rapidement retrouvé le feeling sur un tracé que j’affectionne particulièrement. A l’heure de faire les comptes, je m’impose et je m’approche à sept dixièmes du record des CN/2. J’étais bien évidemment très satisfait de ce week-end dans le Beaujolais. »

Sur le Mont-Dore, Etienne Pernot fera figure d’épouvantail au volant de sa Formule Renault tant sa domination fut sans partage. Pourtant, l’approche de cette épreuve mythique n’était pas évidente pour le jeune Franc-Comtois : « En 2020 j’étais au départ au volant de la Formule Renault du Team Hélium. Et suite à une défaillance mécanique j’étais sorti de la route sur cette épreuve. Le choc avait été assez violent et j’appréhendais un peu le bas du parcours où j’étais sorti. Je ne me suis pas mis de pression, j’ai débuté le week-end prudemment et la confiance est revenue. J’ai donc augmenté le rythme pour améliorer le record des Formule Renault de plus de deux secondes. Que dire, si ce n’est que j’ai pris un plaisir monstre et que c’est toujours très réjouissant de signer un succès au Mont-Dore. »

A Marchampt, Etienne Pernot avait terminé sixième du scratch. A Chamrousse, il gravissait un échelon supplémentaire en faisant avec sa Norma son entrée dans le top 5. Mais ce que l’on retiendra avant tout c’est son large succès en CN/2, catégorie dans laquelle il devance Maxime Cotleur de plus de trois secondes : « C’est un tracé hyper compliqué pour parvenir à trouver les réglages adéquats. Cette année, la chicane était plus serrée que lors des précédentes éditions, de ce fait on pouvait difficilement se fier aux chronos réalisés. Je parviens toutefois à m’approcher de mon chrono de 2019 et je signe un nouveau succès, là encore nous avons vécu un super week-end. »

L’hégémonie d’Etienne Pernot allait se confirmer à Turckheim où le pilote d’Ornans imposait une nouvelle fois sa Norma en tête des Protos 2 litres, en se positionnant au septième rang du classement scratch : « C’est sans nul doute ma course préférée, sur laquelle je prends un plaisir indescriptible. J’avais signé un nouveau record en CN/2 en 2020 en 2’36’’074 et on était assez loin de ces temps lors des essais. Dimanche, dans des conditions optimales, et avec des pneus neufs, je signe un chrono en 2’35’’208, une amélioration de près d’une seconde. D’autant plus satisfaisant que mon père détient le record en CN/3 avec un temps en 2’35’’8, ça fait réellement plaisir de faire mieux que lui », avoue Etienne dont le sourire laisse supposer qu’il n’est pas peu fier d’avoir fait mieux que son père.

Pour terminer sa saison sur le championnat, Etienne retrouvait le volant de sa Formule Renault pour la Course de Côte de Limonest, et une nouvelle fois la première marche du podium de la classe DE/7 : « Je découvrais, et j’arrivais avec des aprioris parce que le tracé de Limonest n’a pas une excellente réputation auprès de certains pilotes. J’avoue que j’ai eu du mal à me mettre dedans. Mais finalement ce parcours très technique m’a bien plu, même s’il est vrai qu’il n’est pas facile pour trouver le bon rythme et être rapide. » S’il conserve un excellent souvenir de son déplacement à Limonest, Etienne avoue qu’il a bien cru que sa course pour cet ultime rendez-vous de la saison allait être compromise : « Dimanche matin, mon démarreur ’’a cramé’’ sur la ligne de départ. J’ai donc grillé mon joker en ne pouvant pas m’élancer sur cette première montée. A ce moment-là mes adversaires battaient le record détenu jusqu’alors par mon frère. Les choses semblaient mal engagées. J’avais donc la pression sur les épaules, mais sur la montée suivante je signe un nouveau record. Ce n’était pas gagné pour autant car Baptiste (Tognet-Bruchet) signe un excellent chrono sur la dernière ascension, et je suis parvenu malgré tout à conserver mon avance », explique Etienne qui finalement améliorait le record de son frère de plus de deux secondes. « Mais il est clair que sur cette dernière épreuve de la saison, la concurrence s’était vraiment rapprochée et j’ai dû batailler face à Baptiste, Antoine (Uny) ou Stan (Coquet). Le combat était vraiment sympa. »

On retrouvait ensuite Etienne Pernot dans le Beaujolais où il prenait part à la Finale de la Coupe de France de la Montagne. Un dernier rendez-vous et un dernier succès puisqu’il s’impose en tête des Formule Renault en accrochant une magnifique neuvième place au scratch : « Quand on voit la liste des engagés avec le nombre de Protos 2 litres, de Tatuus Formula Master, de F3 présents, terminer dans le top 10 semblait juste inenvisageable, je n’y aurais jamais cru. Donc le résultat est au-delà de mes espérances et me comble pleinement. La victoire est d’autant plus belle qu’il a fallu que je rivalise face à Antoine (Uny) qui a signé de supers chronos et qui m’a motivé tout au long du week-end. »

Vainqueur du l’Open Formule Renault
Cette saison, Etienne Pernot a pris part à neuf courses. Sept manches du Championnat de France, La Broque en 2ème Division et la Finale de la Coupe de France. Et à neuf reprises il s’est imposé dans sa classe, Aussi bien en CN/2 qu’en DE/7. Une saison parfaite à l’issue de laquelle il remporte le Challenge Open Formule Renault en terminant à la huitième place du championnat : « Terminer huitième du championnat en ayant fait quatre courses en Formule Renault et trois en Norma, c’est plutôt bien », dit-il modestement. « Je suis content d’avoir remporté toutes les courses sur lesquelles j’étais engagé. Ce ne fut pas simple de se réadapter au changement de voitures tout au long de la saison, face à une concurrence qui elle dispose de la même auto sur chaque épreuve. Je pense que c’est une belle saison et une belle réussite. »

A l’issue d’une saison qu’Etienne qualifie de réussite mais que l’on peut estimer exceptionnelle, le jeune Franc-Comtois veut remercier ceux qui étaient présents à ses côté : « Un immense merci à ma famille, à mes proches et à mes partenaires, Motul, AXA Ornans, la ville d'Ornans, LONI la terrasse bois, l'imprimeur Simon, et un grand merci à André. »

En 2022, les frères Pernot disposeront chacun de leur propre voiture, capable d’aller chercher une victoire dans un challenge : « La Formule Renault est vendue et elle sera remplacée par une auto aussi compétitive que la Norma en termes de performances. Mais à ce jour, si on sait que, comme Marc, je disposerai de la même voiture pour l’ensemble de la saison, on ne sait pas encore qui roulera avec la Norma et qui s’installera derrière le volant de notre dernière acquisition. » L’objectif des frères Pernot sera bien évidemment de tenter de décrocher une victoire sur leurs Challenges Open respectifs. Les excellentes performances réalisées tant par Etienne que par Marc font des deux pilotes du Doubs des adversaires de taille pour la saison à venir.


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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