
Au volant d’une Peugeot 206 conçue par lui-même, Alexandre Vallon participait cette saison 2025 pour la première fois au CFM. Une saison qui lui laissera d’excellents souvenirs et une deuxième place sur le Challenge Open F2000/3
C’est en pur amateur, autodidacte, qu’Alexandre Vallon se présentait cette saison au départ d’une toute première campagne sur le Championnat de France de la Montagne. Elevé par ses grand-parent, dans un milieu modeste où l’automobile et la compétition étaient très éloignées des préoccupations quotidiennes, Alexandre n’avait pas de raisons particulières de porter un quelconque intérêt au sport automobile… Si ce n’est qu’en résidant à proximité du circuit d’Issoire, il se voyait offrir l’occasion de voir évoluer des voitures de courses, ce qui ne manquait pas de susciter sa curiosité.
Au fil de ses pérégrinations sur les circuits et les épreuves routières disputées en Auvergne, Alexandre Vallon tissait des liens amicaux avec Joël Malherbe qui avait alors la charge de la distribution des pneumatiques Michelin sur le Championnat de France des Rallyes et le Championnat de France de la Montagne. Joël prenait le jeune Alexandre sous son aile pour lui faire découvrir le sport auto avant qu’il ne fasse un stage au sein du Ceerta lorsqu’il était encore collégien.
Son intérêt croissant pour l’automobile poussait Alexandre Vallon à poursuivre des études en carrosserie, mais un grave accident mettra un frein à son implication dans ce domaine et l’empêchera de passer son diplôme. Après une longue convalescence, Alexandre avait dépassé l’âge requis pour entamer un nouveau stage et il devait donc se résoudre à trouver du travail. Le jeune Auvergnat abandonnait la carrosserie pour se tourner vers l’industrie et devenir conducteur de systèmes automatisés au sein de la Société Constellium à Issoire. Mais la crise sanitaire liée à la Covid aura un impact sur cette entreprise spécialisée dans la fabrication de tôles pour l’aéronautique, et Alexandre était contraint de quitter cette entreprise non sans avoir bénéficié d’une prime de licenciement. On le retrouvera par la suite chez Volvic où il officiait en tant que responsable de ligne dans cette société mondialement connue pour ses eaux minérales. Motivé, toujours à même de vouloir se lancer de nouveaux défis, Alexandre deviendra par la suite chauffeur routier, emploi qu’il occupe à l’heure actuelle.
Si Alexandre Vallon a pour habitude de s’impliquer pleinement dans les différents métiers qu’il a pu pratiquer, il en sera de même dans le sport. Il aura l’occasion de pratiquer le VTT de descente avant de prendre part à des compétitions de BMX Race. Mais une fois obtenu son permis de conduire, il décidait de se tourner vers les circuits : « J’avais acheté une Renault Mégane RS avec laquelle je faisais du Track Day », explique Alexandre. Après deux années passées – 2012 et 2013 – à écumer les circuits avec sa Mégane, Alexandre décidait de se séparer de sa Renault onéreuse en entretien, pour se porter acquéreur d’une auto plus conventionnelle : « Mais dans le même temps j’ai acheté la Peugeot 206 S16 que j’ai encore aujourd’hui. La voiture était strictement d’origine et j’ai commencé à la préparer en lui ajoutant un arceau, en lui offrant des pneus compétitions, et entre 2014 et 2019 j’ai poursuivi en Track Day avec cette 206 en prenant part également à des montées historiques. »
C’est son ami Sébastien Bard et sa compagne Amélia Durat qui seront à l’origine de la venue d’Alexandre en compétition : « Dans mon esprit, en n’ayant pas de camion pour transporter ma voiture, je ne voyais pas comment pouvoir me rendre sur des épreuves et donc prendre part à des compétitions. Sébastien m’a expliqué que je m’éclaterais bien mieux en faisant des courses plutôt que de tourner en rond en Track Day sans réel objectif. » La Peugeot 206 S16 entrait au garage Bard où elle sera expertisée par Serge Pegolotti, responsable technique sur le Championnat de France de la Montagne : « Il m’a bien expliqué tout ce que je devais faire pour disposer d’une auto de course basique mise en conformité. Ça ne me paraissait pas impossible. »

Seul souci, les connaissances d’Alexandre Vallon en mécanique étaient très limitées, et l’Auvergnat se demandait s’il serait capable de préparer correctement sa voiture : « Sébastien (Bard) m’a dit, ''tu dois te débrouiller, je ne vais pas t’aider, tu m’appelles juste si vraiment tu ne t’en sors pas''. » En bon autodidacte, Alex restera quatre mois dans son garage pour parvenir à mettre sa voiture en configuration.
C’est en 2021 qu’Alexandre Vallon alignera sa Peugeot pour la première fois sur la Course de Côte de Courpière : « Je disposais alors de 140 chevaux, ce qui n’a rien d’extraordinaire, et de ce fait il me paraissait judicieux de participer uniquement à des épreuves régionales. Mais j’ai tout de même une vraie passion pour le Mont-Dore et donc dès la première année je me suis présenté au départ de cette manche du CFM. » Entre 2021 et 2024 Alexandre ne loupera pas une seule édition du Mont-Dore et viendra chercher plusieurs victoires de classe sur des épreuves régionales. Dans le même temps il fera évoluer sa Peugeot 206 dont le moteur dispose aujourd’hui de 220 chevaux.
Une première saison de découverte du championnat
L’envie de faire de belles courses, d’intégrer l’univers du Championnat de France, de bénéficier de la médiatisation des pilotes du championnat, motivaient Alexandre Vallon à s’engager sur le Challenge Open F2000/3 pour la saison 2025 : « Pour le pur amateur que je suis, j’avais le sentiment de me retrouver dans un milieu quasi professionnel, et c’est hyper intéressant. Et puis c’est fabuleux de découvrir des tracés comme celui de Bagnols-Sabran, du Col Saint-Pierre, de Vuillafans. »
En ayant comme obligation de découvrir les épreuves, avec une auto conçue par lui-même et qui n’affiche pas les mêmes performances que celles dont disposent les hommes fort du groupe F2000, Alexandre pouvait difficilement afficher d’énormes prétentions : « J’avais bon espoir de me battre, mais je savais qu’il me serait difficile de rivaliser avec des Samuel Durassier, des Sébastien Rochatte, ou des Gilbert Payneau bien plus expérimentés. »
Pour débuter la saison, Alexandre vallon engageait sa Peugeot 206 S16 sur la Course de Côte de Lugny : « Cela m’a permis de valider les réglages après avoir fait une révision et apporté des changements sur les trains et la boîte de vitesses. Je ne me suis pas préoccupé du chrono alors que je roulais avec des pneus ''rincés'', l’important était de voir que tout fonctionnait. »
Le week-end suivant Alexandre se présentait à Bagnols-sur-Cèze pour débuter sa campagne de France sur le CFM : « En bon Auvergnat, par chauvinisme je pense que le Mont-Dore est la plus belle course du championnat, mais j’avoue que je mettrais Bagnols-Sabran juste derrière. J’ai adoré ce tracé typé un peu rallye et j’ai ''surkiffé'' le passage au changement de direction. Et puis finalement je me sens dans le match en signant de bons chronos pour une première participation. »
Le Col Saint-Pierre est un monument face auquel il faut rester humble, et lorsque la météo cévenole devient capricieuse, l’humilité doit être décuplée : « Je voulais participer au Col Saint-Pierre qui reste une épreuve légendaire pour les Montagnards. Mais c’est super compliqué à apprendre, j’ai eu énormément de mal et je ne savais plus par moment où je me trouvais sur le tracé. De ce fait j’ai suivi les conseils de Gilbert Payneau qui m’a dit de ne pas regarder le chrono et de rouler pour me faire plaisir. »
A Issoire, d’où il est natif, Alexandre Vallon viendra se mettre en valeur en terminant septième de la Course de Côte Régionale éponyme et en s’imposant en tête du groupe F2000 : « Remporter le groupe sur la Course de Côte Régionale d’Issoire ça fait réellement plaisir, même si la concurrence n’était pas énorme, il y a eu tout de même de la bagarre et je suis heureux d’en sortir vainqueur. »
Alexandre sera ensuite au départ des Courses de Côtes de Sancerre et Courpière où tout fonctionnera pour le mieux, avant de retrouver le Championnat de France à Vuillafans, où malheureusement son week-end sera écourté : « Ma copine m’a appelé pour m’avertir que mon fils Pablo était malade et qu’il fallait l’hospitaliser. Je n’avais bien évidemment pas la tête à rouler et je suis rentré chez moi. » Fort heureusement les nouvelles étaient rapidement rassurantes et Pablo pouvait retrouver la maison.

La Course de Côte de Dunières n’est pas, pour Alexandre, la plus facile à aborder. Mais l’Auvergnat allait tout de même connaitre un week-end sans encombre en Haute-Loire : « Je ne parviens jamais à être bien partout sur ce tracé, et quand tu sais que chaque virage te positionne pour le suivant, tu perds vite pied si tu ne réalises pas la montée parfaite. La météo ne nous a pas aidé avec des changements permanents de conditions, ce ne fut pas le week-end idéal. »
Le Mont-Dore est le rendez-vous de la saison pour Alexandre Vallon qui retrouve dans le Massif du Sancy son épreuve favorite : « Cette année ce fut pour moi la plus fabuleuse des épreuves. Dès le vendredi j’étais invité par Philibert Michy pour une journée VIP qui nous a permis de nous retrouver et de partager de magnifiques moments. Je tiens d’ailleurs à le remercier chaleureusement. Pour ce qui est de la course j’ai amélioré mes chronos de trois secondes, ce qui me ravit. Je sais qu’au sein du groupe F2000 je peux difficilement défendre mes chances face à des autos bien plus compétitives, mais je me lance un défi face à Sébastien Bard et Thomas Compain qui roulent en Clio groupe A, et je suis content de ne pas être très éloignés d’eux. Pour moi ce fut un super week-end dont je garderai un souvenir impérissable grâce à mon vidéaste, Clichedit, qui a réalisé une vidéo d’une quarantaine de minutes sur ma participation et celle des animateurs du championnat. »
La saison d’Alexandre Vallon se concluait à Limonest où une nouvelle fois la météo sera capricieuse et où le week-end du pilote auvergnat a bien failli prendre fin dès la première montée d’essais : « Je suis parti à la faute après le Fort, en mordant sur le bas-côté. La voiture est partie en tête-à-queue et j’ai arraché un demi-train avant. Quand j’ai vu les dégâts il me semblait clair que mon week-end s’arrêtait là. Et je suis rentré au paddock avec l’intention de plier bagage. » Mais c’était sans compter sur la légendaire solidarité des Montagnard : « J’avais autour de moi dans le parc Guy Fiard, Julien Pontille, Wilfrid Renouf, Léo Stahl, François Fayet et mon pote Axel Tissier. Ils sont tous venus et m’ont dit qu’il était hors de question que j’abandonne, qu’ils allaient remonter la voiture. »
La petite équipe appelait un revendeur de pièces Peugeot à Villefranche, Alex partait récupérer les pièces nécessaires à la réparation pendant que ses copains débutaient le démontage de la voiture : « Quand je suis revenu on a pu remonter l’auto, amener la 206 à Anthony Dubois que je remercie pour m’avoir fait la géométrie, et j’ai pu me présenter au départ de la seconde montée d’essais », explique Alexandre qui au final sur cette ultime manche du championnat se classait cinquième de sa classe. « Je dois leur dire un immense merci parce que sans eux je rentrais chez moi. »
Une expérience enrichissante
A l’issue de sa première participation au Championnat de France de la Montagne, Alexandre Vallon termine deuxième du Challenge Open F2000/3 derrière une autre Peugeot, la 205 GTI de Gilbert Payneau, de quoi être pleinement satisfait : « Je suis content d’avoir participé au championnat, c’est quelque chose qu’il faut faire au moins une fois. J’ai découvert de magnifiques tracés et mon seul regret est de ne pas avoir pu aller à Turckheim. Mais pour le reste tout s’est très bien passé et je garderai un excellent souvenir de cette campagne de France. J’ai fait de belles rencontres, connu une fabuleuse entraide, c’était vraiment super sympa. »

Pour vivre cette aventure, Alexandre Vallon a bénéficié de précieux soutiens qu’il veut remercier : « Un immense merci Sébastien Bard et sa compagne Amélia Durat, mon motoriste Clément du Garage FC Auto Performance qui me livre une voiture performance et sans qui ne je pourrais pas rouler. Merci également à ma compagne Angèle et à ses parents Bruno et Chrystel Rigoni, à mon fils Pablo qui était présent sur quasiment sur toutes les courses. Merci à l’ensemble des mes partenaires, mes amis et tous les pilotes du championnat qui m’ont aidé et conseillé. »
En septembre 2026, la Finale de la Coupe de France se tiendra en Auvergne, sur la Course de Côte de Massiac. Pour un Auvergnat ce rendez-vous est important et Alexandre Vallon fera tout pour être au départ : « Mon programme 2026 sera donc axé sur des épreuves régionales afin d’obtenir ma qualification pour la Finale. Je devrais faire une douzaine d’épreuves, dont deux manches du Championnat 2ème Division, Lodève et Cacharat. Je vais participer au Mont-Dore, mais uniquement pour le plaisir, sans prendre le risque de casser la voiture avant la finale. Pour l’heure je viens de finir de réviser la 206, on a pu lui apporter des évolutions, et je vais refaire une nouvelle déco », explique Alexandre qui a déjà une vision pour la saison suivante : « Il n’est pas impossible qu’en 2027 ou par la suite, que je participe à l’intégralité du Championnat de France de la Montagne 2ème Division », conclut Alexandre qui restera logiquement fidèle à sa Peugeot 206 S16.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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