
Avec seulement cinq épreuves, la saison de découverte du CFM de Gabin Pelletier fut courte. Mais elle lui aura permis d’enrichir son expérience et d’être en constante progression au volant de sa Simca Rallye II.
L’Alpine A110 Berlinette qui trônait en princesse dans le garage des Pelletier ne pouvait laissait indifférent l’enfant qu’était Gabin. Une auto qui faisait partit intégrante du patrimoine familial puisque Walter, le père de Gabin, n’avait que dix ans lorsque son frère ainé se portait acquéreur de cette voiture, dont Walter deviendra des années plus tard propriétaire.
Consacrée à des balades et des montées historiques, l’Alpine A110 n’a jamais été alignée sur une course. Mais son aspect si attachant ne laissait pas insensible Gabin qui, très jeune, se prenait de passion pour la Berlinette et par concomitance pour le groupe FC. Tout gamin Gabin avait l’occasion de se rendre sur les nombreux courses de côte organisées en Bourgogne et sur les régions voisines : « Près de chez nous se déroulait la Course de Côte d’Azé – Donzy-le-Pertuis, et nous ne manquions jamais d’assister à cette épreuve », se souvient Gabin.
Trop jeune pour pratiquer le sport auto, Gabin Pelletier se tournait vers ''l’Aviron à Quatre'' qu’il pratiquera dans un club Mâconnais entre ses 12 et 17 ans. Une pratique qui lui offrira l’opportunité de participer à plusieurs reprises au Championnat de France de la discipline. Mais dès le permis de conduire en poche, Gabin portait une attention particulière sur le sport automobile et sur les possibilités qui lui étaient offertes de se lancer en compétition : « Je n’avais alors aucune idée des modalités, du coût d’une voiture et du budget nécessaire pour disputer une course. Je m’y suis intéressé et comme j’évoluais dans une entreprises de dépannage automobile qui me permettait de disposer de quelques fonds, j’ai regardé les annonces afin de trouver une voiture correspondant à mon budget », explique Gabin.
Il est indéniable que les Simca 1000 ont toujours suscité auprès des passionnés un attrait particulier. Gabin n’était d’ailleurs pas insensible à l’attraction de ces impressionnants petits bolides : « Mes souvenirs de l’Alpine paternelle me donnaient envie de débuter en groupe FC, donc le choix de la Simca Rallye paraissait comme une évidence. » C’est auprès de Steve Jeanne, animateur de courses de côte dans le Nord-Ouest, que Gabin trouvait sa Simca Rallye II : « Elle était accidentée et elle trônait au fond d’un garage. La priorité était donc de la remonter avant de pouvoir la lancer en course. »
C’est à domicile, sur la Course de Côte d’Azé – Donzy-le-Pertuis que Gabin Pelletier disputait en 2024 sa toute première épreuve : « Je termine troisième du groupe et deuxième de ma classe ce qui pour un début était plutôt très sympa », se souvient Gabin qui par la suite se rendra à Courpière : « Là encore je passe un excellent week-end qui me permet de terminer à nouveau troisième du groupe et cette fois de remporter ma classe. »

Au mois de juillet 2024, Gabin participait à sa toute première manche du Championnat de France de la Montagne en engageant sa Simca Rallye II sur la Course de Côte de Dunières : « Le week-end débutait bien et je me battais pour essayer d’accrocher la deuxième place du groupe. Finalement je remporte ma classe, termine troisième du groupe FC, mais malheureusement je suis victime d’une sortie de route sur la dernière montée. » Une accident dont Gabin sortait indemne mais qui voyait sa Simca passablement endommagée : « L’avant de la voiture était littéralement explosé ce qui nous obligeait à changer la caisse. » La saison du jeune Bourguignon s’arrêtait là et Gabin consacrait les derniers mois de 2024 à reconstruire sa voiture.
Le Trophée du Meilleur Jeune en point de mire
Même si son week-end à Dunières se conclut par un accident, Gabin Pelletier garde un excellent souvenir de sa première participation au CFM. L’ambiance, l’organisation, le tracé… tout motivait le Bourguignon à s’élancer sur le Championnat de France de la Montagne pour une toute première campagne en 2025 : « J’avoue que pour avoir goûté aux deux – épreuves régionales et manches du CFM – mon attirance allait nettement vers le championnat qui propose des tracés plus longs, un univers spécifique et puis j’aime les trajets et les déplacements de trois jours pour retrouver les épreuves et les acteurs du championnat. »
Gabin avait tout juste 20 ans lorsque débutait la saison 2025 et bien évidemment il espérait pourvoir défendre ses chances au sein du classement qui accueille les pilotes de moins de 25 ans : « En 2024 Baptiste Thomasset avait remporté le Trophée FFSA du Meilleur Jeune en Production avec une Renault Clio Cup. Cette année-là, à Dunières je suis à cinq dixièmes de lui et je me suis dit que je pouvais essayer de rivaliser avec ma Simca Rallye II. Après, lorsque j’ai vu que Baptiste alignait une Léon Supercopa MK3, je savais que je n’avais aucune chance de faire jeu égal avec lui. »
Initialement, les épreuves gardoises de Bagnols-Sabran et du Col Saint-Pierre étaient inscrites au calendrier de Gabin Pelletier. Mais la Simca Rallye II n’étant pas prête, le Bourguignon devait retarder son entrée en lice. Avant de débuter le championnat, au mois de mai il se rendait à Coligny : « Ce fut un week-end compliqué durant lequel j’ai dû redécouvrir la voiture en ayant en plus l’appréhension de me relancer après ma sortie de Dunières, sachant que je n’avais plus eu l’occasion de rouler », explique Gabin. « Je ne connaissais pas ce tracé, je n’étais pas en confiance avec la voiture ni avec moi-même, donc pas de quoi me laisser de très bons souvenirs. L’aspect positif c’est d’avoir pu rouler d’avoir modifié quelques éléments qui ne convenaient pas sur la voiture. »
Ce n’est qu’à Marchampt, sur une épreuve qu’il découvrait, que Gabin Pelletier lançait sa saison sur le championnat : « C’est une épreuve qui se situe près de la maison. J’ai bien aimé le tracé mais si je savais qu’il ne me permettrait pas de me mettre en avant. J’abordais la saison avec une boite quatre rapports, autant dire que sur les relances j’étais vraiment à la peine. Mais ça m’a permis de reprendre confiance et de me faire réellement plaisir », confie le Bourguignon qui remporte la classe FC/2 en accrochant la deuxième place du groupe FC.
La Course de Côte de Vuillafans sera également pour Gabin Pelletier une découverte. Sur l’épreuve Franc-Comtoise, qui propose une succession d’épingle, la boite quatre de la Simca Rallye II ne pouvait pas permettre à Gabin de réaliser des exploits : « L’ambiance est exceptionnelle et l’organisation excellente, le parcours est hors-norme, un tracé sur lequel il faut avoir le cœur bien accroché. Quel plaisir, vraiment un super week-end sur une course qui était la plus longue à laquelle j’avais participé. Je suis en progression au fil des montées et j’ai hâte de revenir sur cette épreuve. »

A Dunières Gabin retrouvait un terrain qu’il avait déjà eu l’occasion d’aborder, mais sur lequel son unique participation s’était soldée par une violente sortie de route : « J’avais comme objectif de refaire mes chronos de l’année précédente et d’essayer de remporter la classe, en gardant à l’esprit que face à Nicolas Delperié et Romain Rivoire ce ne serait pas facile. Finalement j’avoue que sur la première montée je ne suis pas parvenu à me lâcher, mais je n’arrive pas à savoir si cela provient de l’accident de la précédente édition ou aux conditions météos capricieuses », analyse Gabin qui ne pouvait pas prendre part à la dernière montée suite à une casse de boîte de vitesse. Il parvenait toutefois à se positionner au deuxième rang de la classe FC/2.
Pour un jeune pilote, une première participation au Mont-Dore reste un événement. Pour Gabin Pelletier l’épreuve auvergnate représentait un rendez-vous particulièrement attendu : « Participer au Mont-Dore c’était l’aboutissement d’un rêve. C’est une épreuve mythique qu’il faut faire une fois dans sa vie et j’attendais impatiemment d’être au départ », reconnait-il. « J’ai découvert lors des reconnaissances ce que je considère comme le plus beau tracé du championnat. Samedi, je suis dedans dès les premiers essais et ça se passe vraiment très bien et malgré la grosse concurrence, en améliorant tout au long du week-end je termine troisième de la classe. C’est la course sur laquelle j’ai pris le plus de plaisir. »
La première participation de Gabin Pelletier à la Course de Côte de Limonest allait permettre au Bourguignon de découvrir un tracé qui lui conviendra : « Mais les conditions météorologiques étaient très compliquées. Je ne voulais pas terminer la saison sur une mauvaise note et j’avoue donc que je ne me suis pas vraiment mis dedans. J’avais envie, mais face à la météo capricieuse j’ai préféré rouler prudemment. Nous avions prévu de grosses modifications durant l’hiver, je ne voulais pas en plus que nous soyons contraints de faire des réparations sur la voiture », explique Gabin qui se classait une nouvelle fois deuxième du FC/2.
Courte saison très positive
La première campagne de France de Gabin Pelletier se présentait comme une saison d’apprentissage pour le jeune Bourguignon qui avait comme objectif premier d’être à l’arrivée de toutes les épreuves. Il sera effectivement classé sur les cinq manches auxquelles il a participé, et a pu progresser au fil de ses courses : « C’est une saison très courtes mais qui m’a offert de belles satisfactions. J’ai repris confiance, bien compris le maniement de la voiture, découvert de magnifiques épreuves, fait de belles rencontres et j’ai adoré pouvoir échanger avec tous les acteurs, du pur amateur aux hommes forts du championnat. Je garde d’excellents souvenirs de cette première saison. »

La saison 2025 fut une belle aventure à l’issue de laquelle Gabin souhaite remercier tous ceux qui l’ont soutenu dans son projet : « Une immense merci à mon père (Walter) qui m’a accompagné sur toutes les courses, ma mère (Virginie) qui m’a toujours soutenu, ma copine Léonie qui est un soutien indéfectible et qui m’accompagne elle aussi sur les courses, ma sœur Juliette qui m’a toujours également soutenu. Merci à l’ensemble de ma famille, à Rémi qui m’a construit ma voiture et sans qui rien ne serait possible. Un grand merci à mes partenaires, mon employeur le Garage Moderne, l’Entreprises Guillard, l’entreprise M.E.C (Maintenance, Etudes, Conditionnement), le Domaine Cheveau, l’Entreprise SARL Frédéric Guy et bien évidemment mon plus gros sponsors Philippe Desroches dit ''Dédé''. Je voudrais également remercier Didier Chaumont qui m’a fait découvrir tous les tracés et qui m’a donné de précieux conseils techniques. »
La première expérience sur le championnat ayant été concluante, Gabin Pelletier a la ferme intention de la rééditer en 2026. Pour cela le Bourguignon relancera sa Simca qui pour l’occasion bénéficiera d’une évolution moteur et d’une boîte de vitesses cinq rapports Hewland : « Pour ce qui est du programme, j’ai prévu d’être au départ de Bagnols-Sabran, du Col Saint-Pierre, de Saint Gouëno, de Marchampt, de Vuillafans, de Dunières, du Mont-Dore, de Turckheim et de Limonest », conclut le jeune bourguignon qui a pour intention de poursuivre sa progression.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
Retrouvez toutes les infos, bilan et portrait de Gabin Pelletier.