Lé découverte du CFM en Clio 2 Cup

Le jeune Kylian Rault a pour l’heure comme seule motivation d’acquérir de l’expérience. Sa première saison sur le Championnat de France de la Montagne lui aura permis d’assouvir pleinement sa soif d’apprentissage.

S’il a eu l’occasion de rouler aux volants de plusieurs voitures, c’est notamment avec une Peugeot 206 RC et une Citroën Saxo F2000 que Rudi Rault, le père de Kylian, s’est illustré en rallyes et en courses de côte, prenant la succession de Didier, son propre père, qui avant lui avait pris part à de nombreux rallyes notamment avec une Talbot Samba Rallye groupe B. Et si la carrière sportive de Rudi Rault était essentiellement axée sur la course de côte, il a eu l’occasion d’affronter, en duo avec Didier son père, des spéciales de rallye.

L’implication de Rudi Rault en sport automobile s’est étendue du milieu des années 2000 jusqu’en 2015. Né en 2003, Kylian a donc pu découvrir dès sa plus tendre enfance l’univers de la compétition automobile en accompagnant son père sur de nombreuses épreuves : « J’étais à ses côtés lorsqu’il préparait ses voitures et ensuite bien évidemment j’étais de la partie lorsqu’il partait sur les épreuves », se souvient Kylian.

Chez les Rault, la passion pour la mécanique ne se cantonne pas à l’automobile. Dès l’âge de huit ans Kylian se juchait sur une motocross pour prendre un plaisir certain au guidon. Même si cette pratique n’avait pas pour cadre la compétition mais uniquement le loisir, Kylian sillonnera les circuits de motocross de 8 à 13 ans. A l’adolescence, il délaissait le guidon pour le volant, c’est en effet en karting qu’il affinait ses notions de pilotage : « C’était en attendant de passer le permis de conduire, parce que dès mes 18 ans je me suis tourné vers l’automobile. »

En 2021, avec son père, Kylian s’attelait au montage d’une Citroën Saxo qui allait évoluait en F2000 : « Je l’ai aligné pour la première fois sur la Course de Côte de Pondron », se souvient le natif de Meaux qui faisait donc ses débuts sur une épreuve régionale dans l’Oise, sur laquelle il remportait sa classe. Après trois ans de bons et loyaux services durant lesquels Rudi Rault prendra part à plusieurs courses de côte, la Citroën était vendue : « Mon père souhaitait que pour parfaire mon pilotage je dispose d’une groupe N, nous avons donc porté notre choix toujours sur une Citroën Saxo. » Une auto avec laquelle Kylian sera une nouvelle fois présent à Pondron en 2023 avant de l’aligner sur les trois épreuves de la campagne de l’Ouest en 2024. L’occasion pour lui de signer à Saint Gouëno une victoire dans la classe N/2.

Pour la saison 2025, le choix des Rault se portait sur une Renault Clio 2 Cup : « On savait qu’elle représentait un excellent rapport qualité prix, qui entrait dans nos budgets. Initialement on pensait acquérir une Clio N/3, mais finalement la Clio Cup permettait de faire mon apprentissage avec la boîte séquentielle, ce qui nous paraissait être un meilleur choix. » 

La Clio était refaite à neuf avant que Kylian Rault ne puisse songer s’élancer sur sa toute première campagne de France sur le championnat : « L’idée était de faire un maximum de manches du Championnat de France de la Montagne, ne serait-ce que pour se motiver à faire de longs déplacements. Lorsque l’on n’est pas engagé sur le CFM et que l’on prévoit par exemple de se rendre à Turckheim, ce qui pour moi représente un long déplacement (Kylian réside en Charente-Maritime), on y réfléchit à deux fois. Quand tu es engagé au CFM, tu honores ton engagement. C’était une des motivations qui m’ont poussé à participer. »

Une séance d’essais sur le Circuit de Vendée à Fontenay-le-Comte permettait à Kylian de se familiariser avec le comportement de sa Clio Cup 2 : « Des essais qui se sont bien passés, avec en fin de journée la pluie qui a fait son apparition et qui m’a permis de tester la voiture dans différentes conditions d’adhérence, c’était parfait pour moi. »

Seul objectif… Acquérir de l’expérience
« Apprentissage à fond ! » lâche Kylian lorsque l’on évoque ses objectifs pour cette saison 2025. « Je voulais acquérir un maximum d’expérience au volant d’une voiture que je découvrais, et sur des épreuves que je découvrais également. Je tenais également à passer beaucoup de temps avec les amis, être au départ du CFM au moins une fois dans ma vie parce que c’est quelque chose d’assez génial », confie Kylian. « Je n’avais pas pour ambition de m’imposer mais j’espérais être dans le match face aux autres animateurs du Challenge Open A/3. »

Avant de se lancer sur le championnat, Kylian Rault alignait sa Renault Clio Cup 2 sur la Course de Côte Régionale des Teurses d’Hébécrevon : « Sur les premières montées je suis sur le haut du classement du A/3. Malheureusement, sous la pluie, je me suis mis en confiance après les bonnes sensations que j’avais pu avoir en circuit. J’avais oublié que sur piste les pneus chauffent, là ils n’ont pas eu le temps de se mettre en température. Je suis parti un peu trop fort et je suis sorti. Je pense que cet incident de parcours de début de saison m’a un peu bridé pour la suite. »

Un choc à l’arrière droit de la Clio obligeait à une séance de réparation avant d’envisager la suite… La suite ce sera la Course de Côte de Bournezeau sur laquelle Kylian terminait sixième de sa classe : « J’abordais cette épreuve avec une certaine appréhension. Mais plus gênant, on ne s’était pas aperçu que le choc avait engendré un problème qui faisait que l’auto décrochait de l’arrière. Bien évidemment ça ne met en confiance et je craignais de casser la voiture. Ce fut un week-end compliqué mais qui n’avait pour vocation que d’apprendre la voiture avant de débuter le CFM. »

Kylian Rault entamait sa campagne de France sur les trois épreuves de l’Ouest, courses auxquelles il avait déjà eu l’occasion de participer avec sa Saxo. A Hébécrevon, il retrouvait l’épreuve sur laquelle il était sorti de la route deux mois auparavant : « Mais finalement je n’avais pas de réelle appréhension parce que les conditions météos étaient différentes. Ce qui stresse le plus c’est l’engouement que génère la participation au championnat, et je me suis dit qu’il fallait que je roule sans me mettre aucune pression, que l’on verrait bien comment ça se passe. » Même s’il reconnait ne pas avoir jeté toutes ses forces dans la bataille, Kylian accrochait la troisième place de sa classe derrière la Peugeot 306 de Richard Hervieux et la Clio 3 Cup de Thierry Caillot. « Finalement je suis content de mon week-end, l’expérience acquise est toujours profitable », estime le jeune Charentais-Maritime qui marque le maximum de points dans sa classe, les deux pilotes qui le précédent n’étant pas engagés sur le championnat.

A l’heure d’aborder la Course de Côte de La Pommeraye, Kylian Rault décidait d’avoir une nouvelle approche : « Je connaissais le tracé pour l’avoir affronté avec la Saxo. Je me suis dit que sur ce parcours aussi technique, il était judicieux de me lâcher, de voir comme la voiture réagissait et en gardant à l’esprit que, suivant son comportement je baisserais la cadence », explique Kylian. Une nouvelle fois le week-end se déroulait pour le mieux : « Je me suis fait un super kiff et nous avons pu mettre à profit cette épreuve pour peaufiner les réglages. C’était parfait. »

S’il terminait la Course de Côte de Saint Gouëno à la quatrième place de sa classe, Kylian se positionnait en tête des pilotes engagés sur le Challenge Open A/3 : « C’est à mon sens la meilleure épreuve du championnat. C’est celle que j’ai toujours rêvé de faire parce que mon père et mon grand-père sont de là-bas et que j’ai découvert le discipline qu’est la course de côte en me rendant à Saint Gouëno », confie Kylian. « Avec la Saxo, j’avais remporté la classe lors de la dernière édition et je suis arrivé en Bretagne sans aucune pression. Je pensais que cette épreuve allait être réellement que du bonheur, et ça s’est super bien passé. Certes je ne suis pas devant, mais réellement sur ce tracé j’ai pris un pied d’enfer, c’est la première fois que je me sens aussi bien avec la voiture. »

A Marchampt, Kylian Rault découvrait le tracé dessiné dans les vignobles du Beaujolais. Ce qui ne l’empêchait pas de terminer deuxième de sa classe derrière la Peugeot 306 Maxi de Jean-Marie Brisard : « Ce fut une vraie galère pour rejoindre Marchampt. On a connu des problèmes avec la voiture, avec le camion, et je suis arrivée vendredi soir, ce qui m’a empêché de faire la moindre reconnaissance », explique le jeune pilote. « J’ai donc découvert la piste samedi matin sur la première montée d’essais. C’était compliqué mais dès la première montée de course je suis dans le top trois de ma classe. Sur la troisième la pluie fait son apparition et je me dis qu’il va m’être impossible d’aller chercher les dixièmes qu’il me manque. J’ai donc décidé de me lâcher réellement sur la toute dernière ascension sur laquelle je signe le meilleur temps du week-end en A/3, et au cumul j’accroche la deuxième place. Cette course est juste géniale ! »

Avant de retrouver le championnat, Kylian faisait un tour sur la Régionale de Loc-Eguiner - Landivisiau qui ne lui laissera pas d’excellents souvenirs : « Anthony Meunier est sorti avec sa Clio et je me suis dit que si un pilote aussi expérimenté partait à la faute, il ne valait mieux pas tenter le diable. De ce fait je fais preuve de prudence sur une épreuve où j’étais avant tout présent pour retrouver mes amis. »

La découverte du tracé de la Course de Côte de Dunières permettra une nouvelle fois à Kylian d’acquérir de l’expérience : « J’ai bien aimé, parce que c’est très technique, mais à mon goût trop court. J’aime bien les tracés longs, et j’avoue que bizarrement, plus c’est court moins je suis à mon aise. Malgré tout je me suis fait plaisir. L’ambiance et top, mais ça ne restera pas, en ce qui concerne le tracé, le meilleur souvenir de la saison », avoue Kylian qui accroche la quatrième place de sa classe, la première des animateurs du Challenge Open A/3.

Pour un pilote qui apprécie particulièrement les longs tracés, le Mont-Dore offre l’occasion de se faire plaisir. Ce sera le cas pour Kylian qui découvrait l’épreuve auvergnate : « C’est un souvenir qui restera gravé à vie ! Après Saint Gouëno c’est le second rêve que j’espérais réaliser. Mon père n’a jamais eu le budget pour prendre part à cette course, et cette année il a tout fait pour que je sois au départ. C’était juste génial, le tracé, l’ambiance, tout est top. Le seul bémol c’est que lorsque je me suis présenté au départ la Clio était déjà vendue et que j’ai donc fait preuve de prudence pour ne pas risquer de l’endommager. »

Une saison juste géniale !
La saison de Kylian Rault se concluait dans le Massif du Sancy. Une première saison qui aura vu Kylian rejoindre l’arrivée de l’ensemble des épreuves du championnat auxquelles il a participé, et même si sa Clio ne fut pas selon lui la voiture idéale, c’est avec des souvenirs plein la tête qu’il tourne la page de cette campagne de France : « Habitué à rouler avec la Saxo, j’avoue avoir eu du mal à m’habituer à la Clio, elle ne correspond pas selon moi à mon style de pilotage », confie Kylian. « Pour le reste, je suis hyper content de ma saison, ce fut tout simplement génial de participer au championnat. J’ai pris énormément d’expérience, que ce soit en termes de pilotage que dans la compréhension de la manière dont doit être abordée une manche du championnat. L’ambiance, les speakers qui parlent de toi, les rencontres, la possibilité de voir les meilleurs pilotes de la discipline évoluer, tout est vraiment génial. C’est hyper sympa de rouler sur les mêmes tracés que Marc Pernot, Fabien Bourgeon ou Maxime Dojat. Le résultat est accessoire, l’expérience acquise est fabuleuse. »

Kylian Rault était cette saison 2025 soutenu par des partenaires et des proches qu’il ne manque pas de remercier : « Un immense merci à mon père, ma mère (Aurélie), et à l’ensemble de mon équipe, à Raphaël (Mourot), Florentin (Simonet) et un immense merci à mes partenaires. Je n’oublie pas tous mes adversaires avec qui j’ai passé d’excellents moments sur les épreuves du championnat. La course de côte est certainement la discipline où l’on trouve la meilleure entente entre les pilotes, où la prise de tête n’a pas lieu d’être. »

Le programme 2026 de Kylian Rault n’est pas encore clairement défini, la seule certitude c’est qu’il va se dessiner avec une Citroën Saxo F2000 : « Je vais certainement faire un nouvelle saison d’apprentissage, mais cette fois en rallye. Je prévois de courir en régional et de faire deux ou trois épreuves nationales. Reste à boucler le budget avant de nous élancer avec Raphaël (Mourot) qui était cette saison mon assistant en côte. » Il est peu probable que Kylian roule en courses de côte cette année, mais il n’est pas dit qu’à plus ou moins long terme on ne le retrouve pas sur la discipline qui l’a fait rêver cette saison : « Mais j’avoue que j’aimerai surtout me lancer dans l’avenir en circuit, mon rêve ultime étant de m’aligner en GT3 », avoue Kylian.

 

©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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