Enzo Chiocci en constante progression

Changement de braquet pour Enzo Chiocci lors de la saison qui vient de s’écouler, car si le jeune Bourguignon avait fait ses armes durant les deux années précédentes au volant d’une Mitjet, il entrait en 2021 dans un autre dimension en s’installant dans l’habitacle d’une Norma 2 litres. L’apprentissage du proto lui aura permis de confirmer qu’il est un talent en devenir, capable de poursuivre sa progression.

Issu d’une famille d’origine italienne, et né à Mâcon en Saône-et-Loire, Enzo Chiocci avait de multiples raisons à s’intéresser aux sports mécaniques. D’une part parce chez nos voisins transalpins l’automobile sportive est une religion, et que Mâcon est la patrie de Nicolas Schatz, septuple Champion de France de la Montagne.

D’ailleurs, c’est vers la structure gérée par Nicolas Schatz qu’Enzo se tournait pour faire ses débuts en compétition. Engagés sur le Championnat de France de la Montagne 2019 au volant d’une Mitjet, il ne manquait pas de progresser grâce aux conseils insufflés par son coach. En 2020, sans être inscrit au championnat, il s’alignait toujours au volant d’une Mitjet sur les trois manches inscrites au calendrier d’une campagne écourtée par la crise sanitaire : « Cela m’a permis d’accroitre ma confiance avec la voiture et de me sentir nettement plus libéré derrière le volant. J’étais avant tout content de pouvoir rouler et de poursuivre mon apprentissage », débute le jeune Mâconnais.

De la Mitjet à la Norma 2 litres
Ayant bien cerné le comportement de la Mitjet, en accord avec Nicolas Schatz, il était décidé qu’a 24 ans Enzo avait la maturité suffisante pour relever de nouveaux challenges. Le choix était donc porté sur une Ligier JS2R qui devait évoluer sur le Championnat en GTTS/4 : « Malheureusement, nous avons rencontré un problème d’homologation dû au poids de la voiture. Il aurait été possible d’embarquer un lest, mais c’était au détriment de la sécurité, l’auto devenant alors difficile à contrôler, notamment sur les freinages. »

Dans l’impossibilité d’aligner la Ligier, Enzo Chiocci devait se rabattre sur une solution de replis à quelques jours du coup d’envoi de la saison 2021 : « Nous en avons discuté avec Nico (Schatz) et il paraissait judicieux de rouler avec la Norma 2 litres. C’est une auto que j’avais eu l’occasion de tester sur le circuit de Bresse, et qui paraissait correspondre à mes attentes, même si je savais qu’il me faudrait un temps d’adaptation avant de me familiariser avec son maniement. »

Une laps de temps d’autant plus important qu’à l’heure de se rendre à La Pommeraye où il débutait sa saison, Enzo n’avait pas eu l’occasion de tester sa nouvelle monture : « Bien évidemment, entre la Mitjet et la Norma ce sont deux univers radicalement différents. Donc on n’oublie les reflexes acquis en Production pour se concentrer sur une nouvelle approche. Après, la Norma est une auto ’’collée’ au sol, qui freine fort, qui tourne impeccablement quand tu la sollicites, idéal pour se mettre en confiance. »

C’est donc avec comme unique objectif de poursuivre son apprentissage et de se faire plaisir que le jeune bourguignon débutait cette saison 2021 : « Il était hors de question d’endommager la voiture, donc je devais bien cerner son comportement et essayer au fil des courses d’augmenter le rythme en faisant les choses dans l’ordre. »

Le plaisir au rendez-vous
Pour une première au volant de sa Norma M20 FC, Enzo Chiocci aurait pu espérer de meilleures conditions que celles rencontrées à La Pommeraye où la pluie s’invitait à la fête : « Je découvrais le comportement de la voiture avec les pneus pluie, mais ça s’est plutôt bien passé. Je me suis fais une frayeur lors d’un tête-à-queue dans le premier droite, mais j’ai rapidement trouvé un bon rythme, de quoi être satisfait de mon week-end. »

Pour cette saison 2021, Enzo Chiocci ne disposait pas d’un calendrier complet. Absent à Vuillafans et à Dunières, on le retrouvait ensuite dans le Beaujolais à l’occasion de la Course de Côte de Marchampt. Régulier tout au long du week-end, il accrochait la quatrième place de la classe CN/2 derrière Etienne Pernot, Maxime Cotleur et Anthony Le Beller : « Ce fut pour moi un peu compliqué parce que ce tracé est vraiment très rapide. Mais j’ai appliqué à la lettre ce que l’on m’a dit de faire et tout s’est bien passé. Je suis content de ma position, même si je suis conscient que l’on peut mieux faire », analyse-t-il.

Sur le Mont-Dore, Enzo sera encore une nouvelle fois en constante progression tout le week-end : « J’avais réellement détesté le Mont-Dore lorsque j’avais eu l’occasion de l’affronter au volant de la Mitjet. Je m’étais dit que je ne remettrais plus jamais les pieds sur cette course. Finalement, compte tenu de mon calendrier, j’ai été plus au moins obligé de m’aligner au départ… Et finalement, ça m’a bien plu. Là encore la différence avec la Mitjet était tellement énorme que le comparatif n’est pas possible », estime Enzo. « Et puis ce week-end là j’ai fait mes deux premiers dépassements en course de côte », lâche-t-il souriant, tout heureux de l’anecdote : « En fait, Pierre Mayeur n’avait pas de pneus pluie et je suis revenu sur lui et il y a un autre concurrents qui était au ralenti et j’ai dépassé. »

Pour conclure sa saison, Enzo Chiocci se rendait à Turckheim, et en Alsace le Bourguignon allait prendre énormément de plaisir au volant de sa Norma : « Le tracé est hyper rapide, mais je me sentais hyper bien. J’étais vraiment à l’aise sur un parcours que j’ai adoré et qui offre de belles sensations. »

Prêt pour de nouveaux défis
Durant sa courte saison 2021, Enzo Chiocci aura l’occasion de se faire réellement plaisir au volant de sa Norma 2 litres, et à ce titre, le bilan de sa campagne est positif : « Je suis sur la bonne voie, je poursuis ma progression. Tout va crescendo et j’attends impatiemment la saison qui se prépare pour pouvoir maintenant ’’mettre le feu !’’. Il va falloir que j’augmente le rythme. » On évoquait la maturité dont fait preuve Enzo, il apparait clairement que le bouillant italien qui sommeille en lui a dû faire preuve cette année de modération : « J’ai compris qu’il ne fallait pas griller les étapes, et que l’on pouvait pleinement s’épanouir sans chercher à en faire plus que de raison. C’est une approche qui finalement me convient bien. »

Les premiers remerciements d’Enzo vont évidemment vers le Team ANS Motorsport, « et en premier lieu vers Geoffrey et Nico (Schatz), merci aux Lyonnais, à ma famille qui m’apporte son soutien, et à mes partenaires, Digiservices, Pellenc, Garage Barbieri, Acora, APC Energie, Multirev, G2F, TCD, Carrosserie Coiffard, AutoStyl, La Qualité Italienne et Axa Massa. »

Rien n’est encore totalement défini concernant la saison 2022. Enzo Chiocci souhaite disposer de sa propre voiture : « Mais pour cela il me faut boucler mon budget et j’y travaille. Il est clair que je vais repartir avec une Norma, nous verrons dans quelle classe, je n’ai pas encore totalement arrêté mon choix. Pour ce qui est du calendrier, si je peux être au départ de huit ou dix courses, ça serait idéal. »


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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