Succès sur le Challenge Open

Pour son retour sur le Championnat de France de la Montagne, Jérôme Jacquot a parfaitement géré sa saison, puisqu’au terme de ses sept participations, c’est lui qui remporte au volant de son Speed Car GTR le Challenge Open CM

Cela fait une quinzaine d’années que Jérôme Jacquot anime les courses de côte de la Ligue Occitanie – Méditerranée. Et si lors de ses premières saisons il se contentait d’apparitions sporadiques, en prenant le relais de son père qui exerça ses talents de pilote derrière le volant d’une Simca 1000, à partir de 2017 Jérôme s’attachait à mettre en place des programmes plus étoffés. Rapidement, le Gardois allait acquérir la réputation d’un pilote rapide en plaçant son Proto BRC sur les podiums de sa classe à l’occasion de ses participations aux épreuves de Bagnols-Sabran et du Col Saint-Pierre.

En 2019, le BRC laissait place à un Speed Car avec lequel il allait défier ''le Taulier'' de la catégorie, Yves Tholy. Pour cela il s’engageait une première fois sur le Championnat de France de la Montagne en 2021, avec comme objectif de progresser et de se jauger face à des concurrents disposant d’une réelle expérience des manches du CFM. Malheureusement, les deux épreuves par lesquelles débutent traditionnellement la saison et sur lesquelles il évolue à domicile, Bagnols-Sabran et le Col Saint-Pierre, étaient annulées à cause de la crise sanitaire liée à la Covid. Jérôme inaugurait donc sa saison en Andorre, où il se classait deuxième au scratch derrière la Norma 4 litres de Kevin Petit. Il s’imposera par la suite en CM à Vuillafans et à Dunières et malgré un programme écourté, il se classait troisième du Challenge Open CM et concluait la saison en signant une victoire scratch à Lodève, manche du Championnat 2ème Division.

La saison 2022 de Jérôme Jacquot sera axée principalement sur les épreuves de la Ligue Occitanie – Méditerranée. Le Gardois débutait sa campagne avec une Norma 2 litres, avant de retrouver le volant d’un Speed Car : « J’ai pris conscience que la mise au point de la Norma allait me faire perdre un temps précieux, et comme la patience n’est pas ma vertu première, j’ai préféré revenir à quelque chose que je connaissais », confie Jérôme. « Avec le recul, j’aurais certainement dû persister avec la Norma, prendre le temps de la régler à ma convenance, mais cela m’obligeait à un temps d’adaptation et de développement. J’ai préféré retourner dans une ''zone de confort'' en m’installant à nouveau dans un Speed Car GTR. » Le choix d’avérait finalement judicieux puisqu’au terme de cette saison 2022, Jérôme Jacquot remportait le championnat de sa Ligue.

Signer de bons résultats et découvrir des épreuves
C’est toujours derrière le volant d’un Speed Car que l’on retrouvait cette saison Jérôme Jacquot. Le Gardois décidait de faire son retour sur le Championnat de France de la Montagne : « Mon objectif premier était de prendre part à un minimum de six courses pour avoir la garantie d’être classé au Challenge Open. Après, même si on savait que nous avions des chances de faire de bons résultats, il est toujours difficile d’afficher des prétentions lorsque l’on dispose d’un programme limité. Je n’avais pas réellement l’ambition de l’emporter », reconnait le Gardois.

Après une rapide révision, Jérôme concentrait la préparation de sa saison 2023 sur l’adaptation de la nouvelle réglementation, et notamment sur le lest de son Proto : « L’essentiel était de trouver la répartition la mieux adaptée pour être le moins pénalisé. »

La saison de Jérôme Jacquot débutait sur des épreuves à domicile, avec quatre rendez-vous proches de chez lui. Sa première participation, sur la Course de Côte du Pont des Abarines, se soldait par une troisième place au scratch et par une victoire dans le groupe CN/CM : « C’était plutôt bien pour une mise en jambe que j’ai abordée à l’économie avec des pneus passablement usés. Cela nous a permis de tester le lest et de me faire plaisir à moindre frais. Le résultat était là, c’était donc parfait. »

A Neffiès, épreuve disputée dans le département voisin de l’Hérault, Jérôme Jacquot plaçait son Speed Car à la deuxième place, derrière la Norma de Dimitri Pereira, le vainqueur de l’épreuve : « Super content du week-end, d’autant que nous sommes amis avec Dimitri et Marie (Cammares-Pereira) et que nous avons passé le week-end ensemble. C’était vraiment sympa et sans souci majeur. »

C’est confiant que Jérôme Jacquot pouvait rejoindre Bagnols-sur-Cèze pour le lancement de sa campagne de France. Sur cette première confrontation dans le cadre du CFM, il impose son Speed Car devant le TracKing de Maxime Dojat : « Content de la victoire, mais un peu déçu par les chronos qui n’étaient pas aussi bons que ceux réalisés lors de la précédente édition. Il est clair que le lest joue en notre défaveur, mais malgré tout on se remet en question en se demandant si on est toujours dans le rythme. »

Au Col Saint-Pierre Jérôme allait trouver un adversaire de taille en la personne de Tom Diebold qui imposait son BRC devant le Speed Car du Gardois : « J’ai eu une panne mécanique qui m’a suivi tout au long du week-end et qui m’a privé d’une quarantaine de chevaux. Un problème apparemment anodin de pompe à essence, mais nous avons pris du temps avant de cerner l’origine du souci, et je n’avais pas de pièce de remplacement. J’ai même failli abandonner parce qu’à un moment ça a carrément coupé. Je parviens à finir, c’est l’essentiel », confie Jérôme qui termine premier des pilotes évoluant en CM sur le championnat.

Si pour Jérôme Jacquot le début de saison avait pour cadre son sud natal, la suite se déroulera loin de ses bases. C’est en effet sur la Course de Côte des Teurses de Thèreval – Agneaux que l’on retrouvait le Speed Car GTR du Gardois : « Sous l’impulsion de Dimitri et Marie je me suis rendu en Normandie. C’était une découverte, mais également une sympathique semaine de vacances avec les copains », confie Jérôme. « Le parcours d’Hébécrevon est radicalement différent de nos tracés cévenols. On est vite dépaysé mais ça m’a bien plu », reconnait Jérôme qui signait là une nouvelle victoire de classe.

Après avoir découvert Thèreval, Jérôme abordait pour la première fois la Course de Côte de La Pommeraye : « Le tracé est sympa, mais il est difficile de garder un bon rythme, notamment dans les enchainements rapides où, au volant d’un Proto CM, tu ne dois quasiment pas freiner. L’approche n’est pas évidente, je n’étais pas spécialement à mon aise, mais ça se passe finalement bien malgré le manque de reconnaissance, puisque je n’avais fait qu’un passage à pied », se souvient Jérôme qui là encore impose son Speed Car en CM devant cette fois le TracKing d’Emilien Thomas. Cerise sur le gâteau, à l’occasion de ses toutes premières participations en Normandie et en Anjou, Jérôme Jacquot repartait de l’Ouest avec deux nouveaux records établis en CM sur des épreuves qu’il découvrait : « Après avoir connu une panne au Col Saint-Pierre, ces deux records ne pouvaient que me rassurer. »

S’il avait déjà eu l’occasion de s’aligner au départ de la Course de Côte de Vuillafans lors de l’édition 2021, Jérôme Jacquot n’a pas pu réellement ''travailler'' cette épreuve comme il l’aurait voulu au moment de retrouver la Franche-Comté au mois de juillet : « Je suis arrivé vendredi soir, tard, et je n’ai pas eu la possibilité de reconnaitre. Mais j’étais avant tout là pour m’amuser avec les copains, partager un week-end sympa avec Dimitri et Marie qui prenait en charge le transport de ma voiture » commente-t-il. « Mais ça s’est très bien passé à Vuillafans », ajoute Jérôme qui signe une nouvelle victoire dans le Doubs.

Alors que l’enchainement des épreuves permettait à Jérôme Jacquot d’évoluer sur un rythme soutenu, à Dunières, il ne parviendra pas à être aussi incisif : « Je me suis demandé si cela provenait de moi où si j’avais à nouveau une perte de puissance. Finalement on se rend compte que le moteur ne donne pas tout, et jusqu’à la dernière manche il a fallu vraiment me battre pour faire un chrono. » Malgré tout, le Gardois parviendra à s’imposer mais avec seulement un dixième d’avance sur le TracKing de Julien Adoir, au cumul des deux meilleures montées.

A l’issue de ce rendez-vous auvergnat, Jérôme faisait contrôler le moteur de son Speed Car : « J’ai amené la voiture chez Pep Motor Technology et il s’est avéré que j’avais un problème de faisceau électronique qui me pénalisait d’une trentaine de chevaux. »

La saison sur le Championnat de France de la Montagne de Jérôme Jacquot s’achevait à Limonest où le Gardois, s’il s’imposait, ne sera en mesure que de signer des chronos sur les deux premières montées de course : « Sur la troisième montée, sans rien toucher, j’ai une jante qui s’est cassée en deux. J’ai légèrement flirté avec le rail en bois et j’ai la chance de m’en sortir avec juste un tirant de train tordu. Rien de très grave, mais je n’avais pas la possibilité de réparer sur place et de ce fait j’ai dû renoncer à me présenter au départ des deux dernières montées. » Mais auparavant, Jérôme avait creusé un écart substantiel face à ses adversaires, de quoi s’assurer un dernier succès cette saison.

La casse à Limonest, même si elle ne s’avérait pas grave, privera Jérôme d’une participation à la Finale de la Coupe de France de la Montagne : « Le plan initial était à la suite de Limonest, d’embarquer le Speed Car dans le camion de Dimitri et Marie pour l’amener à Steige. Mais la casse dont je suis victime m’oblige à rentrer à la maison avec la voiture, et là ça devenait compliqué de réparer, refaire le capot proprement et de me refaire un trajet jusqu’en Alsace. Je ne voulais pas arriver à Steige dans de mauvaises dispositions, en étant fatigué et pas vraiment dans la course. »

Vainqueur du Challenge Open CM
Finalement, cette saison Jérôme Jacquot sera au départ de sept manches du Championnat de France de la Montagne. Et sur sept épreuves il imposera à six reprises son Speed Car en tête de sa classe. Une accumulation d’excellents résultats qui lui permet de remporter le Challenge Open CM : « Ce n’était pas réellement l’objectif de départ, donc je suis pleinement satisfait. J’ai vécu une bonne saison malgré quelques petits soucis qui sont venus perturber mes courses mais sans me priver de résultats. Je signe deux records sur des épreuves de l’Ouest que je découvrais, donc que du positif », analyse Jérôme. « Et je retiendrai surtout que tout au long de l’année j’ai partagé d’excellents moments avec tous les copains et que je me suis fait réellement plaisir. »

Jérôme a vécu une super saison et à ce titre tient à remercier ceux qui l’ont accompagné : « Un grand merci à Pep Motor Technology grâce à qui j’ai pu disposer d’un Speed Car compétitif. Un immense merci à Christophe mon beau-père et Christel ma belle-mère qui me suivent et qui gèrent la logistique, à Anaïs ma compagne qui fait de supers photos, notamment de courses de côte que l’on peut retrouver sur sa page Facebook – Sud Photo, à mon petit bonhomme Lony (mon plus grand supporter !), à tous les amis et les copains qui m’encouragent et notamment mon meilleur ami Bastien, et bien évidemment à Dimitri et Marie qui nous ont gracieusement offert l’hospitalité dans leur camion sur les épreuves de l’Ouest.. Merci à mes partenaires, le Garage de la Croix de Beauzon à Saint-Christol-Les-Alès, le Garage Anthony à Salindres, les écuries La Blaquière et MC Design (Marie Cammares) à Revel, LP Rallye13, Laurent de A+ Immobilier, Mat Métal, le Contrôle Technique Autosécurité à Saint-Christol-les-Alès, les Déménagements Alès Domicile et le Club de Padel Mam’soccer 5 à Bagard. »

Pour l’heure, Jérôme Jacquot n’a absolument rien prévu pour ce qui est de la saison 2024. Son Speed Car est à la vente, « et je ne pense pas repartir tant que la voiture ne sera pas vendue. En clair si l’auto part vite, j’essaie de trouver un plan, sinon je prendrai une année sabbatique. Maintenant si quelqu’un est intéressé par la voiture qui vient de remporter le Challenge Open CM, la classe CM sur la Finale de la Coupe en 2021 et le Championnat de Ligue Occitanie – Méditerranée en 2022, qu’il n’hésite pas à me contacter », conclut Jérôme.


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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