Après une nouvelle saison en 308 Cup

Initialement engagé sur le Championnat Production avec une Ford Escort Cosworth, Joël Juif a finalement, suite à une casse moteur, fait l’essentiel de sa saison au volant d’une Peugeot 308 Cup qu’il place au deuxième rang du Challenge Open A/4.

Natif de Besançon, c’est également dans le Doubs que Joël Juif a grandi, plus précisément à Echevannes où est jugée l’arrivée de la Course de Côte de Vuillafans. Très tôt le Franc-Comtois a donc eu l’occasion de suivre les prestations des animateurs du Championnat de France de la Montagne. Naissait alors en lui l’envie de s’installer à son tour derrière le volant, mais avec des moyens financiers limités il décidait de débuter en Autocross. Une expérience concluante qui incitait Joël à poursuivre son implication dans le sport automobile et à se tester en rallyes, courses de côte et slaloms.

Il disposait alors d’une Alpine A110 1300 cm3 qui rapidement laissera place à une Renault 5 Turbo puis à une Renault 11 Turbo. Au fil des saisons Joël Juif évoluait aux volants de différents modèles : Lotus, Ford Escort, BMW M3 issue du DTM, ses choix étaient pour le moins éclectiques. Depuis le début des années 80 jusqu’à nos jours, le Doubien aura l’occasion de s’aligner sur de nombreuses épreuves et d’étoffer son palmarès de nombreux succès.

Après avoir couru ces dernières années au volant d’une Renault 5 Turbo que l’on pouvait voir évoluer sur les épreuves du Championnat de France de la Montagne VHC, Joël décidait de retrouver le Championnat Moderne. En 2024 il inscrivait une Ford Escort Cosworth sur le CFM pour défier les nombreuses Léon Supercopa qui animent la classe A/5. Mais du retard dans la préparation de sa Ford obligeait Joël à changer son fusil d’épaule. Il se tournait alors vers son beau-frère, Jacques Paget, qui mettait à sa disposition une Peugeot 308 Cup. Joël prenait rapidement la mesure de sa ''Lionne'' pour, à l’issue de la saison 2024, se classait deuxième du Challenge Open A/4.

De la Ford Escort à la 308 Cup
La saison passée avec la Peugeot 308 Cup était pour le moins concluante, mais Joël Juif tenait à aligner propre voiture et c’est donc une nouvelle fois avec sa Ford Escort Cosworth qu’il s’engageait pour une nouvelle campagne en 2025 : « Je reste persuadé que c’est une voiture qui peut s’avérer compétitive face aux Supercopa », analyse Joël : « La difficulté c’est de la faire fonctionner correctement, mais si on parvient à en tirer le maximum elle peut se présenter comme une vraie rivale dans la classe A/5. »

Disposant de quatre roues motrices, la Ford Escort Cosworth peut en effet afficher des atouts, notamment sur des terrains à l’adhérence plus précaire : « Quand on regarde bien, sur le papier, c’est réellement une auto compétitive », poursuit Joël qui est toutefois conscient qu’en intégrant le Challenge Open A/5 il se retrouve dans ce qui est certainement la catégorie la plus concurrentielle du Championnat Production.

Si Joël Juif avait fait l’essentiel de sa campagne 2024 au volant d’une Peugeot 308 Cup, c’est avec sa Ford Escort Cosworth qu’il avait pu prendre part à la Finale de la Coupe de France de la Montagne à Steige. Douzième au scratch sur l’épreuve alsacienne, il avait accroché la quatrième place du groupe A, la deuxième de la classe A/5 derrière la Léon Supercopa MK3 de Jennifer La Monica : « La voiture avait bien fonctionné, même s’il y avait encore des réglages à faire évoluer on avait le sentiment d’être sur une bonne base. »

Face aux pilotes talentueux que l’on peut retrouver au sein du Challenge Open A/5, Joël savait qu’il n’allait pas avoir la tâche facile : « Il ne faut pas rêver, il m’aurait certainement été difficile de jouer la gagne, mais je pense que j’aurais pu me battre avec les copains, et finalement ça reste mon principal objectif », reconnait de Franc-Comtois.

La campagne de France de Joël Juif débutait sur la manche d’ouverture du Championnat de France de la Montagne, la Course de Côte de Bagnols-Sabran : « J’ai mis à profit ce week-end pour apporter pas mal de modifications, sur les réglages, les amortisseurs. J’avais le sentiment que j’étais beaucoup mieux en châssis mais j’avais déjà une alerte avec le moteur qui laissait de temps en temps échapper une fumée suspecte », se souvient Joël. « J’avoue que je n’étais pas totalement en confiance, je craignais que quelque chose ne casse. »

Ses craintes allaient se confirmer sur le Col Saint Pierre puisque sur l’épreuve cévenole Joël Juif sera contraint à l’abandon, le moteur de sa Ford refusant tout service : « Dès les essais j’avais le sentiment que le problème s’amplifiait avec des échappements qui laissaient apparaitre de plus en plus de fumée. Je pensais que le mal venait du turbo, mais finalement cela provenait de la culasse. »

Absent à Abreschviller, Joël Juif sera bien présent sur la campagne de l’Ouest : « Mais je ne pouvais plus disposer de la Ford Escort Cosworth et je me suis tourné vers mon beau-frère Jacques (Paget) qui a accepté une nouvelle fois de mettre à ma disposition une Peugeot 308 Cup. » Joël Juif connaissait bien la ''Lionne'' avec laquelle il avait eu l’occasion de s’illustrer lors de la précédente saison. Sur les Teurses de Thèreval il sera une nouvelle fois à son affaire puisque c’est lui qui accrochait la victoire dans la classe A/4 sur l’épreuve normande : « Le week-end se déroule super bien. J’ai pu améliorer mes chronos de l’année précédente, je ne pouvais qu’être satisfait de mon séjour en Normandie. »

A La Pommeraye, Joël était devancé par deux autres Peugeot 308 Cup que menaient Jimmy Rousseau et Charlie Knoff : « Mais là encore ça se passe plutôt bien sur une course rapide sur laquelle il va encore falloir que j’apprenne. Ce n’était que ma seconde participation à La Pommeraye, et je sais pouvoir encore progresser sur ce tracé. »

A Saint Gouëno, Joël montera une nouvelle fois sur le podium de la classe A/4 en étant devancé à nouveau par Jimmy Rousseau, mais également par son beau-frère Jacques Paget : « Nous avons passé un excellent week-end sur un tracé que j’aime bien parce qu’il s’apparente à une spéciale de rallye. Ce fut un week-end sans encombre avec une auto qui affiche toujours une excellente fiabilité. » 

Absent à Marchampt, Joël Juif sera ensuite au départ de Vuillafans, la course à la maison, l’épreuve sur laquelle il a découvert le sport automobile et qu’il connait par cœur : « Bien évidemment j’adore ce tracé, il est tout simplement fabuleux. Là encore j’ai connu un week-end sans problème et j’ai pris énormément de plaisir au volant », confie Joël qui termine troisième de classe dans le sillage de la Volkswagen Polo de Denis Millet et de la Peugeot 308 Cup de Jacques Paget.

A Dunières, Joël Juif livrera un combat à Richard Simon, autre animateur du Challenge Open A/4 avec une Peugeot 308 Cup. Au final, le Lozérien prendra l’ascendant sur le Franc Comtois : « Ce tracé est plutôt sympa et le week-end se déroule une nouvelle fois sans encombre. Je n’en conserve que de bons souvenirs. »

La fiabilité de la Peugeot 308 Cup sera prise en défaut sur le Mont-Dore où une casse de turbo empêchera Joël Juif d’être crédité d’un chrono sur l’ultime ascension du week-end : « C’est une très belle épreuve, sur laquelle on peut réellement se faire plaisir. Excepté ce souci de turbo dimanche en fin de journée, pour le reste tout s’est vraiment bien déroulé pour moi », se souvient le Doubien qui termine quatrième d’une classe particulièrement relevée sur l’épreuve auvergnate.

La saison de Joël Juif sur le Championnat de France de la Montagne s’achevait à Turckheim où le Franc-Comtois accrochait une nouvelle troisième place derrière les 308 Cup de son beau-frère Jacque Paget et de Nicolas Miclo : « C’est une très belle épreuve mais sur laquelle j’ai du mal à me lâcher. C’est un tracé qui ne me semble pas particulièrement compliqué. Lors des reconnaissances je trouve rapidement mes marques, mais en course il me manque toujours un petit quelque chose. C’est une épreuve sur laquelle je compte finalement que peu de participations et il va donc me falloir encore bosser pour bien la cerner. »

Une excellente saison avec la 308 Cup
C’est au deuxième rang du Challenge Open A/4 que l’on retrouve Joël Juif à l’issue d’une saison qui finalement lui apporte de belles satisfactions : « Vu comme c’était parti, avec la casse du moteur de la Ford sur le Col Saint-Pierre, je peux m’estimer heureux d’avoir pu m’aligner à autant d’épreuves. Ce fut pour moi une très belle saison, qui me laissera d’excellents souvenirs avec une Peugeot 308 Cup qui offre énormément de plaisir au volant. Ce n’est que du positif. »

Les premiers remerciements de Joël Juif vont bien évidemment vers son beau-frère, Jacques Paget : « Un immense merci à lui de m’avoir prêté cette Peugeot 308, merci également à mon neveu Julien. Je profite de l’occasion pour remercier l’ensemble de mes partenaires et tous ceux qui me suivent et me soutiennent. Un immense merci à tous les pilotes du championnat avec qui j’ai partagé de bons moments. »

Joël Juif a bien l’intention de démontrer que sa Ford Escort Cosworth peut être une voiture compétitive sur le Championnat de France de la Montagne : « Nous avons terminé de refaire son moteur, nous avons également travaillé dans différents domaines afin de la rendre plus performante. Pour le moment, la météo n’est pas suffisamment bonne pour pouvoir faire de vrais essais, mais dès qu’elle sera plus clémente je ne manquerai pas de tester la voiture », confie le Franc-Comtois qui a la ferme intention de la lancer sur une nouvelle campagne de France : « Les essais me permettront de voir si c’est jouable. Si je suis sûr que la voiture fonctionne, je roulerai en 2026 avec l’Escort pour une saison identique à celle que j’ai faite en 2025 », conclut Joël.

©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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