Une saison 2025 marquée par la progression

Pour cette saison 2025 Laurent Brossard délaissait sa Simca Rallye II pour s’installer derrière le volant d’un TracKing. Une découverte qui sera synonyme de réussite pour le Franc-Comtois en constante progression sur les épreuves du CFM.

S’il reste un fervent passionné de Simca 1000 – auto avec laquelle il a fait ses débuts en sport automobile – Laurent Brossard avait à cœur d’évoluer au volant d’une voiture de nouvelle génération, qui permet de se confronter à des adversaires disposant de montures identiques, ce qui ne peut qu’enrichir les confrontations.

Mais avant de s’installer dans le cockpit d’un TracKing, Laurent Brossard découvrait le sport automobile du côté de d’Orchamps-Vennes, où il résidait étant jeune, et où se déroulait la course de côte éponyme. Sportif endurci, c’est sur des Trails que le Franc-Comtois a pris pour habitude de dépenser son énergie. Mais si la course à pied lui offre de belles satisfaction, elle ne permet pas toujours de retrouver les montées d’adrénaline qui sont un des attraits de la compétition automobile.

De ses années en tant que spectateurs, Laurent Brossard garde le souvenir des nombreuses Simca Rallye qui, sur les courses de côte, assuraient le spectacle. A l’heure de faire ses débuts, son choix se portait naturellement vers une Simca Rallye II. En 2021, il prenait part à ses premières courses de côte, et choisissait dès ses débuts de se confronter à des longs tracés du Championnat de France de la Montagne puisqu’on le retrouvait au départ de Vuillafans, du Mont-Dore et de Turckheim. Le Doubien étoffera son calendrier pour sa campagne de France 2022 en ajoutant aux épreuves déjà courues celles du Col Saint-Pierre et de Dunières.

Soutenu par les Frères Pernot – Etienne et Marc – Laurent Brossard intégrait la structure des deux pilotes d’Ornans pour engager officiellement sa Simca Rallye II sur le Championnat de France de la Montagne 2023. Une saison qui lui permettra de découvrir de nombreuses épreuves du CFM et qui sera ponctuée par une succession de victoires de classe. Vainqueur du Challenge Open FC/2 à l’issue d’une saison qu’il qualifiait de pleinement positive, Laurent se relançait en 2024 sur une nouvelle campagne de France qui se conclura par un nouveau succès sur le Challenge Open FC/2.

De la Simca Rallye II au TracKing
Alors qu’il envisageait de poursuivre son implication sur le Championnat de France de la Montagne pour la saison 2025, Laurent Brossard estimait qu’était venue l’heure de changer de braquet : « Avec la Simca Rallye II je sentais que j’atteignais une limite en termes de pilotage », analyse Laurent. « Une limite dans la précision, l’engagement que nécessite une voiture d’ancienne génération pour laquelle j’ai toujours autant d’affection. Je reste persuadé que lorsque l’on est issu du groupe FC on reste pour toujours attaché à cette famille, mais j’estimais qu’il était temps pour moi d’aller chercher autre chose. »

Dans l’esprit de Laurent Brossard, la Simca Rallye II reste une vraie sportive, et à l’heure de changer de voiture, il souhaitait retrouver une auto qui affichait le même tempérament : « Je voulais également intégrer une équipe qui me permettait de ne plus avoir à gérer les à-côtés de la course, ma disponibilité étant très limitée. C’est pour cela que j’ai décidé de me tourner vers le Team LMJ qui pouvait mettre un TracKing à ma disposition. »

A l’automne 2024, une séance de roulage était programmée sur le circuit du Bugey à Château Gaillard : « C’était pratique pour moi qui réside l’essentiel de l’année à Lausanne, ça avait l’avantage de ne pas être très loin de chez moi. » Dès les premiers tours de roues Laurent Brossard savait avoir fait le bon choix : « J’ai été immédiatement convaincu. Ce TracKing est réellement sportif, et il me permettait de retrouver les sensations que j’avais pu connaitre avec la Simca mais sur une voiture pleinement conçue pour la course. Il est clair que sur de nombreux aspects les deux voitures n’ont rien de commun. Le positionnement dans le TracKing est beaucoup plus bas, l’environnement demande un temps d’adaptation même si d’entrée de jeu j’ai trouvé le TracKing assez facile à piloter. Ensuite, signer des chronos c’est autre chose… Mais la prise en main se fait naturellement. »

Huit concurrents intégraient en cette année 2025 le Challenge Open CM, et parmi eux on retrouvait des habitués de la classe face auxquels Laurent allait avoir comme handicap son inexpérience du TracKing : « L’objectif premier était de découvrir et d’aller chercher un niveau de performance moyen qui permettait d’être dans le match. Mais en termes de classement je n’affichais en début de saison aucune prétention. L’important était d’apprendre, même si je reste un compétiteur qui savait devoir évoluer dans une classe où l’on retrouve des jeunes talents et des pilotes comme moi un peu plus âgés. Je voulais avant tout prendre en main correctement la voiture. »

Si Laurent Brossard découvrait le TracKing du Team LMJ cette saison, il devait également découvrir le tracé de la première manche du championnat, la Course de Côte de Bagnols-Sabran : « J’avoue que sur la première partie du week-end j’avais une certaine appréhension sur un tracé que je ne connaissais absolument pas et au volant d’une voiture dont je ne maitrisais pas encore totalement les subtilités », analyse Laurent. « Au fil des montées je me suis senti à mon aise, en ayant compris que je m’étais certainement fait une fausse idée d’un tracé que je pensais extrêmement compliqué. Finalement, en abordant la course avec énormément d’humilité, je suis parvenu à trouver de la confiance et à me libérer lors de la journée de dimanche. Mais ce fut avant tout un week-end de découverte à l’issue duquel le classement importait peu et le bilan était totalement positif. »

Laurent Brossard avait déjà eu l’occasion d’affronter le Col Saint-Pierre au volant d’une Mitjet et de sa Simca Rallye II, mais j’avais auparavant de rouler avec son TracKing sous la pluie. La seconde manche gardoise de la saison allait lui en donner l’occasion : « Comme je m’y attendais j’étais plutôt à mon aise sur le bas du parcours alors que le haut reste toujours difficile à mémoriser », reconnait le Franc-Comtois : « Samedi, mon chrono sur la première montée de course n’a rien d’exceptionnel mais les sensations sont en revanche excellentes. Dimanche, j’avoue que j’étais inquiet de rouler sous la pluie avec le TracKing, mais finalement ça s’est plutôt bien passé, même si le chronos reste moyen », confie Laurant qui se positionnait au cinquième rang de sa classe. « La course a été neutralisée et c’est un peu le seul regret car j’espérais faire sur le Saint-Pierre un maximum de roulage. »

Après avoir quitté les Cévennes Laurent Brossard retrouvait la Bourgogne et plus précisément la Course de Côté d’Azé – Donzy-le-Pertuis, une épreuve régionale sur laquelle il avoue avoir vécu un week-end compliqué : « J’ai eu du mal à rentrer dans le rythme. Sur les manches du CFM on a l’habitude de trouver la cadence au fil des montées. Là, tu dois être compétitif d’entrée de jeu et j’ai eu le sentiment de subir la course. J’ai eu un petit souci mécanique sur la première montée de course, mais pour le reste c’était très sympa face à des acteurs du Championnat de France et à des pilotes locaux particulièrement bien rodés à l’exercice. »

La Course de Côte de La Pommeraye, sur laquelle Laurent Brossard retrouvait les animateurs du championnat, permettait au Franc-Comtois de connaitre son premier podium dans la classe CM : « C’est une épreuve sprint que j’aime bien, un parcours où on roule ''à fond'' du début à la fin. Avec Maxime (Dojat) on a bien bossé les caméras, j’ai bien écouté ses conseils ce qui me permet sur la dernière manche d’accéder au podium… A partir de là je vais me battre sur toutes les courses pour le podium et avec Lucas Clément avec qui nous nous affrontions à coup de dixièmes de secondes, et ça c’était super sympa. J’ai vraiment le sentiment d’avoir eu un déclic sur cette épreuve. »

Engagé sur la Course de Côte des Myrtilles, Laurent sera malheureusement contraint à l’abandon suite à une casse mécanique qui l’empêchera de prendre part aux montées de course : « C’est une épreuve qui ne me réussit pas. C’est sur cette épreuve que j’avais fait ma première course avec la Simca et j’avais également dû abandonner à cause de la mécanique, dix mètres après la ligne de départ. »

C’est chez lui, sur la Course de Côte de Vuillafans que Laurent Brossard poursuivait sa campagne de France. A domicile, le Franc-Comtois venait chercher un nouveau podium de classe en terminant derrière les deux hommes forts de la saison, Lionel Jacob et Julien Adoir : « C’est un rendez-vous important, une course à laquelle j’assiste en spectateur depuis plus de 40 ans, mais j’arrive à ne pas me mettre trop de pression. C’est un tracé que j’apprécie, qui demande beaucoup d’engagement, et parvenir à réaliser une bonne progression tout au long du week-end pour terminer sur le podium de la classe c’est très satisfaisant. »

Dunières sera cette année le théâtre d’un combat épique entre les animateurs de la classe CM. Sur le podium de l’épreuve auvergnate on retrouvait Lionel Jacob, Julien Adoir et Lucas Clément. Laurent termine au quatrième rang à seulement deux dixièmes de Lucas et devance de trois dixièmes Jean-Marc Tissot, de six dixièmes Frédéric Assenault et Jean-Charles Durin. Même si par moment le week-end en Haute-Loire fut pluvieux, il fut surtout d’une haute intensité : « C’est le début d’une seconde partie de saison tout simplement géniale parce que l’on s’est retrouvé à chaque fois près d’une vingtaine d’engagés en CM. Quel que soit ton niveau de performance, cela te permet de t’étalonner face à des concurrents. C’était très sympa et je suis juste un peu frustré parce que je réalise une mauvaise dernière montée et qu’elle me fait louper le podium. Mais c’est le jeu, et je garde à l’esprit que cette saison est une année de roulage, et là encore j’acquiers de l’expérience. »

Laurent Brossard retrouvait le podium à l’occasion de la Course de Côte du Mont-Dore où Lionel Jacob imposait son JAD LW01 alors que Laurent plaçait son TracKing au troisième rang, à seulement 159 millièmes de celui de Julien Adoir : « Je ne suis absolument pas frustré de terminer si près de Julien et super content de devancer Fred (Assenault) d’un dixième. J’ai énormément de respect pour lui, mais comme il est l’ancien propriétaire de ma Simca, il était pour moi un repère lorsque je comparais nos chronos et c’est plaisant de pouvoir rivaliser aujourd’hui avec lui avec un TracKing », explique Laurent. « Même si je suis conscient qu’il y encore une marge de progression, quand tu arrives à un certain niveau de performance, il y a un vrai plaisir dans le pilotage », confie Laurent qui ne peut être que pleinement satisfait de rivaliser avec Lionel Jacob qui a conçu le JAD LW01 avec lequel il évolue, et Julien Adoir qui compte trois saisons d’expérience avec un TracKing.

En ce mois d’août, Laurent Brossard, qui réside en Suisse, avait inscrit à son calendrier la Course de Côte de Sainte Ursanne – Les Rangiers : « J’avais à cœur de faire cette course sur laquelle j’ai pris un plaisir immense alors que j’avais au départ une énorme appréhension », confie Laurent. « On a tous à l’esprit le drame qui a touché cette épreuve en 2010 avec la disparition de Lionel Régal. Depuis le niveau de sécurisation a nettement progressé mais j’avoue que le samedi j’avais tout de même une énorme appréhension à l’heure d’aborder ce tracé. Je me suis libéré après la première montée et le plaisir était réellement au rendez-vous et la performance n’était pas inintéressante. »

La saison de Laurent Brossard sur le Championnat de France de la Montagne se concluait à Limonest où le Franc-Comtois allait signer son meilleur résultat de la saison en terminant deuxième de la classe CM derrière Lionel Jacob : « Le week-end fut compliqué notamment à cause de la météo capricieuse. J’ai été victime d’une casse mécanique sur la première montée d’essais, mais les gars du Team LMJ ont une nouvelle fois réalisé un super boulot pour me permettre de me relancer sur la seconde montées d’essais. Dimanche, sous la pluie, il était juste impossible d’aller chercher Lionel, donc cette deuxième place me convient parfaitement et c’est une belle manière de conclure le championnat. »

N’ayant pas eu la possibilité de se rendre à Turckheim, et ayant encore l’envie de rouler avec le TracKing, en fin d’année Laurent Brossard se rendait dans le sud de la France pour prendre part à la Course de Côte de Villecroze : « C’était plutôt sympa, même si je fais un petit tour dans les bas-côtés sur la deuxième montée d’essais. J’aurais pu faire du mal, je m’en tire bien, et finalement j’ai eu le sentiment que même si cette erreur ne m’avait pas trop impacté, j’ai mis toute la journée du dimanche avant de pouvoir me libérer. Ça restera malgré tout une très bonne expérience, sur une course très bien organisée et que je conseille à ceux qui voudraient faire du roulage en fin de saison », confie Laurent qui accrochait la troisième place de la classe CM.

Une progression prometteuse pour la suite
Pour sa saison d’apprentissage du TracKing, Laurent Brossard aura pris cette année 2025 part à sept manches du Championnat. Un programme limité mais qui lui permet tout de même d’accrocher la cinquième place du Challenge Open CM : « Même si le classement n’était pas une priorité en début de saison, la performance me satisfait pleinement. Ma progression a été facilitée par la présence de Maxime (Dojat) à mes côtés. Son coaching de qualité et son investissement m’ont permis de réellement progresser. Je reste persuadé que si j’avais fait l’acquisition d’un TracKing pour rouler seul, je n’aurais pas pu parvenir à me rapprocher autant des leaders de la classe en fin de saison. Quand sur une épreuve tu évolues dans une classe où il y a plus de quinze voitures et que tu termines dans le top trois c’est plutôt sympa », analyse le Franc-Comtois. « Je suis conscient qu’il reste une marge de progression, mais pour cette saison d’apprentissage, je suis à l’arrivée de toutes les épreuves, j’ai engrangé de l’expérience, et je me suis amélioré au fil des manches, c’est largement positif. »

Durant cette saison 2025 Laurent Brossard a pu parfaitement s’épanouir au volant de son TracKing et au sein du Team LMJ. A l’heure de remercier ses soutiens, c’est son équipe que l’on retrouve en tête de liste : « Un immense merci à toute l’équipe LMJ et tout particulièrement à Tomy (Lelan) qui malgré son jeune âge à une très bonne expérience de la course et qui sait trouver les mots pour te mettre dans les meilleures dispositions. Merci également à la famille Pernot pour ses précieux conseils, à ma compagne Sidonie qui me suit dès qu’elle le peut sur les courses, à mon fils Antonin qui court également et avec qui j’ai la chance de partager des week-ends de courses. Merci à mes parents, ma fille Emma, ma famille et mes amis, à tous ceux que je ne connais pas mais qui me font savoir lors de nos rencontres qu’ils suivent nos courses, c’est très sympa et ça permet de beaux échanges entre passionnés. Un immense merci aux organisateurs pour l’énorme travail qu’ils réalisent, aux bénévoles, aux commissaires, médias, photographes et vidéastes qui mettent nos prestations en avant et tous les acteurs de la course de côte sans qui nous ne pourrions pas courir. »

C’est avec l’envie de poursuivre sa progression que Laurent Brossard sera au départ d’une nouvelle campagne de France en 2026 : « La saison 2025 m’aura appris l’intégration au sein d’une nouvelle équipe, m’aura également permis de disposer d’un vrai coaching. Quand tu es passionné de pilotage c’est vraiment un plus. L’expérience étant largement positive, il était logique de la poursuivre. Je vais donc me relancer avec le TracKing de l’équipe LMJ, avec un calendrier similaire auquel je risque de rajouter une ou deux courses pour essayer de faire mieux qu’en 2025. Si on peut reproduire les batailles de la fin de saison passée, on ne va pas s’en priver », conclut Laurent.


©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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