
Benjamin du Championnat de France, Bastien Chanrion se lançait en 2025 pour sa première campagne de France. Une première saison riche en enseignements pour un jeune pilote qui sera à l’arrivée de toutes les épreuves.
Limonest… La plus ancienne course de côte organisée en Europe est à l’origine de l’engouement du plus jeune pilote de la saison 2025 sur le Championnat de France de la Montagne. Le village de Morancé se situe à une dizaine de kilomètres de Limonest, et c’est dans cette petite cité rhodanienne, forte d’un peu plus de 2.200 habitants, qu’a grandi Bastien Chanrion.
Très jeune, Bastien accompagnait son père, Emmanuel, qui prenait un réel plaisir à assister à la manche de clôture du championnat : « Et depuis tout petit je suis tombé sous le charme de cette Course de Côte de Limonest et j’avais envie à mon tour de pouvoir participer à cette épreuve », confie Bastien.
Sa passion pour l’automobile poussait le jeune Morancéen à suivre des études de mécaniques. Dès l’âge de 15 ans, apprenti mécanicien, il n’hésitait pas à prendre contact auprès de Dan et Fabien Bourgeon : « Ils m’ont permis de faire un stage au sein des ateliers de Bourgeon Concept, grâce à cela j’ai pu découvrir le TracKing et littéralement tomber amoureux de la course de côte. La passion déjà vive s’est accrue à ce moment-là », estime Bastien.
En novembre 2023 Bastien Chanrion n’avait que 16 ans lorsqu’il décidait avec son père de faire l’acquisition d’un TracKing. Le Rhodanien, qui fêtait ses 17 ans en janvier 2024, attendra l’été pour se rendre à Pouilly-en-Auxois où était programmée sa toute première séance d’essais avec le TracKing : « C’était une semaine avant Chamrousse, et pour la toute première fois je m’installais derrière le volant d’une voiture de course. Les sensations étaient fabuleuses, j’avais l’impression d’assouvir un rêve et j’étais également agréablement surpris par la facilité qu’offrait le TracKing pour sa prise en main. Vraiment c’était un moment incroyable. »
Suivant les conseils de pilotes expérimentés, Bastien Chanrion s’engageait sur la Course de Côte de Chamrousse pour sa toute première participation : « On m’avait expliqué qu’il valait mieux débuter sur un tracé large, qui laisse une petite place à l’erreur. Comme j’avais tout à découvrir, il me paraissait judicieux de m’aligner à Chamrousse. » Le jeune rhodanien ne cache pas que cette première approche ne fut pas évidente, « mais je réalisais un rêve, ce qui fait que les difficultés que j’ai pu rencontrer n’avait pas grande importance. Mais il est clair qu’il a fallu me mettre dedans, prendre confiance, apprendre comment se dérouler une épreuve, comprendre le comportement de pneus slick, intégrer le maniement du TracKing. Cela faisait beaucoup de paramètres à assimiler », se souvient Bastien qui du haut de ses 17 ans faisait preuve d’une réelle maturité dans son approche de la course.

Par la suite Bastien Chanrion sera au départ de la Course de Côte Régionale de Lamure-sur-Azergues : « Et là j’ai connu ma première déconvenue parce que j’ai fait un petit tout droit et j’ai endommagé le capot et la lame avant. Apparemment cela fait partie de l’apprentissage. »
Bien évidemment, pour sa première courte saison, Bastien se devait d’être au départ de la Course de Côte de Limonest, cette épreuve à domicile qui l’avait fait rêver durant son enfance : « Emotionnellement c’était hyper fort. Mon grand-père habite à Limonest et était présent pour cet événement comme l’ensemble de ma famille, c’était pour moi un sentiment énorme que de rouler sur ce tracé. J’avais du mal à réaliser que j’étais au départ de la Course de Côte de Limonest avec un TracKing. Là, vraiment, j’assouvissais mon rêve d’enfance. »
Les premières expériences de la saison 2024 motivaient Bastien Chanrion à accroitre son programme pour la saison 2025. Une saison qui se présentait comme une année d’apprentissage : « Il n’y avait rien de mieux à mon sens pour apprendre que de m’engager sur le championnat. Cela me permettait de découvrir de belles épreuves, qui ont chacune leurs particularités, et de me situer par rapport à des pilotes bien plus expérimentés, dans une classe très concurrentielle. »
Engranger un maximum d’expérience et d’informations
A 18 ans, sans réelle expérience, Bastien n’avait aucune prétention en ce qui concerne ses résultats : « Je m’engageais sur le championnat pour apprendre et je n’avais pas comme ambition d’offrir une réelle concurrence à mes adversaires. Le but était de faire un maximum de roulage, d’être à l’arrivée de chaque épreuve et d’engranger un maximum d’informations et d’expérience », explique le Rhodanien.
Benjamin du Championnat de France de la Montagne, Bastien avait à cœur d’honorer ce statut : « Je suis le premier à avoir pris le départ d’une course de côte à tout juste 17 ans, c’est particulier. Cette année je voulais bien représenter la jeune garde en démontrant que l’on pouvait avoir 18 ans et que l’on pouvait faire preuve de maturité. »
Bastien Chanrion se lançait un défi de taille pour débuter la saison. C’est en effet sur les pentes du Col Saint-Pierre, l’épreuve du championnat la plus difficile à assimiler, qu’il lançait sa campagne de France : « J’avoue que j’ai trouvé le parcours très technique, pas facile à apprendre. Je n’avais pas roulé depuis la fin de l’année 2024 et il n’était pas évident de se remettre dedans », reconnait Bastien. « Malgré des reconnaissances studieuses, à la fin du week-end il y a encore des portions sur lesquelles j’étais perdu. » Difficultés supplémentaires, Bastien devait disputer dans les Cévennes sa première course sous la pluie : « Il fallait tester les pneus pluie, modifier certains réglages, ça aussi c’était pour moi une découverte. »
A l’issue de la Course de Côte du Col Saint-Pierre, le TracKing de Bastien retrouvait les ateliers de Bourgeon Concept : « Après cette première manche nous changions de pneumatiques en optant pour des Hoosier. Il fallait donc apporter des modifications à la voiture. » Il faudra ensuite attendre la Course de Côte de Marchampt pour retrouver Bastien Chanrion : « Ça s’annonçait difficile, d’une part parce que le tracé de Marchampt est très rapide, d’autre part parce que j’allais devoir me familiariser avec de nouveaux pneus et donc de nouveaux réglages. Ce n’était pas évident, mais ce fut tout de même un week-end de pur plaisir et j’ai vraiment eu le sentiment que par rapport au Saint-Pierre j’étais nettement plus en confiance avec la voiture. »

Vuillafans se présente comme un gros morceau, toujours difficile à appréhender : « Pour moi, malgré la difficulté du tracé, j’ai pris énormément de plaisir grâce à une organisation incroyable et un parcours fabuleux. Il est clair que lorsque comme moi on manque d’expérience il n’est pas évident d’attaquer la Parabolique, mais quel plaisir. Avant la dernière montée j’ai pu bénéficier du coaching de Fabien (Bourgeon) et ça m’a réellement permis de faire une excellente dernière ascension sur laquelle je gagne six secondes. C’était juste génial. »
Le tracé de Dunières ne ressemble en rien à celui de Vuillafans mais allait offrir à Bastien l’occasion de se faire une nouvelle fois plaisir : « Malgré la pluie, l’adhérence précaire, j’ai pu sur ce tracé me rapprocher de mes adversaires habituels et c’est toujours enthousiasmant. Je pense que Dunières restera un de mes tracés favoris de la saison, même s’il est court, j’adore le côté technique de cette épreuve. »
Près d’une vingtaine de concurrents figurait sur la liste des autorisés à prendre le départ dans la classe CM à l’occasion du Mont-Dore. De quoi offrir à Bastien Chanrion une vraie concurrence, et le jeune Morancéen n’allait pas se priver de défier nombre de ses adversaires pour finalement accrocher la treizième place : « Quel super tracé, qui mérite sa légende, et qui m’a laissé un super souvenir. Durant ce week-end en Auvergne j’ai essayé de nouveaux réglages qui m’ont permis d’être plus à mon aise dans la voiture, nettement plus en confiance et grâce à cela j’améliore mes chronos en fin de week-end de manière significatives. Par rapport aux épreuves précédentes je parviens à devancer des concurrents qui jusqu’alors étaient devant moi, et ça fait réellement plaisir. Ce fut un déclic car j’ai senti que je parvenais à réellement accroitre ma confiance. »
La saison de de Bastien Chanrion se concluait à domicile, sur la Course de Côte de Limonest, où la pluie allait sérieusement perturber les débats : « Samedi, sur les deux premières montées on évolue sur le sec et je suis à quelques secondes de Julien Adoir et Jean-Marc Tissot, ce qui pour moi démontre que sur une épreuve que j’ai déjà eu l’occasion d’aborder, je suis en progression. Dès la première montée d’essais j’améliore mon meilleur chrono de l’année dernière de quatorze secondes, c’est juste énorme. Ça m’a motivé pour le reste du week-end et je me suis fait réellement plaisir », confie Bastien. « Sur cette dernière épreuve il y avait de belles confrontations, une superbe ambiance et c’est un week-end qui me laisse d’excellents souvenirs. »
Saison d’exception pour le benjamin du CFM
Des souvenirs, le benjamin du championnat en a plein la tête. Bastien Chanrion a vécu une fabuleuse expérience dont il se réjouit : « Les performances ne sont en rien d’exceptionnelles, j’en suis conscient, mais l’objectif était d’apprendre et d’être à l’arrivée de chaque épreuve. Je termine toutes les courses et j’ai engrangé énormément d’enseignements lors de chacune de mes participations. Le bilan est donc totalement positif », analyse Bastien. « J’ai fait de supers belles rencontres, j’ai découvert de magnifiques tracés, j’ai pu affronter des courses qui m’ont toujours fait rêver comme le Mont-Dore où Vuillafans. J’ai pu sentir l’amélioration dans la confiance avec la voiture au fil des courses et la voiture est revenue entière de chaque week-end… Tout était parfait pour moi. »

Bastien tient bien évidemment à remercier tous ceux qui lui ont permis de concrétiser son rêve : « Tout d’abord, merci infiniment à mon père, qui se sacrifie pour m’accompagner dans cette aventure. Un énorme merci à ma grande sœur qui m’a suivi tout au long de cette saison, ainsi qu’un grand merci à mon oncle pour être toujours présent à mes côtés. Merci infiniment à tous mes sponsors pour leur soutien sans faille, notamment : Config Racing, Jordan Tomas Pizza à Civrieux, Florian de Barber District, Richard Plaisantin, qui est mon patron et sponsor principal, avec ses deux garages Renault : le Garage des Platanes et le Garage Quincieux Service Auto. Un très grand merci également à tout mon entourage pour leur soutien, et surtout un immense merci à Alexis, ainsi qu’à Donovann, mon meilleur ami et mécanicien de choc, qui m’ont suivi toute cette saison, ont toujours été présents pour m’encourager et m’aider à chaque instant. Merci aussi à toutes les équipes et aux pilotes du CFM pour leur aide et leurs précieux conseils. Pour terminer un immense merci à tous les organisateurs, spectateurs et commissaires pour cette saison. Un très grand merci à toute l’équipe Bourgeon, toujours présente. Un grand merci à Nico Millet pour ses magnifiques clichés, ainsi qu’à Pilotes TV pour leurs clips vidéo. Enfin, un très grand merci à toute l’équipe du championnat pour nous organiser un championnat incroyable et nous faire vivre des week-ends de rêve. »
On retrouvera le TracKing de Bastien Chanrion en 2026 sur les épreuves du Championnat de France de la Montagne : « Nous allons apporter quelques modifications sur le TracKing et lui offrir une nouvelle déco. Je vais repartir avec un programme un peu plus étoffé qui comprendra huit épreuves. Dans le même temps, si je peux je vais faire quelques épreuves régionales », confie Bastien qui en plus de travailler en alternance avec ses études dans un garage automobile, a un emploi le soir dans la restauration pour parfaire ses budgets. Humble, mature, attachant, le benjamin du championnat ne manquera pas de bénéficier encore des conseils de pilotes d’expérience pour ce qui sera en 2026 la poursuite de son apprentissage.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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