
Cinq courses et trois victoires en groupe A, tel est le bilan de la saison 2025 de David Dieulangard qui, après près de dix ans d’absence, a marqué les esprits en se présentant une nouvelle fois comme un des hommes forts du championnat.
Le moins que l’on puisse dire c’est que le retour de David Dieulangard sur le Championnat de France était attendu. Attendu et redouté par les acteurs de la discipline qui savaient retrouver en la personne du pilote de Saint-André-des-Eaux un adversaire de poids. Dès ses premières apparitions sur les manches de la saison 2025 David confirmait que malgré près de dix ans d’absence il n’avait rien perdu de son talent derrière le volant…
Initialement c’est en slalom que David Dieulangard a abordé le sport automobile, prenant la suite de Didier, son père, qui affiche un enviable palmarès de près de deux cents coupes remportées et de cinq titres de champions acquis en slaloms dans l’Ouest de la France. Très jeune, David baignait dans l’univers de la compétition automobile mais avoue que c’est une fois le permis de conduire en poche, à 18 ans, que la passion s’est réellement révélée.
Ses débuts en slaloms étaient marqués par la réussite et quatre titres de Champion de France Groupe A (2010, 2011, 2012 et 2013) obtenus dans la discipline. En 2012 et 2013 il remportait également ce même groupe A sur la Finale de la Coupe de France de la Montagne. En 2014 il retenait l’attention des observateurs des courses de côte en s’installant, au volant d’une Seat Léon Supercopa MK2, en tête du Championnat Production au passage de la mi saison. Et si finalement il devait s’incliner face à la Porsche de Nicolas Werver, il accrochait le titre de Vice-champion de France et remportait le Trophée FFSA du groupe A.
Conscient qu’il pouvait prétendre au titre, il troquait sa Seat Léon Supercopa MK2 contre une Porsche 997 GT3 Cup. Sérieux et appliqué dans son approche de la course, David Dieulangard mettait à profit la saison 2015 pour se familiariser avec sa nouvelle monture et décidait donc de ne faire que des apparitions sporadiques sur le championnat. En 2016, David allait vivre ce qu’il qualifiera à l’époque de sa ''pire saison depuis ses débuts''. Dans l’obligation de gérer des contraintes d’ordre privées et professionnelles, l’Andréanais ne pouvait pleinement avoir l’esprit à la course, et prenait rapidement conscience qu’il n’était pas dans les meilleures dispositions pour jouer les premiers rôles sur un Championnat de France de la Montagne qui offre un haut niveau de compétitivité.
David décidait donc de jeter l’éponge et de mettre la compétition automobile entre parenthèses. Toutefois, l’envie de courir restait prégnante et même si les années passaient elle ne s’estompera pas. Bien au contraire, la force du clan familial ne pouvait qu’inciter David à revenir. Car si Didier son père reste un acteur majeur dans l’implication de David, l’ensemble de ses proches – mère, conjointe, enfants – sont animés par la même passion et ne pouvaient qu’encourager David à reprendre les routes du Championnat de France de la Montagne : « Je voulais revivre les belles années que nous avions partagées en famille. Je suis à présent papa de jumeaux qui sont en âge de me suivre sur les épreuves et je voulais qu’ils découvrent à leur tour ce que j’avais pu connaitre lorsque mon père courrait. »
Le Vice-champion de France de la Montagne 2014 décidait donc de partir en quête d’une nouvelle monture : « En gardant à l’esprit que c’était nécessairement sur le Championnat Production car il est pour moi difficile d’installer mon mètre quatre-vingt-douze dans le cockpit d’une voiture de la catégorie Sport. Et puis j’ai un attrait particulier pour les voitures fermées », reconnait David qui portait son choix sur une Cupra Léon Supercopa MK3. « Revenir directement en GTTS nous semblait déraisonnable, et le groupe A offre un haut niveau de compétitivité, idéal pour se jauger face à la concurrence. »
C’est dans le courant de l’année 2024 que David Dieulangard faisait l’acquisition de sa Supercopa : « On voulait une Europa Cup pour être certain de la conformité. Cela nous a pris un peu de temps pour en repérer une, et c’est finalement auprès de notre ami André Heinrich que nous l’avons trouvée. C’est une super auto, tant esthétiquement que du point de vue châssis, un truc phénoménal. Le seul gros point faible c’est la motricité lorsqu’on la compare à sa devancière la MK2 avec laquelle j’ai couru entre 2012 et 2014. A l’époque j’avais acheté la MK2 à Julien Briché et, heureux hasard, cette MK3 est une ancienne voiture de Julien, j’ai donc pu me tourner vers lui et il nous a aidé pour trouver les réglages les mieux adaptés à la courses de côte. »

Après près de dix ans d’absence, revenir sur le championnat nécessite une somme de travail importante, tant en termes de préparation de la voiture qu’en matière de logistique : « Et de ce fait cela nous a laissé que peu de temps pour mener à bien des essais », confie David. « En l’espace de neuf mois je n’ai pu faire que trois séances d’essais sur circuit. Le manque de roulage explique le fait que je ne me sois pas relancé pour un programme complet, mais uniquement sur quelques manches du championnat pour juger du niveau de performance de la voiture. »
Renouer avec le succès…
L’interrogation principale qui planait sur la tête de David à l’heure de débuter sa saison était de savoir s’il serait rapidement en capacité de retrouver ses automatismes derrière le volant : « En près de dix ans les choses ont évolué et lorsque l’on a pas eu l’occasion de prendre part à la moindre course il est clair que l’on est en droit de se poser des questions sur le niveau de compétitivité. Je voulais intégrer le groupe A parce que je savais que j’aurais face à moi des pilotes talentueux, que c’était la catégorie la plus concurrentielle du Championnat Production, et cela me permettait de me faire rapidement une idée de mon niveau. Avec un programme réduit l’objectif n’était pas un résultat final mais d’avoir la certitude d’être dans le match et d’essayer avant la fin de la saison de signer une victoire de groupe. »
La Course de Côte des Teurses d’Hébécrevon – Agneaux permettra à David Dieulangard de se rassurer rapidement sur son niveau de performance. Pour son retour derrière le volant, il accrochait en Normandie une septième place au scratch en terminant deuxième du groupe A derrière Baptiste Thomasset : « Le souvenir que j’en garde c’est celui d’un week-end où j’ai eu le sourire du début à la fin. Quel plaisir de retrouver le volant et le championnat ! Durant neuf ans j’ai rêvé de reprendre la compétition et là c’était chose faite. Des vérifs jusqu’au podium j’avais la banane », confie David.
Le week-end d’Hébécrevon sera également un rendez-vous studieux : « Nous avions beaucoup de choses à découvrir. Et si je me suis senti rapidement à l’aise dans l’auto, il a fallu que je m’adapte à la procédure de départ. Sur aucune des montées je ne m’élance correctement et je lâche chaque fois de précieux dixièmes. Sans cela je n’étais pas loin de jouer la gagne dès la première, c’était inespéré et plutôt enthousiasmant pour la suite. »
La suite ce sera la Course de Côte de La Pommeraye où en 2016 David Dieulangard s’était imposé avec sa Porsche en tête du GTTS. Comme à Hébécrevon, il accrochait la deuxième place en plaçant au cumul des deux meilleures montées sa Supercopa MK3 à seulement deux dixièmes de celle de Baptiste Thomasset : « On a franchi un ''step'' supplémentaire, notamment grâce aux conseils de Philippe Planeix de chez Michelin qui nous a bien renseigné sur les pressions des pneumatiques. Je profite de l’occasion pour le remercier pour sa disponibilité et ses conseils et je remercie également Jean-Pierre Pope qui m’a aiguillé pour trouver conseils. »
S’il avait encore quelques difficultés pour appréhender correctement les départs, David mettait à profit le tracé de La Pommeraye pour se mettre en valeur : « C’est la course la plus typée circuit et cela nous a permis de tirer de nombreux enseignements en termes de comportement dynamique de l’auto. Plus le week-end avançait, plus je me sentais à l’aise dans l’auto et c’est pour moi une réussite. Je me suis même surpris d’être déçu de terminer deuxième alors qu’à ce stade de la saison j’étais avant tout là pour engranger de l’expérience. »
La victoire ne se fera pas attendre, puisque dès Saint Gouëno David Dieulangard signait un succès en groupe A pour ne plus lâcher le sommet de la hiérarchie sur toutes ses participations futures. Le succès à Saint Gouëno est d’autant plus important que, sociétaire de l’Ecurie du Mené, David avait à cœur de briller sur l’épreuve organisée par la structure bretonne : « Le week-end avait mal débuté avec un souci qui nous empêchait de descendre l’auto du plateau. Ça s’annonçait mal. » La première montée d’essais de David n’aura rien de fabuleux puisqu’il devait se contenter du sixième temps du groupe. « Mais ensuite tout s’est bien passé. Malgré la petite pression due au fait que je me devais de bien faire sur les terres de l’Ecurie du Mené, mes deux participations précédentes m’ont permis de me présenter plus serein. Ce fut un week-end génial, avec la famille, les enfants, les amis et une première victoire qui me laissera un excellent souvenir. »

A l’issue d’un beau combat sur le tracé de la Course de Côte de Dunières, David Dieulangard signait un nouveau succès de groupe en devançant Baptiste Thomasset de 27 millièmes de secondes au cumul des deux meilleures montées : « Avec Vuillafans c’était la seule épreuve sur laquelle je n’avais jamais eu l’occasion de courir et j’avoue que ce fut une belle découverte. J’ai le souvenir que notre regretté ami Jean Turnel me disait beaucoup de bien de cette épreuve et ça me tenait à cœur d’être au départ », confie David. « C’est vrai que c’est une belle épreuve, très technique, qui nécessite un temps d’apprentissage. La météo ne nous a pas aidé avec des changements permanents et je suis content de m’être imposé face à Baptiste à l’issue d’un magnifique combat. »
Une nouvelle fois Baptiste Thomasset se présentait sur le Mont-Dore comme le principal rival de David Dieulangard. Le combat fera rage, et David s’imposera une seconde cinq devant son adversaire : « Le bilan est mitigé », reconnait David. « Du très bon avec la victoire de groupe, et du très mauvais avec une sortie de route en fin de week-end », rappelle-t-il. « Dès les essais j’étais dans le match, sur la première montée de course je creuse l’écart face à mes adversaires. Dimanche matin j’étais dans un faux rythme et je n’ai pas réussi à faire un bon chrono et par la suite, voyant Baptiste se rapprocher et sachant que j’en avais encore sous la pédale, j’ai attaqué et commis une petite erreur sur un freinage. » Une petite erreur qui aura de lourdes conséquences puisque David endommageait sa Supercopa. « Par chance il n’y a pas eu de casse mécanique, mais tout de même du travail à réaliser sur l’auto. Le côté positif ce sont les trois victoires consécutives. » L’incident du Mont-Dore remettait en cause le calendrier de fin de saison de David Dieulangard qui avait prévu de se rendre à Turckheim et à Limonest et qui sera absent sur ces deux dernières confrontations.
Cinq courses, trois victoires !
Pour son retour à la compétition après près de dix ans d’absence, David Dieulangard a pris part à cinq courses sur lesquelles il signe deux deuxièmes places et trois victoires de groupe. De quoi tirer un bilan positif de sa courte saison : « Rien ne pouvait présager que je serais dans le match d’entrée de jeu, donc je ne peux être que satisfait de ma saison qui se solde par trois succès. Mais mon côté perfectionniste m’empêche d’occulter l’erreur du Mont-Dore car je veux garder à l’esprit qu’elle ne doit pas se reproduire » analyse David. « Après une longue absence j’ai retrouvé l’ambiance si particulière du Championnat de France de la Montagne faite de partage, d’entraide et de convivialité, et j’en ai tiré un réel plaisir et c’est pour moi hyper important. Les moments que nous avons passés en famille et avec les amis étaient aussi importants que réjouissants. »

La famille, elle est au cœur des remerciements de David Dieulangard : « Une immense merci à mon père (Didier), et ma mère (Brigitte) ainsi qu’à ma femme Julie et mes enfants Tony et Olivia. Ma famille fut ma principale source de motivation pour revenir sur le championnat et vivre cette aventure avec eux était fabuleux. » Pour cette courte saison 2025, David Dieulangard n’a pas eu l’opportunité, faute de temps pour les solliciter, d’avoir le soutien de partenaires. Le Vice-champion de France de la Montagne 2016, qui l’an prochain se présentera comme un des hommes forts du Championnat Production, est donc en quête de sponsors. Des partenaires qui feraient à n’en pas douter un excellent choix en associant leur image à un pilote qui non content d’être talentueux et méticuleux dans sa préparation, bénéficie d’un réel capital sympathie et véhicule de belles valeurs sportives. « Je profite de l’occasion pour remercier Célia Debé qui par le biais de son entreprise Célia Créa’ Design m’a créé une plaquette pour la recherche de partenaires pour la saison 2026. Merci également à Julien Briché via JSB Compétition, Olyméca Sport et le Garage Jagu à Donges. C’est grâce à ses trois entités que nous avons pu bénéficier de conseils de réglages, les appliquer et réaliser l’entretien courant de l’auto. Je n’oublie pas les organisateurs, commissaires, et tous ceux qui sont impliqués dans le bon déroulement des courses et sans qui nous ne pourrions pas vivre notre passion. Un immense merci à eux ainsi qu’à tous les acteurs du championnat et tout particulièrement à mes adversaires du groupe A, tous ceux qui nous ont motivé à revenir et qui nous ont accueilli avec énormément de chaleur. »
Il est clair que David Dieulangard sera un prétendant sérieux au Trophée FFSA du groupe A et au Challenge Open A/5 en 2026 : « C’est avec ces objectifs que je vais me lancer sur cette nouvelle saison. Je sais que mon emploi du temps ne me permettra pas de faire les douze épreuves, mais je vais tout faire pour prendre part à dix des douze manches que compte le calendrier. On va se battre pour aller chercher les titres », conclut David.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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