Des projets plein la tête pour le Berrichon

Champion de France de la Montagne Production à l’issue de la saison 2025, Anthony Dubois se relançait cette année en quête d’un second titre. Le Berrichon confirme puisqu’au volant de son Alpine A110 Evo il coiffe une seconde couronne consécutive.

C’est en 2006, voilà tout juste 20 ans, qu’Anthony Dubois, après avoir glané de nombreux lauriers sur des compétitions cyclistes, prenait la succession de Guy son père pour participer à sa toute première course de côte. Déjà à l’époque le jeune Berrichon s’installait derrière le volant d’une Alpine. L’auto sera remplacée par la suite par une Renault 5 Turbo avant qu’une Scora, montée de mains de maître par Guy Dubois et son fils, ne permette à Anthony de poursuivre sa carrière sportive en courses de côte.

En 2016, au volant de sa Scora, Anthony Dubois viendra accrocher la deuxième place du Challenge Open FC/4. C’est également au second rang du Challenge Open GTTS/4 que l’on retrouvait le Berrichon à l’issue d’une saison 2017 qu’il abordait avec une Porsche 997 Cup. En 2020, Anthony optait pour une Alpine A110 évoluant en GT Sport et qu’il mènera à la troisième place du Championnat Production. L’année suivante, toujours avec son Alpine, il signait son premier succès scratch sur le CFM à La Pommeraye, mais la fin de sa saison sera marquée par une violente sortie de route à Turckheim.

Anthony Dubois, qui compte dès lors parmi l’élite des Montagnards, accumulera les titres en 2022 en remportant le Trophée FFSA Groupe GT Sport, le Challenge Open GT/2 et en terminant quatrième du championnat. A l’heure d’aborder la saison 2023, il faisait le choix de présenter une nouvelle Alpine A110 Evo, évoluant à présent en GTTS/3, et avec laquelle il terminait la saison au pied du podium. Vice-Champion de France à l’issue de la saison 2024, Anthony persévérait avec son Alpine, persuadé qu’elle pouvait lui permettre de décrocher le titre. Une persévérance et un travail acharné qui porteront leurs fruits et qui seront récompensés par un titre de Champion de France de la Montagne Production acquis en 2025.

Confirmer sans se mettre la pression
L’implication d’Anthony Dubois dans le sport automobile a pris une certaine envergure. Si initialement elle était concentrée sur la course de côte, elle s’étend aujourd’hui au circuit. Le Berrichon dispose de plusieurs Alpine, mises à la disposition de pilotes, et son calendrier connait à présent une amplitude qui le contraint à faire des choix : « Pour ce qui du championnat, nous accueillions cette année Rémi (Courtois) qui disposait d’une de nos voitures. Et puis nous avions la volonté de tenter l’aventure du circuit en TTE (Trophée Tourisme Endurance) et de ce fait je me devais de me partager entre côtes et circuit », explique Anthony.

Qui dit programme chargé dit disponibilités réduites, et Anthony Dubois savait qu’il lui serait impossible d’être au départ des douze manches inscrites au calendrier du Championnat de France de la Montagne. A l’heure de débuter une saison sans joker, le Champion de France abordait cette nouvelle campagne sans pression : « Il est souvent à mon sens plus difficile de confirmer un titre que de remporter le premier. J’avais donc à l’esprit de faire au mieux mais sans me mettre la pression. Je voulais avant tout rouler pour le plaisir, sans vraiment me focaliser sur les résultats même si l’on sait qu’en tant que compétiteur on ne peut pas les occulter. On est tout de même là pour gagner. J’étais le tenant du titre, et contrairement à la précédente saison je n’en faisais pas une priorité ultime. » Anthony n’a pas pour autant l’habitude d’aborder les rendez-vous en dilettante, et c’est donc avec sérieux et une certaine rigueur qu’il mènera sa campagne de France.

Au départ de cette saison, Anthony Dubois savait que la concurrence allait être de haut niveau avec un plateau de GTTS/4 conséquent au sein duquel on retrouvait des pilotes talentueux, et donc de nombreux prétendants au titre : « C’est motivant, parce qu’on sait que nos adversaires affichent de sérieuses ambitions, qu’il va falloir se battre et que si l’on parvient à remporter le titre il n’en aura que plus de valeur. »

Avant de se relancer sur le Championnat de France de la Montagne, Anthony Dubois faisait bénéficier son Alpine A110 Evo d’une petite cure amaigrissante : « Nous avons avant tout voulu gagner quelques kilos superflus et nous avons travaillé également pour améliorer la tenue de route, mais rien de vraiment révolutionnaire », confie le Champion de France en titre qui n’avait pas de raison d’apporter des changements majeurs à une voiture qui lui avait permis de connaitre la consécration.

Sur la Course de Côte de Bagnols-Sabran, qui ouvre la saison du Championnat de France de la Montagne, Anthony Dubois signait un premier succès en imposant son Alpine A110 Evo : « Nous avons été perfos tout de suite, j’ai même été surpris de voir l’écart que je pouvais creuser. Mais après l’accident de Yannick (Poinsignon), l’euphorie est un peu retombée et j’ai fait preuve d’un peu plus de prudence… Il est clair que cette victoire met en confiance pour la suite. »

Absent sur le Col Saint-Pierre, on retrouvait ensuite Anthony à Abreschviller où il se classait au second rang, neuf dixièmes derrière la Renault R.S. 01 de Jean-François Ganevat : « J’avoue avoir été un peu déçu, mais pas spécialement surpris. La configuration du tracé d’Abreschviller permet à la Renault de bien s’exprimer, donc finalement même si j’espérais l’emporter, le résultat est plutôt bon. »

La campagne de l’Ouest devait dans l’esprit d’Anthony Dubois être synonyme de réussite. Le Berrichon espérait accrocher les victoires sur les trois rendez-vous. Un objectif qu’il parviendra à atteindre, non sans mal, face à des concurrents compétitifs. A Hébécrevon, sur une épreuve rendue compliquée par une météo capricieuse, ce n’est qu’avec deux dixièmes d’avance qu’Anthony devançait Jean-François Ganevat : « Je m’étais imposé lors de la précédente édition, et j’avais à cœur de rééditer cette année. C’est un succès qui me fait plaisir, acquis de haute lutte. »

Théâtre de sa toute première victoire sur le championnat, la Course de Côte de La Pommeraye offrira une nouvelle fois l’occasion à Anthony Dubois de se mettre en valeur puisqu’il devançait à l’arrivée Jean-François Ganevat d’une seconde huit : « J’étais bien accompagné à La Pommeraye, une moment entre amis, très sympa, et la victoire vient conclure un excellent week-end. » Il fallait à Anthony s’imposer par la suite à Saint Gouëno pour réaliser son objectif de faire un ''carton plein'' sur la campagne l’Ouest. Mais en Bretagne, Jean-François Ganevat n’allait pas aussi facilement lâcher la victoire, et finalement si Anthony impose son Alpine, ce n’est qu’avec 78 millièmes d’avance sur la Renault du Jurassien : « Là, ça a vraiment été très très très serré ! A mon sens, la bagarre de l’année. Ça s’est joué sur la toute dernière montée, dans un ultime effort, il fallait vraiment être dans le coup, hyper concentré et déterminé. C’est le genre de victoire qui selon moi se joue au mental, en étant motivé à 120% et en se posant zéro question. »

Les trois victoires sur les manches de l’Ouest permettaient à Anthony de pointer aux commandes du Championnat Production et d’avoir l’esprit un peu plus serein pour la suite : « J’étais vraiment content de m’être imposé sur les trois manches de l’Ouest parce que j’avoue que pour la suite je redoutais un peu des tracés comme celui de Marchampt, où la concurrence pouvait nous poser des problèmes, et je ne savais pas si je pourrais aller à Vuillafans. »

Les doutes au moment d’appréhender la Course de Côte de Marchampt n’allaient pas réellement s’estomper, « parce que nous avons eu un petit souci sur une bobine d’allumage qui aurait pu nous gâcher le week-end. Il a fallu régler ce souci, composer avec la chaleur ambiante et finalement je suis super content de parvenir à m’imposer parce que sur le papier ce n’était pas gagné », avoue Anthony.

Comme prévu, Anthony Dubois ne sera pas au départ de la Course de Côte de Vuillafans. On retrouvait donc son Alpine A110 Evo. à Dunières où il signait une incontestable victoire, près de trois secondes devant son premier poursuivant : « Là j’abordais la course sans stress particulier parce que je savais disposer des armes pour jouer devant. Ça s’est rapidement confirmé et je ne peux être que satisfait de mon week-end. »

Le Mont-Dore permettra à Anthony Dubois d’engranger une nouvelle fois le maximum de points, mais pas de se hisser sur la haute marche du podium. Nicolas Werver, pilote non-inscrit au championnat, viendra imposer sa Porsche dans le Massif du Sancy en devançant l’Alpine du Champion en titre : « Je n’ai pas trouvé le meilleur grip, peut-être pas les meilleurs réglages. Honnêtement j’espérais lui contester la victoire, mais nous n’avons pas su faire », regrette Anthony qui ne cache pas sa petite déception de ne pas avoir mieux réussi sur ce Mont-Dore.

A Turckheim, Anthony retrouvait Nicolas Werver qui, sur ses terres d’Alsace, signait une nouvelle victoire, à nouveau devant l’Alpine du Berrichon : « J’avais décidé pour la fin de saison de ne plus mettre de pneus neufs. Ce sera le cas au Mont-Dore, à Turckheim et à Limonest. Donc dans ces conditions je ne peux être que satisfait d’aller chercher la deuxième place. Ce n’est pas une victoire, mais on n’en est pas loin et j’estime avoir ''fait le job''. »

Sept points… C’est tout ce qui manquait à Anthony Dubois – en cas de victoire de Jean-François Ganevat à Limonest – pour s’assurer de remporter le titre de Champion de France de la Montagne Production. Le Berrichon n’avait donc pas pour obligation de forcer son talent et pouvait aborder cette ultime confrontation de la saison avec une certaine prudence : « Je me présentais au départ sans pression, sans obligation de résultat si ce n’est d’être classé. Après, quand on s’engage sur une course c’est pour bien faire les choses, mais je ne voulais pas prendre le risque d’endommager la voiture. J’étais donc dans un mode prudent alors qu’Olivier (Berreur), qui tenait à remporter un succès cette saison, avait la ferme intention d’attaquer. Il réalise une très belle performance, et je ne sais pas si, même en sortant la grosse attaque, j’aurais été en mesure d’aller le chercher », reconnait Anthony qui termine la saison par une deuxième place.

Second titre de Champion de France
Six victoires, huit fois premier des pilotes du CFM sur les dix manches auxquelles il a participé, une fiabilité sans faille pour finalement remporter à l’issue de cette saison 2026 un second titre de Champion de France de la Montagne Production. Anthony réalise une campagne exemplaire : « Le bilan est plus que positif. Être champion une fois c’est bien, confirmer c’est toujours plus difficile et je suis évidemment content du résultat. J’ai pris énormément de plaisir cette saison au volant de l’Alpine A110 Evo. et ce titre marque certainement un tournant dans ma carrière », estime Anthony.

Si la réussite est le fruit du talent du Berrichon, d’une énorme somme de travail et d’une implication qui ne souffre aucune improvisation, elle est également due aux soutiens de proches et de partenaires : « Un immense merci à Centre Alpine Bourges, Lubexel, SignaTech, Mecaparts, Auberge Joseph Mellot, Carrefour Market Saint-Martin-d'Auxigny, la Brasserie Sancerroise, Mecatech, Rénovateurs Mehunois, Adhésif Lab, également à mon équipe Théo, Michel, Caroline, Félix, Tony, Thomas, Marion, Lilou, Laurent, David, avec qui j’ai passé d’excellents moments tout au long de l’année. »

Anthony Dubois ne devrait pas remettre son titre en jeu la saison prochaine, mais concentrer ses efforts sur sa structure et les voitures qu’il met à disposition de ses clients : « En plus de notre implication en course de côte, durant cette saison 2026 nous avions deux pilotes qui s’étaient rapprochés de nous pour courir en circuit en TTE avec des Alpine A110 Cup. Nous allons repartir sur ce double programme en 2027 en nous partageant entre les deux disciplines », confie Anthony qui dispose d’une Alpine Cup et d’une Alpine GT4. « Nous pouvons donc louer différentes autos, puisqu’en plus des Alpine, nous avons à présent une Renault 5 GT Turbo qui évoluera en Véhicules Historiques de Compétition. Nous devrions faire rentrer une nouvelle auto, et l’Alpine A110 Evo. avec laquelle j’ai remporté le championnat sera cette saison disponible pour courir en courses de côte. Donc si des pilotes veulent s’essayer en compétition aux volants de différentes voitures, qu’ils n’hésitent pas à me contacter, j’aurai toujours des propositions à leur faire suivant leurs attentes. » L’heure est à la mise en place des calendriers 2027 et Anthony ne sait absolument pas s’il prendra le volant sur quelques épreuves du Championnat de France de la Montagne : « Je vais être très occupé, je ne suis pas sûr d’avoir le temps. »

Ancien champion cycliste, Anthony Dubois garde un œil attentif sur le vélo. Successeur de son père Guy derrière le volant, il pourrait bien voir sa succession derrière le guidon assurée par ses enfants. Lisa et Timoté ont déjà pris part à leurs premières compétitions sur deux roues : « Ils ont respectivement 13 et 15 ans et roulent déjà sur piste, sur route et en cyclo-cross, ce qui nous occupe pas mal parce que je suis bien évidemment impliqué. J’assure leur entrainement, je leur prodigue des conseils et je les emmène sur les courses. Cela explique aussi pourquoi je prends du recul avec l’automobile, pour permettre à mes enfants d’évoluer dans les meilleures conditions. » On ne peut que leur souhaiter la même réussite que leur père.


©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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