A l’issue d’une saison qualifiée de frustrante

S’il parvient une nouvelle fois à se hisser sur le podium du Championnat Sport, Maxime Dojat ne cache pas sa frustration à l’issue d’une saison perturbée par divers problèmes qui l’ont empêché d’aller chercher les succès espérés.

Vainqueur du Trophée FFSA du Meilleur Jeune en Production en 2020, deuxième du Challenge Open CM à l’issue des saisons 2021 et 2022, vainqueur du Trophée "Lionel Régal" en 2023 et en 2024 alors qu’il terminait sixième du Championnat Sport, troisième de ce même Championnat Sport à l’issue de la saison 2025, Maxime Dojat affiche du haut de ses 26 ans un enviable palmarès et compte aujourd’hui parmi l’élite de la Course de Côte.

Depuis la saison 2023 qui le voyait troquer son TracKing contre un Revolt 3P0, Maxime Dojat a accumulé les podiums et les excellents résultats. En 2024 son implication sur le championnat se limitait à sept courses sur lesquelles il montera à sept reprises sur le podium. En 2025 il poursuivait sa progression et parvenait à accrocher le podium du Championnat Sport. En toute logique, Maxime ne pouvait qu’envisager pour sa campagne de France 2026 de se lancer en quête de succès, une quête qui passait par un changement de monture : « Le Revolt 3P0 arrive en fin d’homologation et en ayant l’envie de prendre part à quelques courses en Europe, on se devait de disposer d’une voiture qui répond aux nouvelles homologations. Le choix logique se portait sur une Nova-Proto NP-01 », explique Maxime. « Il semblait de plus que ce soit la meilleure option pour poursuivre ma progression. »

La construction d’un Proto aussi performant passe par une longue phase de préparation, et malheureusement Maxime Dojat n’a pu disposer de sa nouvelle Nova-Proto NP-01 que le mardi précédent la Course de Côte du Col Saint-Pierre : « De ce fait ça limitait les essais qui se sont réduits à rôder les plaquettes de freins sur le circuit de Pouilly-en-Auxois et à cerner rapidement le comportement de la voiture. Malheureusement nous avons eu une panne mécanique durant ces essais ce qui m’a privé de mener à bien la séance comme je l’entendais. »

L’expérience acquises au fil des ans par Maxime Dojat lui permet d’intégrer rapidement les sensations que peut offrir une voiture. Et même si les premiers essais étaient écourtés, l’Aindinois pourra cerner les différences notoires entre le Revolt et la Nova-Proto : « L’aéro est différent est vraiment efficace sur la Nova-Proto et il faut avouer que les deux autos ne se conduisent pas exactement de la même manière. Mais j’avoue que le feeling était très bon dès les premiers tours de roues. »

Vers la victoire… Et au-delà !
Si en 2024 Maxime Dojat imposait son Revolt 3P0 sur la Course de Côte de La Broque comptant pour le Championnat 2ème division, il n’a jamais encore eu l’occasion de se hisser sur la plus haute marche d’une épreuve du CFM. C’était là son objectif à l’heure de se lancer sur une nouvelle campagne de France : « Clairement, je voulais pouvoir me battre pour la victoire. Viser le titre c’était peut-être prématuré pour ma première saison avec la Nova-Proto dont je devais assimiler les spécificités. J’avoue qu’en ayant reçu la voiture un peu tard, on perd un temps précieux qu’il est toujours très difficile à rattraper. »

Contraint de déclarer forfait à Bagnols-Sabran, sur la manche d’ouverture du championnat, Maxime Dojat, trahi par la mécanique, ne sera pas en mesure de rejoindre l’arrivée du Col Saint-Pierre : « Quand tu débutes ta saison en grillant d’entrée tes deux jokers tu sais que la suite s’annonce difficile », analyse Maxime. Ce souci mécanique sera récurrent durant une bonne partie de la saison avant qu’à Vuillafans la panne soit enfin identifiée : « Je pouvais rouler, mais l’auto manquais de puissance. Ni le motoriste, ni le constructeur ne peuvent être mis en cause, la pièce défectueuse provenait d’un sous-traitant extérieur », explique Maxime.

Lorsque l’on débute sa saison sur le tracé ultra rapide d’Abreschviller, un déficit de puissance se présente bien évidemment comme un handicap majeur. Malgré tout l’Aindinois parvient à tirer son épingle du jeu en plaçant sa Nova-Proto NP-01 au quatrième rang, à seulement cinq dixièmes du podium : « C’est bien évidemment rageant parce que je me rends compte que l’auto est performante, que nous avons également progressé, mais que nous ne pouvons pas tirer parti de ces progrès », analyse Maxime. « Nous avons essayé de travailler pour palier au problème et ce qui est dommageable c’est qu’en étant obligé de consacrer du temps au problème rencontré sur la voiture, on se prive de la possibilité de faire évoluer les réglages. Ce que je veux retenir c’est que je dispose d’une auto qui a une superbe aérodynamique et que c’est prometteur. »

Habitué des podiums, Maxime Dojat allait retrouver ''la boîte'' à l’occasion de la Course de Côte d’Hébécrevon – Agneaux où il se classait troisième : « L’approche était compliquée parce que c’est une épreuve que j’avais détestée au plus haut point l’année d’avant, et finalement cette année je prends un vrai plaisir. Lorsqu’il faisait plus frais, le problème mécanique que nous rencontrions s’atténuait, et à Hébécrevon il ne faisait pas particulièrement chaud », commente Maxime qui finalement sera satisfait de son week-end Normand. « En toute franchise j’ai commis quelques petites erreurs et je pense que sans cela on aurait pu aller chercher la deuxième place. »

La victoire aurait pu sourire à Maxime Dojat sur la Course de Côte de La Pommeraye. Mais finalement pour six millièmes, écart infime, il doit la céder à Marc Pernot : « Je sais où je les perds ! » reconnait Maxime. « C’est rageant parce que le samedi soir, sur la première montée de course, je réalise le meilleur chrono du week-end alors que la stratégie de départ ne fonctionnait pas et que je lâche trois ou quatre dixièmes sur la ligne. Si tout avait fonctionné je partais pour battre le record de la piste. C’est hyper frustrant parce que la voiture était juste incroyable à conduire », avoue Maxime. « Dimanche, alors que tout fonctionnait pour le mieux, que je signe le meilleur chrono à l’intermédiaire, je commets une erreur sous la passerelle en freinant tardivement. Je loupe la corde et ce sont des dixièmes qui s’envolent et la victoire qui va avec », confie Maxime qui termine deuxième et ne cache pas sa déception, notamment pour son équipe à qui il aurait tant aimé offrir cette victoire.

Maxime Dojat n’est pas homme à se laisser envahir par la pression et par le doute. La victoire loupée à La Pommeraye était vite effacée et il se relançait pour aller chercher un nouveau podium à Saint Gouëno : « Sur cette épreuve je devais toujours composer avec un petit déficit de puissance auquel vient se greffer un nouveau problème avec l’apparition d’un énorme sous-virage, et je me retrouve dans l’incapacité de me battre. Nous étions ''dans le dur'' avec la voiture et je ne suis pas parvenu à trouver les solutions. Sur une course comme Saint Gouëno que j’apprécie particulièrement, c’était difficile à encaisser. »

Si le manque de puissance dont souffrait la Nova-Proto NP-01 de Maxime Dojat s’estompait lorsque les températures extérieures s’abaissaient, la canicule qui régnait cette année à Marchampt ne feront rien pour arranger la situation de l’Aindinois : « Dès les essais je me rends compte que je manque cruellement de puissance et j’en suis à me poser la question d’abandonner parce que dans ces cas là on a tendance à compenser en allant chercher une limite sur une cartographie très agressive, ce qui peut faire subir des dommages au moteur. On s’aperçoit qu’il nous manque dix ou quinze kilomètres heure. Impossible de se mettre en avant dans ces conditions sur une épreuve où on trouve quatre ou cinq longues lignes droites. » Ce week-end dans le Beaujolais était d’autant plus frustrant que Maxime considère que c’était le terrain de jeu idéal pour sa Nova-Proto face à celle moins puissante de Marc Pernot qui évolue non pas en E2-SC/3 mais en E2-SC/2. « J’avais une auto qui disposait d’un excellent set-up, mais qui manquait de puissance. On a subi tout au long du week-end et c’est rageant. »

Avant de se rendre à Vuillafans, Maxime Dojat et son équipe parvenaient à identifier le problème qui jusqu’alors mettait à mal la puissance de sa Nova-Proto NP-01. Les chronos allaient s’en ressentir car si Maxime termine une nouvelle fois sur le podium, ce n’est qu’à quatre dixièmes de Marc Pernot et neuf dixièmes de Fabien Bourgeon : « C’est un vrai soulagement d’avoir pu résoudre ce problème », commente Maxime. « Malgré tout samedi on ne part pas forcément avec la bonne stratégie de pneus, avec les gommes médiums, et je ne suis pas à mon aise avec la voiture. Dimanche matin on remet les violets (pneus tendres) et on est dans le match puisqu’avec Marc et Fabien nous battons tous l’ancien record que détenait Marc quand il roulait avec la bride. » Avant qu’un incendie ne mette un terme prématuré à l’épreuve Franc-Comtoise, les trois hommes figurant sur le podium n’étaient séparés que de trois dixièmes les uns des autres : « On sait alors que l’on va se battre à trois pour la victoire, mais un incendie sur les abords de la route nous empêche de poursuivre. On doit se contenter de la troisième place et c’est frustrant parce qu’on ne sait pas comment se serait terminé le week-end sans cette interruption. »

« Dunières, c’est beaucoup de grip mécanique pur », analyse Maxime à l’heure d’évoquer le premier rendez-vous auvergnat. « Ce n’est certainement pas le terrain de jeu favori de notre Nova-Proto NP-01 et j’ai eu beaucoup de mal à me sentir à mon aise. C’est le rendez-vous de la saison sur lequel l’auto est un peu plus compliquée à conduire, mais finalement on parvient à se battre avec nos armes et ce n’est pas trop mal. Avec une auto plus légère, sur ce type de tracé Marc (Pernot) est intouchable. »

S’il peut se satisfaire d’une deuxième place sur le Mont-Dore, Maxime Dojat ne peut occulter que dans le Massif du Sancy il a dû composer avec un nouvel ennui mécanique : « Je n’ai pu faire que deux montées dans le week-end », rappelle l’Aindinois. « J’ai eu un souci avec l’accélérateur dès la première montée d’essais. Il restait par moment bloqué, par moment il me freinait. Sur cette première montée d’essais il reste accéléré et je ne peux éviter un heurt sur un rail », se souvient Maxime. « Arnaud (Mounier, son motoriste) a bossé comme un malade pour solutionner le problème, mais sur la deuxième montée ça ne fonctionne pas et je me gare avant de rejoindre l’arrivée. Dimanche matin je me gare directement après le départ parce que l’auto se met en sécurité. Arnaud est parvenu à trouver la panne juste avant les deux dernières ascensions, et en ne faisant que deux montées durant le week-end je suis parvenu à améliorer mes chronos des précédentes éditions, et à terminer deuxième. Ça tient du miracle », sourit Maxime.

C’est à nouveau à la deuxième place que l’on retrouvait Maxime Dojat à l’arrivée de la Course de Côte de Turckheim où il reconnait avoir vécu un bon week-end : « J’ai pris un plaisir de fou au volant, en livrant une superbe bataille avec Corentin (Starck, qui a remporté cette épreuve à deux reprises, Ndr), et c’est top de terminer deuxième. En revanche les chronos ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Tout le monde était moins vite que lors de la précédente édition, mais finalement ce que je retiens c’est le pur plaisir pris au volant et une victoire dans la classe E2-SC/3 face à Corentin qui sur ce terrain est un sacré adversaire. »

La Course de Côte de Limonest débutait mal pour Maxime Dojat qui, comme Sébastien Jacqmin, Sébastien Petit et Victor Darbellay se voyait privé du chrono de sa première montée de course : « C’est une erreur que j’assume… On est resté une heure et demie à l’arrivée et nos hauteurs de caisse sont contrôlées à la redescente. On perd environ 250 grammes dans les pneus et bien évidemment la voiture est plus basse, donc non conforme. Normalement la réglementation prévoit que l’on puisse regonfler les pneus jusqu’à un bar, on ne l’a pas fait, ce n’est pas bien grave. »

Le tracé de Limonest, comme celui de Dunières donne quelques difficultés à Maxime Dojat : « J’ai du mal dans les virages lents, c’est un truc que je dois travailler », avoue-t-il en toute franchise. « Sur la partie du haut je suis quasiment dans les temps de Marc (Pernot), mais sur le bas je me ''fais infuser''. Il va falloir que je bosse », ajoute Maxime qui conclut sa saison sur le championnat par une quatrième place.

A nouveau sur le podium du Championnat Sport
Comme l’an dernier, Maxime Dojat termine à la troisième place du championnat et accroche cette année la deuxième place du Challenge Open E2-SC/3. Un résultat qui satisferait énormément de pilotes, mais Maxime a du mal à cacher sa frustration : « J’avais bon espoir de signer des victoires cette saison, ça n’a pas été le cas pour finalement pas grand-chose. Entre les problèmes mécaniques, les incidents de courses, je n’ai pas pu m’exprimer totalement comme je l’espérais, et c’est toujours très frustrant. Ni Arnaud (Mounier pour Emap), ni Guillem (Roux pour Nova) ne sont responsables des ennuis que nous avons rencontrés. Ce sont des soucis venus de sous-traitants et cela nous a empêché de travailler comme nous le voulions. Lorsque la voiture a vraiment fonctionné, il ne restait que trois courses et de ce fait je ne suis pas là où je voudrais être. » 

Malgré tout il se dégage du positif de cette saison 2026 durant laquelle Maxime Dojat a amélioré les chronos qu’il signait lors des précédentes saisons : « On est dans le match, mais ça ne se traduit pas par les résultats que j’espérais. Et comme on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir… »

Avant d’évoquer la saison 2027, Maxime Dojat n’oublie pas de remercier tous ceux qui par leur soutien lui ont permis d’être au départ des épreuves du Championnat de France de la Montagne : « Un immense merci à mes partenaires, Corbioli Bâtisseurs Créateurs, l’Écriture Luisandre, Curt Peinture, Odacyeux, Config Racing, Charmetant Génie Climatique, Historicar Solution, Asa Esca, F2S, À Tout Résine, Nicolas Millet Photography. Un grand merci à Nova Proto et Emap Motors, merci à toute l’équipe LMJ Technology pour le super travail réalisé cette saison et merci à nos client de nous avons accordé leur confiance ! Merci à la famille, mes parents et mon frère qui m’aident et me soutiennent pleinement, les amis qui participent de près ou de loin, tous les commissaires et les bénévoles. »

Rien n’est encore arrêté pour la saison 2027 : « Elle est dépendante des budgets que nous pourrons réunir. L’envie de piloter est bien évidemment là mais le financement n’est pas assuré. On est en recherche de budget et nous verrons dans les mois à venir ce que nous serons en mesure de faire », conclut Maxime qui s’il relance sa Nova-Proto NP-01 se présenterait comme un prétendant au titre.

 

©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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