Vainqueur du Challenge Open N/2

Il y a une dizaine d’années, Julien Nouveau avait pris part à l’ensemble des épreuves du Championnat de France de la Montagne. Depuis, le Vauclusien avait mis le sport auto entre parenthèses, mais en conservant le souhait de revenir un jour. 2021 sera donc l’année de son retour et de belles performances, grâce auxquelles il termine 13ème du Championnat et vainqueur de la classe N/2.

Dans les années 90, Didier Nouveau, le père de Julien, dirigeait l’Entreprise ’’Chalets Nouveau’’ société spécialisée notamment dans la conception et la fabrication de Mobil Homes, et dont le siège social était installé à Orange, dans le Vaucluse. De ce fait, on pouvait trouver au sein de ses ateliers des structures en fer, indispensables pour la construction des châssis de ces habitations dédiées le plus souvent au camping. Bricoleur comme son père, Julien a très tôt cerné que ces barres de fer pouvaient avoir une tout autre destination, être utiles dans la construction d’un karting : « A force d’insister, je suis parvenu à convaincre mon père de construire un karting, dans le lequel nous avons incorporé un moteur de moto », se souvient Julien. Le jeune garçon d’une dizaine d’années découvrait alors le plaisir de piloter son bolide fabrication maison sur le terrain de l’entreprise familiale.

Mais l’entreprise de Didier Nouveau ne se contentait pas de fabriquer des Mobil Homes, elle louait également des petites structures destinés à accueillir des billetteries : « Et nous avions notamment comme clients les organisateurs de la Course de Côte de Bagnols-Sabran. Je me souviens également que les organisateurs du Ventoux nous louaient des cars podiums pour assurer leur remise des prix. » De plus, la famille disposait d’un chalet aux abords de la Course de Côte du Ventoux, et de ce fait, sans réellement le chercher, Julien se retrouvait plongé dans l’univers de cette discipline. « Ajouté à cela un oncle garagiste qui avait comme fournisseur les lubrifiants Yacco, qui nous invité régulièrement sur des épreuves. L’occasion d’assister en spectateurs privilégiés à la Course de Côte du Col Saint-Pierre. C’est dire si j’ai passé des week-ends sur le bord des routes et dans les paddocks. » De cette époque, Julien Nouveau se souvient des rencontres avec les pilotes Yacco : Francis Dosières, Bernard Chamberod, Jean-Luc Fritsch, « pour qui j’avais étant gamin une certaine admiration et qui m’ont donné l’envie de courir en Course de Côte. »

Premières courses de côte en Peugeot 205
Si le karting construit par son père lui permettait enfant de prendre un réel plaisir, parvenu à l’âge adulte, Julien se devait de trouver un véhicule plus adapté pour assouvir une passion qui ne l’avait pas quitté : « J’avais 18 ans et j’ai fait l’acquisition d’un karting avec lequel j’ai roulé en loisir. » Quelques années plus tard, le karting laissait place à une Peugeot 205 Rallye avec laquelle le Vauclusien allait prendre part à ses premières courses de côte : « Le choix était naturel, d’autant que je tenais à suivre mon ami Mickaël Prudent avec qui je roulais fréquemment en karting et qui, comme son père, allait se tourner vers la côte. Nous sommes rapidement devenus inséparables, et Mika m’accompagnait sur toutes les courses. Nous nous retrouvions alors avec la famille Janny, Guy et Jérôme, mais également avec Hervé Villoz. Ce sont des gens avec qui je partageais des week-ends dont je garde d’excellents souvenirs. »

Avec sa Peugeot 205 engagée en Groupe A, Julien s’alignait au départ d’épreuve régionales, mais également sur plusieurs manches du Championnat de France de la Montagne : « J’ai bien évidemment participé à la Course de Côte de Bagnols-Sabran et du Ventoux qui sont à côté de chez moi », se souvient le natif de Carpentras qui, pour ses débuts s’engageait sur le Challenge Espoir et prenait part à une demi-douzaine de manches du Championnat de France.

Après une année à parcourir les épreuves avec sa 205, Julien Nouveau changeait de monture et portait son dévolu sur une Citroën Saxo qu’il engagera en F2000 : « J’ai poursuivi avec un programme d’épreuves régionales et quelques manches du championnat, sur un format identique. » Après une saison sabbatique en 2007, Julien faisait l’acquisition d’une Honda Civic a laquelle il restera attaché, puisque c’est toujours au volant de cette même voiture qu’il évolue aujourd’hui.

La saison 2008 sera particulièrement animée pour Julien Nouveau qui se composait un programme sur lequel figurait l’intégralité des manches du Championnat de France de la Montagne : « Cela m’a permis de terminer en tête des N2, en m’étant imposé sur une dizaine de courses dans une classe qui, à l’époque, accueillait plus de concurrents qu’aujourd’hui », se souvient-il.

En 2009, Julien créait sa propre entreprise, et le temps consacré à ses obligations professionnelles ne lui permettrons plus d’assouvir sa passion : « J’ai rangé la Honda au garage, pour la ressortir en 2010 pour un programme de sept courses sur le Championnat. Et là encore je termine la saison en tête de la classe N/2. » Dans le même temps, le Vauclusien prendra part à plusieurs épreuves régionales avec comme objectif d’accrocher son ticket pour la Finale de la Coupe de France. Sélection en poche, on le retrouvait en 2011 avec sa fidèle Honda Civic à Bournezeau à l’occasion de la finale : « Et là je suis parvenu à gagner ma classe, ce qui pour moi était une très belle satisfaction. »

En 2012, lassé par les longs déplacements que nécessite une implication sur le Championnat de France de la Montagne, Julien décidait d’axer sa saison sur des épreuves régionales : « J’ai roulé à Bouc-Bel-Air, à Sumène, Neffiès, au Pompidou, à Villecroze, des épreuves proches de chez moi. » Mais la lassitude se faisant réellement sentir, Julien décidait alors de mettre la compétition entre parenthèses : « Ma fille ainée venait de naitre, mon activité professionnelle devenait également très prenante, plusieurs éléments qui faisaient que je n’avais plus la tête à la course. »

Toutefois, Julien Nouveau n’allait pas se séparer de sa Honda Civic qui, au fil du temps prenait la poussière au fond du garage : « Et les années passant, à force de voir la voiture qui me faisait des appels du pied pour que je la remette en route, j’ai craqué. » Après une pause de près de 10 ans, Julien offrait une nouvelle jeunesse à sa Civic pour finalement se sentir prêt à affronter à nouveau les tracés des Courses de Côte : « L’envie s’est faite plus pressante courant 2020, et le confinement poussant à la réflexion, le fait que je disposais d’un peu plus de temps libre m’a incité à revenir. »

Retrouver le championnat après 10 ans d’absence
Après dix ans d’absence, même s’il avait eu par le passé l’occasion de disputer l’ensemble des manches du Championnat, Julien Nouveau ne conservait qu’un souvenir fugace des tracés qu’il avait précédemment abordés : « De ce fait, je suis reparti avant tout avec l’intention de reprendre mes marques, mais sans réellement viser de résultat », confie-t-il. « Après dix ans sans courir, même si je repartais avec une petite auto, je n’avais aucune idée d’où j’en étais d’un point de vue pilotage. J’avais l’espoir d’améliorer mes chronos de l’époque, en gardant à l’esprit que certains tracé avaient bénéficié d’évolutions et parfois ont été légèrement rallongés. »

Dans son esprit, Julien allait débuter cette saison 2021 en alignant sa Honda sur les épreuves voisines de son Vaucluse natal, à savoir, Neffiès et Bagnols-Sabran : « Je n’aurais jamais imaginé débuter la saison à La Pommeraye », reconnait-il. « Je retrouvais donc un tracé qui n’est pas le plus facile alors que je n’avais pas touché l’auto depuis 10 ans. On a commencé le week-end sous la pluie, pour moi c’était réellement chaud. Mais finalement j’ai rapidement eu l’impression d’avoir quitté la voiture il y seulement quelques mois tant tout m’est apparu comme assez naturel. Et je suis content de mon week-end car si apparemment le tracé est un poil plus long que lors de ma dernière participation en 2008, j’ai amélioré mon chrono », confie Julien qui termine quatrième du groupe N et vainqueur de sa classe. « Mais ce que je retiens avant tout de mon week-end, c’est que sur la deuxième montée de course, alors que je suis un des seuls à monter des slicks sur le mouillé, je signe le septième temps des Production et le meilleur temps du Groupe N. C’est assez enthousiasmant. »

Tout au long de la saison, Julien Nouveau allait remporter sa classe sur les épreuves du Championnat de France. Ça sera le cas à Vuillafans où il imposait sa Honda à la cinquième place du Groupe N : « Là encore la météo a été compliquée et vraiment pas idéale pour faire des choix de pneus. Je suis en dessous des chronos que je réalisais en 2008, il va donc falloir que je revienne dans le Doubs en 2022 pour améliorer tout ça. »

A Dunières, en progression tout au long du week-end, Julien Nouveau terminait l’épreuve auvergnate à la sixième place du Groupe N, vainqueur en N/2 : « Le brouillard jusqu’à 16h30 je n’avais jamais vu. Mais sinon, pour moi qui à l’époque n’appréciais pas réellement ce tracé, cette année j’ai pris un énorme plaisir. J’ai roulé beaucoup plus fluide et ce fut très plaisant. »

Le plaisir sera à nouveau au rendez-vous à Marchampt-en-Beaujolais, même si Julien reconnait que le résultat final est un peu frustrant : « Il ne me manquait pas grand-chose pour que je monte sur le podium du groupe, j’avoue que c’est un peu rageant, mais sinon quel bonheur ce tracé », estime Julien qui termine à 5 dixièmes d’une autre Honda Civic, celle de Sébastien Dupuis engagée en N/3.

« Fabuleux ! », lâche Julien lorsque l’on évoque le Mont-Dore : « Ce tracé est magnifique et si mes souvenirs sont bons on s’élance à présent de trois cents mètres plus bas qu’en 2008. Et malgré un tracé légèrement rallongé, je suis plus rapide que lors de ma dernière participation. Ça fait réellement plaisir. »

La petite Honda Civic n’allait pas être à la fête à Chamrousse où l’altitude pénalise les mécaniques : « J’ai eu un problème avec la pression atmosphérique tout au long du week-end. Sur le haut du parcours, je ne pouvais rien faire, je perds deux ou trois secondes et je ne pouvais pas remédier à ça. C’est rageant parce que j’avais énormément reconnu, mais là je ne pouvais pas vraiment lutter. »

Vainqueur de l’Open N/2
Initialement, Julien Nouveau avait prévu de terminer sa saison à Chamrousse, et se dit finalement satisfait de sa prestation : « Je termine au treizième rang du Championnat Production, premier des N/2, c’est plutôt très bien pour un retour », confie le pilote d’Orange qui remporte donc le Challenge Open N/2. « J’ai retrouvé la confiance, j’ai amélioré mes chronos, pas connu de problèmes, donc c’est pour moi très positif. »

Satisfait de sa saison, Julien Nouveau a une pensée pour ceux qui l’ont soutenu à l’occasion de son retour : « Un immense merci à ma femme Joanne qui est ma première supportrice, à mes trois filles – Andréa, Mathilde et Éloise – également supportrices de leur papa. Merci à ma sœur Laetitia, à mes parents (Didier et Nadine) et à William pour son aide. Je n’oublie pas mes partenaires, macoachperso.com et Autovision Orange. »

Julien Nouveau a pris goût au championnat, et devrait en toute logique repartir sur sept épreuves du CFM en 2022 : « Je resterai fidèle à la Honda, même si en parallèle j’ai fait l’acquisition d’un Proto JCM propulsé par un 1300 cm3 Hayabusa avec lequel je vais essayer de faire quelques épreuves régionales dans la classe CN/F1. Par la suite, on verra quel sera mon ressenti avec le Proto, et si tout fonctionne bien je ferai peut-être une manche du championnat avec cette voiture. »


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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