La saison parfaite de Marc Pernot

Après avoir partagé en 2021 une Norma 2 litres et une Formule Renault avec son frère Etienne, Marc Pernot disposait cette saison de sa propre voiture, une Tatuus Formula Master avec laquelle il a accumulé les coupes. Vainqueur du Trophée FFSA du groupe DE, il remporte également le Challenge Open DE/8 et s’impose sur la Finale de la Coupe de France de la Montagne.

Lors de la saison 2021, Marc et Etienne Pernot avaient enchainé les victoires de classe en CN/2 et en DE/7. Mais en échangeant régulièrement leur Formule Renault et leur Norma MF 20, il leur était difficile de jouer la victoire sur des challenges, alors que leurs adversaires disputaient les épreuves avec la même monture. Malgré tout, Marc parvenait à accrocher la deuxième place du Challenge Open CN/2 et par la même occasion le Trophée ’’Lionel Régal’’ qui récompense le Meilleur Jeune en Sport.

Pour la saison 2022, les frères Pernot adoptaient une approche différente : Etienne conservait la Norma 2 litres familiale, et Marc s’installait derrière le volant d’une auto qui sur le papier affichait des performances similaires, une Tatuus Formula Master : « C’est ce qui nous a incité à opter pour cette voiture », débute Marc. « Nous ne voulions pas mon frère et moi nous affronter dans la même classe, mais disposer de voitures avec lesquelles nous pourrions signer des performances très proches. Ça nous convenait à tous les deux et ça permettait à Etienne d’évoluer avec un proto et moi avec une monoplace. »

La famille Pernot faisait donc l’acquisition de la Tatuus Formula Master de Fabrice Flandy que Marc allait reconfigurer pour adapter les réglages à son style de pilotage : « J’ai voulu apporter ma touche personnelle afin d’être à mon aise. Ensuite nous avons fait une séance d’essais sur le circuit de Pouilly-en-Auxois et en l’espace d’une quinzaine de tours j’ai pu me faire une idée du comportement de la voiture », confie Marc. « Après, même si c’était convaincant, il ne fallait pas pour autant s’enflammer, les essais sur circuit ne sont jamais réellement révélateurs de ce que l’on va ensuite rencontrer en course de côte. »

Découverte de la Tatuus Formula Master
Au volant d’une nouvelle voiture, Marc Pernot estime qu’il lui était difficile en début de saison d’afficher des prétentions : « Sur le papier l’auto est performante, elle dispose de sérieux atouts, mais ensuite il y a la réalité du terrain. La théorie ne correspond pas forcément à la pratique et je ne savais donc pas où j’allais. Dans un coin de ma tête je pensais bien évidemment à tenter de décrocher le Trophée FFSA du groupe DE et terminer en tête de l’Open DE/8, mais je ne me focalisais pas non plus sur ces objectifs. Je commence à connaitre les épreuves du championnat que j’ai eu l’occasion de disputer soit avec la Formule Renault soit avec la Norma, donc j’espérais bien figurer dans le groupe, c’est dans cette optique que j’abordais les week-ends de compétition. »

Le ressenti que l’on perçoit en circuit ne sont jamais révélateurs, confiait Marc après les essais menés sur la piste de Pouilly-en-Auxois, et cela allait s’avérer flagrant à Bagnols-Sabran : « Sur la première montée d’essais je signe un chrono en 1’40’’, et là je me dis que c’était mal engagé. J’étais totalement dépité lorsque j’ai passé la ligne d’arrivée, j’avais le sentiment d’être totalement largué. Sur un tracé compliqué, avec le froid qui empêchait de chauffer correctement les gommes, c’était pour moi très compliqué. Je me demandais comment j’allais faire avec cette voiture. » Mais au fil des montées Marc parvenait à peaufiner les réglages de sa Tatuus et les chronos ne tardaient pas à s’améliorer : « Finalement, sur la dernière montée je signe le record de la classe et le week-end se termine bien mieux qu’il n’avait commencé », explique Marc qui se classe septième au scratch en s’imposant en tête de son groupe.

A l’issue de cette première confrontation dans le Gard, Marc Pernot prenait conscience qu’il devait impérativement travailler sur sa voiture pour améliorer certains réglages : « Je n’étais pas réellement à mon aise à son volant et il fallait optimiser tout ça. Dans le rapide, la voiture n’était pas stable, et je savais qu’aborder le Col Saint-Pierre en n’étant pas bien dans les portions rapides ça n’allait absolument ’’pas le faire’’. Je suis parti dans un voie différente et j’ai trouvé une auto qui me convenait vraiment. »

Marc Pernot était d’autant plus enthousiaste à l’heure de se rendre à Saint-Jean-du-Gard que le Col Saint-Pierre est selon ses dires son épreuve préférée : « Là tout s’est vraiment bien passé. J’ai pointé en tête du groupe DE tout au long du week-end et je m’impose en terminant huitième au scratch. J’étais vraiment content du comportement de la voiture au volant de laquelle j’avais pris beaucoup de plaisir. »

Malheureusement pour Marc Pernot, les bonnes sensations ressenties sur le Saint-Pierre ne seront pas au rendez-vous à Abreschviller : « Ça ne fonctionnait pas… J’ai stagné de la première montée d’essais à l’avant-dernière montée de course. J’ai progressé de deux dixièmes ce qui est très frustrant. Mais sur la dernière montée, le soleil a fait son apparition et j’améliore de plus d’une seconde. Tout s’est joué grâce aux pneumatiques, il en était de même pour Etienne. » Finalement Marc signait sur cette ultime ascension le meilleur chrono du groupe lors de ce week-end lorrain : « Mais à l’addition, Pierre (Mayeur) me devance de trois dixièmes. C’est un peu décevant, mais c’est le jeu. »

C’est à domicile, sur la Course de Côte de Vuillafans que le pilote d’Ornans ira chercher une nouvelle victoire de groupe en accrochant la septième place au scratch : « C’est un rendez-vous important parce que nous évoluons devant les amis et de nombreuses connaissances. Pour autant, le trace n’est pas celui que j’affectionne le plus. Mais même si ce n’est pas un parcours sur lequel je suis foncièrement à mon aise, j’avais à cœur de bien faire pour gommer la déconvenue de la précédente édition. » En 2021, même s’il terminait deuxième du CN/2 derrière Maxime Cotleur, Marc n’est jamais parvenu à signer des chronos à la hauteur de ses attentes. « Cette année, la piste était très bonne et je suis très content de mon week-end durant lequel tout s’est très bien passé. »

En 2021 c’est au volant de sa Norma 2 litres que Marc Pernot avait découvert le tracé de Dunières. Cette année, il retrouvait l’épreuve auvergnate qu’il abordait au volant de sa Tatuus Formula Master : « Samedi ce fut un peu compliqué sur un tracé très glissant, mais petit à petit tout s’est amélioré et au final je suis content de mon chrono, content du week-end sur lequel tout s’est bien passé » confie Marc qui repart de Haute-Loire avec une nouvelle victoire dans le groupe DE.

Le tracé de la Course de Côte de Marchampt-en-Beaujolais n’est pas celui sur lequel Marc Pernot se sent le plus à son aise. Mais le Doubien allait connaitre une nouvelle fois un excellent week-end : « Sur une piste qui bénéficiait d’un revêtement neuf les conditions étaient idéales pour aller chercher un nouveau record. Je suis parvenu à améliorer le record du groupe, le comportement de l’auto était top, donc j’en garde un très bons souvenir » commente le vainqueur du groupe DE dans le Beaujolais.

Si le Col Saint-Pierre est l’épreuve préférée de Marc Pernot, le Mont-Dore reste légendaire et se présente chaque année comme un rendez-vous attendu : « Comme le Saint-Pierre, c’est une course extraordinaire. J’ai signé un bon chrono sur une piste qui cette année n’était pas génialissime. Là encore la Tatuus s’est parfaitement comportée et je repars avec une nouvelle victoire de groupe », se réjouit le Franc-Comtois qui termine huitième au scratch.

Il est rare qu’une saison se passe sans encombre. Le sport automobile a cette particularité que l’on dépend du bon vouloir de la mécanique. Et à Chamrousse, la boîte de vitesse de la Tatuus Formula Master allait donner des soucis à Marc : « Je n’ai pu prendre part qu’à la première montée de course avant d’avoir des problèmes de boîte à l’approche de la seconde. Malheureusement, avec l’annulation de la dernière montée, je n’ai pas pu être classé. »

La journée d’essais de la Course de Côte de Turckheim fut un peu compliquée pour les frères Pernot : « Parce qu’on a pris une énorme averse au moment de nous élancer. Dimanche, on manquait un peu de repère sur le sec, et il nous a fallu une ou deux montée pour nous remettre dedans. Mais au final ça se passe bien, alors que j’abordais l’épreuve sans prendre trop de risque sachant que la voiture était presque vendue. » Sur un tracé alsacien qu’il adore, Marc s’imposait à nouveau en tête du groupe DE.

C’est avec comme seule prétention de bien terminer la saison que Marc Pernot se rendait à Limonest. Il n’imaginait pas au départ de cette ultime confrontation du championnat 2022 qu’elle allait lui offrir une belle consécration : « J’abordais cette épreuve sans pression, avec juste l’envie de bien faire. Et dimanche, à l’issue de la deuxième montée de course, je me retrouve troisième derrière Raul Ferré. Finalement, sur la montée suivante je parviens à le devancer, mais Cindy (Gudet) me passe devant. » A l’heure de faire les comptes, Marc conservait sa troisième place, à une seconde de Cindy Gudet, et pour la première fois de sa jeune carrière il accédait à un podium d’une manche du Championnat de France de la Montagne : « C’est une belle satisfaction pour conclure la saison avec un week-end durant lequel tout a parfaitement fonctionné. »

La saison des frères Pernot allait se conclure de la plus belle des manières, par un doublé sur la Finale de la Coupe de France de la Montagne. Marc remportait en effet cette éditions des Sarmentelles Beaujolaises devant son frère Etienne : « Samedi, je signe le meilleur chrono sur la première montée d’essais », commente Marc. « Par la suite, la pluie a fait son apparition et je n’avais jamais eu l’occasion de rouler dans ces conditions avec ma voiture. Dimanche, la pluie était encore présente et je savais qu’Etienne serait plus rapide que moi. Avec l’amélioration des conditions climatiques sur la deuxième montée, je me suis installé à la deuxième place derrière Etienne. Et sur la troisième montée, courue sur route sèche, je signe le meilleur chrono synonyme de victoire. » Marc devance alors son ainé ce qui permet aux deux frères de réaliser un doublé, chose jamais vu jusqu’alors sur une Finale de la Coupe de France de la Montagne.

Trophée DE, Open DE/8 et Finale de la Coupe
Vainqueur sur la Finale la Coupe de France de la Montagne, Marc Pernot s’impose également sur le Challenge Open DE/8 et remporte le Trophée FFSA du groupe en se classant sixième du Championnat de France de la Montagne : « C’est la saison parfaite, il n’y a que du positif. Je n’aurais imaginé remporter autant de trophées cette année, tout est vraiment allé dans le bon sens, tant pour Etienne que pour moi. On n’est pas sûr de faire chaque année le même genre de saison, donc on savoure pleinement ce qui nous arrive. »

Chez les Pernot, on savoure et on partage… On partage avec ceux qui furent durant cette saison des soutiens de poids : « Merci à ma famille et mes proches qui nous suivent en permanence. Merci à Motul, LONI, AJP transaction, Saône Diffusion, DB Peinture, AXA Ornans, Transport Achat, l'atelier de Coiffure et la Ville de Ornans qui nous soutiennent depuis quelques temps. »

La Tatuus Formula Master avec laquelle s’est illustré cette saison Marc Pernot est vendue. Le Doubien sera donc au volant d’une nouvelle monture en 2023 : « J’ai comme projet de monter une Nova-Proto pour rouler en E2-SC/3. Pour l’heure il faut finaliser ce projet avec le souhait d’être au départ de Bagnols-Sabran en début de saison prochaine. Pour ce qui est du calendrier sportif, il sera évolutif en fonction des résultats enregistrés en début de saison. Mais il est hors de question de bruler les étapes, nous allons aborder la progression pas à pas en gardant à l’esprit que je vais découvrir quelque chose de totalement nouveau. »

 

Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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