
Avant de raccrocher casque et gants, Bruno Blanchard avait décidé pour la saison 2025 de participer pour la première fois au Championnat de France de la Montagne. Une première et dernière campagne de France qui lui laissera de fabuleux souvenirs.
Bruno Blanchard sortait tout juste de l’adolescence quand en 1985 il assistait pour la première fois, sur les spéciales du Rallye de Monte-Carlo, aux combats épiques que se livraient les Peugeot 205 Turbo 16 d’Ari Vatanen, Timo Salonen et Bruno Saby face aux Audi Quattro Sport de Walter Röhrl et Stig Blomqvist, le tout arbitré par les Lancia 037 d’Henri Toivonen et Miki Biason. Voitures d’exception pilotées par des pilotes à l’immense talent, Bruno ne pouvait être que subjugué par le spectacle qui lui était offert.
Dans son département natal de la Loire avait également lieu le Rallye Baldomérien, qui donnait lieu là encore à de belles empoignades entre pilotes du cru. Bruno Blanchard ne manquait pas d’assister en spectateur à ses confrontations qui ne pouvaient que faire croitre sa passion pour le sport automobile. L’idée de courir germait dans son esprit, une idée largement contrariée par son entourage qui ne comprenait pas cet attrait pour la compétition automobile.
Mais Bruno faisait fi des remarques et, en 1990, alors âgé de 22 ans, il alignait une Ford Escort RS2000 sur ses premières courses de côte. Fidèle à ses premières amours, le Ligérien roulera durant trois décennies avec différentes Ford Escort RS2000 en se partageant entre courses de côte et rallyes : « J’ai eu quatre Escort différentes, et lorsque je changeais de modèle j’en profitais pour apporter des évolutions », précise Bruno en guise de préambule. « Avec ces voitures j’ai avant tout évolué en courses de côte », précise Bruno qui alignait ses Escort sur des épreuves régionales, ne manquant pas d’affronter également quelques tracés de manches du Championnat de France de la Montagne : « La première fut Dunières, la plus proche de la maison, course mythique à mes yeux. J’ai enchainé plusieurs participations à cette épreuve ainsi qu’à la Course de Côte de Limonest. » En 2015 on retrouvera également Bruno au départ de Chamrousse, en 2018 du Mont-Dore avant qu’en 2019 il n’étoffe son programme avec plusieurs épreuves du CFM.
Animateur du groupe F durant près de trente ans, Bruno Blanchard décidait par la suite de changer de voiture et de se tourner vers le groupe CM : « J’ai fait l’acquisition du BRC B49 en 2022 avec l’envie de découvrir autre chose, dans une classe concurrentielle où nous étions nombreux. » Là encore Bruno se partageait entre épreuves régionales et manches du Championnat de France de la Montagne.
Ses participations aux courses du championnat permettaient à Bruno Blanchard de faire de nombreuses rencontres, avec des pilotes venus des quatre coins de France : « Je trouvais ça très sympa de pouvoir échanger notamment avec des pilotes de l’Ouest. Je me suis dit qu’ils faisaient l’effort de venir chez nous et qu’il serait bien à mon tour d’aller chez eux. En m’engageant au championnat, je savais que j’allais faire les courses auxquelles je n’avais jamais participé, et mon engagement m’obligeait à me motiver pour les longs déplacements que ces participations nécessitaient. »
Une participation au CFM pour une ultime saison
Face à une concurrence relevée et de jeunes pilotes valeureux, Bruno Blanchard n’avait pas la prétention de jouer les premiers rôles au sein du Challenge Open CM : « L’objectif était de faire le championnat sans commettre d’erreur, d’être à l’arrivée de toutes les épreuves, et de prendre un maximum de plaisir tant sur les tracés qu’en découvrant de magnifiques régions. Et puis j’avais décidé en début de saison de mettre un terme à ma carrière sportive, et je trouvais que c’était un sympathique baroud d’honneur que de participer au championnat au moins un fois avant de raccrocher le casque et les gants. C’était également une manière de remercier tous ceux qui m’ont apporté aide et soutien. »
La saison de Bruno Blanchard débutait sur une épreuve qu’il avait déjà eu l’occasion d’affronter, la Course de Côte de Bagnols-Sabran : « Ce fut difficile, avec le BRC ça commence à aller vite et j’avoue que j’ai eu du mal à trouver le rythme. Mais pour le reste mon week-end s’est bien passé. » Le Ligérien avait déjà eu l’occasion de se confronter au complexe tracé du Col Saint-Pierre, mais cette année l’épreuve cévenole ajoutait une difficulté supplémentaire avec une journée de dimanche particulièrement pluvieuse : « C’est une magnifique course et samedi nous avons pu pleinement en profiter sous le soleil. Dimanche fut nettement plus compliqué, et je trouve intelligente la décision de neutraliser la course alors que les conditions devenaient dangereuses. »

Pour poursuivre sa saison Bruno Blanchard partait à la découverte de la Course de Côte d’Abreschviller sur laquelle il n’était jamais venu. Mais son week-end Mosellan n’allait pas être synonyme de réussite : « C’est un tracé rapide mais sympa et j’ai bien aimé l’accueil qui m’a été fait. Malheureusement j’ai connu un souci moteur et j’ai préféré arrêter avant le terme. » Bruno signifiait alors qu’il ne serait pas au départ de la dernière montée, mais ne savait pas qu’il se devait de rester en parc fermé jusqu’à la fin du meeting. Son départ avant la fin du temps imparti signifiait sa mise hors course : « C’est une erreur de ma part, rien de très grave finalement, je regrette juste de ne pas figurer au classement final. »
La Course de Côte de La Pommeraye sera également pour Bruno une découverte. Une découverte difficile puisqu’il partait à la faute sur la première montée d’essais : « Cela m’a permis de voir qu’il y avait une énorme solidarité dans cet univers du CFM. J’ai cassé mon capot et ma lame avant. Un jeune qui était là a emmené le capot chez lui pour le réparer, on nous a également aidé à refaire une lame, vraiment un grand merci à tous ceux qui m’ont aidé. J’ai été touché de voir que les acteurs majeurs de la discipline m’apportaient également leur soutien. Marc Pernot m’a prêté une valise avec de la fibre et de la résine, chez Maxime Dojat on m’a donné des attaches capots, Chez Fabien Bourgeon on m’a ressoudé le crochet de remorquage, franchement ce fut un moment fort », confie Bruno qui pouvait se relancer sur la journée de dimanche.
« Si un jour je dois refaire une course, ça sera Saint Gouëno », confie Bruno qui a particulièrement apprécié le rendez-vous Breton : « L’ambiance est géniale, l’accueil fabuleux et le tracé hyper intéressant avec des portions très rapides, d’autres techniques. A tous les niveaux j’ai passé un superbe week-end. »
Après la découverte des épreuves de l’Ouest, Bruno Blanchard retrouvait à Marchampt un tracé qu’il avait déjà eu l’occasion d’affronter : « C’est pas ma course préférée. L’organisation est au top, le village magnifique, mais le tracé ne me convient pas. C’est trop rapide, et je ne m’y suis pas senti super à mon aise. » La Course de Côte de Vuillafans propose un tracé qui peut modérer les ardeurs de certains pilotes, mais Bruno Blanchard avoue s’être fait plaisir sur l’épreuve Franc-Comtoise : « Je connaissais et j’ai vraiment bien aimé. Là encore l’organisation est vraiment au top et je me suis fait plaisir », reconnait Bruno qui ne prenait pas toutefois part à la dernière montée à cause d’une défaillance sur un capteur d’allumage.
Le Ligérien retrouvait à Dunières un tracé qu’il affectionne et sur lequel il se sent à la maison : « J’adore Dunières… Je sais que beaucoup de pilotes se plaignent d’un manque d’adhérence, mais en ce qui me concerne ça ne me dérange pas. C’est mon épreuve, celle sur laquelle j’ai disputé ma première manche du championnat il y a trente-cinq ans, et j’y retourne toujours avec autant de plaisir. »

Entre les deux manches auvergnates du CFM – Dunières et le Mont-Dore – Bruno Blanchard se rendait à Cacharat : « Avec les cinq épingles du départ c’est une course qui reste quelque chose de spécifique et d’appréciée par un grand nombre de pilotes. C’est un rendez-vous que je ne veux pas manquer, et d’autant plus cette année où je voulais exprimer mon soutien à Marc et Christelle (Habouzit) suite au drame qu’ils avaient connu le week-end précédent sur le Rallye de la Fourme. »
Sa participation au Mont-Dore laissera à Bruno d’excellents souvenirs : « C’est une course toujours difficile, notamment lorsqu’il pleut. Mais quand il fait beau comme cette année c’est juste magnifique, on évolue dans un cadre exceptionnel », commente le Ligérien : « Même si c’est toujours compliqué de se rendre jusqu’au Mont-Dore pour les vérifications, j’ai beaucoup aimé l’ambiance qui régnaient durant ces vérifs, et les nombreux spectateurs qui peuvent admirer les voitures. »
Le week-end suivant, Bruno Blanchard retrouvait une épreuve chère à Christelle et Marc Habouzit, la Course de Côte de Laussonne : « Ils proposent énormément de choses à côté de la course, ils disposent d’une excellente organisation et accueillent plus de 130 concurrents. C’est un rendez-vous à ne pas manquer. Samedi, on arrive à faire six ou sept montées d’essais sur un tracé qui est fabuleux et on passe un week-end réellement convivial. »
Durant ses trente-cinq ans de compétition, Bruno Blanchard n’avait jamais eu l’occasion de se rendre à Turckheim. Il découvrait donc en 2025 l’épreuve alsacienne : « C’est à mon sens une des plus belles courses du championnat. Elle est pour moi difficile à apprendre, mais je ne m’en suis pas trop mal sorti », estime Bruno. « Là encore j’ai bénéficié de la solidarité de jeunes pilotes qui m’ont permis de bien reconnaitre. J’étais également content de venir chez la famille Bick, dont le père Maurice et son fils Maxime animent le championnat VHC depuis de nombreuses saisons. La région de Colmar est vraiment sympa et j’ai passé un excellent week-end. »
A Limonest Bruno Blanchard retrouvait un tracé qu’il apprécie. Et même si cette année les conditions météorologiques n’allaient pas faciliter les prestations des pilotes, le Ligérien reconnait avoir vécu un très bon week-end : « Je me suis fait plaisir, sans prendre le moindre risque pour ma toute dernière course. Je voulais avant tout rejoindre l’arrivée. »
Un magnifique baroud d’honneur
« J’ai vécu une année exceptionnelle », lâche Bruno à l’heure de faire le bilan de sa toute première participation au championnat. « J’ai découvert de belles courses, nous avons fait de très belles rencontres. Le fait de participer au championnat vous permet d’être reconnu sur toutes les épreuves, et ça offre des moments de convivialité exceptionnels. J’ai adoré l’organisation tant des épreuves que du championnat. »

Impossible pour Bruno Blanchard de remercier tous ceux qui, en trente-cinq ans de carrière sportive, lui sont venus en aide. Mais le Ligérien veut avoir une pensée pour ses soutiens de la saison 2025 : « Un immense merci à tous les organisateurs qui font un excellent travail. Durant 18 ans j’ai participé à l’organisation d’un rallye et je sais que ce n’est pas chose facile. Merci également aux commissaires pour leur implication dans des conditions parfois difficiles. Merci également à mes deux Bernard, mes mécanos, qui me suivent depuis trente-cinq ans et sans eux je n’aurais jamais pu faire autant de chose. Je n’oublie pas ma compagne Marie-Pierre qui était à mes côtés durant cette saison, mon fils Antoine qui m’a beaucoup aidé sur la carrosserie de la voiture, et l’ensemble de mes partenaires pour leur précieux soutiens. »
La saison 2025 se présentait comme la dernière de Bruno Blanchard qui avait décidé avant de prendre part à cette campagne de France de mettre un terme à sa carrière sportive : « Je suis ravi d’arrêter sur une bonne note, en ayant pu aller au bout de ce que je voulais faire. Je ne voulais pas faire la saison de trop, et terminer sur une participation au championnat c’est pour moi une parfaite conclusion dont je suis assez fier », confie Bruno Blanchard que l’on ne manquera pas de retrouver en spectateurs sur les manches du CFM.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
Retrouvez toutes les infos, bilan et portrait de Bruno Blanchard.