
En ne disposant que d’un seul train de pneus typés rallye pour disputer sa saison, Jean-Marie Brisard a dû limiter ses participations. Il parvient toutefois à signer plusieurs succès de classe et à prendre toujours autant de plaisir au volant de sa Peugeot 306 Maxi.
De ses jeunes années, Jean-Marie Brisard conserve le souvenir de son enfance dans le village de Gray en Haute-Saône où résidaient sa famille mais également la famille Lasselin avec qui étaient noués des liens d’amitiés. Une famille connue avant tout grâce à Pierre Lasselin qui fut le fondateur de la marque Christine Laure. Une marque que les passionnés de sport automobile ont eu à maintes reprises l’occasion de voir figurer sur de nombreuses voitures de course. Les discussions entre les deux familles tournaient très souvent autour de la compétition, ce qui allait donner à Jean-Marie l’envie d’en savoir plus sur cet univers apparemment fascinant.
En 1976, tout juste âge de 21 ans, Jean-Marie Brisard s’alignait sur ses premières courses de côte au volant d’une MEP X27, une monoplace propulsée par un moteur Citroën. Rapidement, accompagné de son frère cadet Sébastien, Jean-Marie se tournera vers le karting pour animer durant les années 80 et 90 de nombreuses épreuves.
Mais en 1990 le Haut-Saônois décidait de faire également quelques apparitions en côte au volant d’une Formule 2, une Chevron B48 qui sera par la suite remplacée par une March 762. Au volant de cette F2, Jean-Marie, suivi de son frère Sébastien, s’impliquait alors en circuit. L’opportunité pour eux d’évoluer en historique sur les plus prestigieux tracés européens. Une vingtaine de saisons de circuit permettra à Jean-Marie Brisard de se constituer un honorable palmarès. Il décidait alors de faire l’acquisition d’une Porsche GT3 RS pour participer à des Tracks Days. En 2014 il devra traverser une période difficile avec la disparition de son épouse. L’envie de piloter des autos prestigieuses n’était plus alors pour lui d’actualité.
Mais l’insistance de Sébastien, son cadet, allait le motiver à reprendre une licence en 2020 pour venir animer le Championnat de France de la Montagne VHC. Au volant d’une Alpine A110 il terminait deuxième du Challenge VHC groupe 4 avant de remporter ce même challenge à l’issue de la saison 2022, et de se hisser une nouvelle fois sur le podium en 2023 en accrochant la troisième place.
L’envie de découvrir autre chose et un coup de cœur pour une Peugeot 306 Maxi encourageait Jean-Marie Brisard à s’engager en 2024 sur le Championnat Moderne en alignant une ''Lionne'' qui reprenait les couleurs avec lesquelles Gilles Panizzi et François Delecour avaient fait briller la 306 sur de très nombreux rallyes. 2024 sera pour le Franc-Comtois une saison d’apprentissage de sa Peugeot 306 Maxi. Il avouait alors avoir pris un malin plaisir au volant de cette auto évoluant dans le Challenge Open A/3.
Programme limité par manque de pneus
La première expérience concluant en appelait une nouvelle et c’est donc au volant de sa Peugeot 306 Maxi que Jean-Marie Brisard s’élançait en 2025 pour une nouvelle campagne de France : « C’est une auto que j’adore, qui offre de belles sensations et qui me convient parfaitement, même si je n’ose pas la pousser dans ses derniers retranchements par peur de l’endommager », débute Jean-Marie.

N’ayant connu aucun problème durant la saison 2024, Jean-Marie repartait en 2025 avec une auto présentant une configuration identique, sans l’apport de réelles modifications. Côté prétentions, elles se limitaient au manque cruel de pneumatiques : « Jusqu’à présent, la dimension des pneumatiques qui chaussent la 306 n’existe que pour le rallye. On ne trouve pas de pneumatiques typés courses de côte. Ce qui est bien évidemment pénalisant », analyse le Haut-Saônois. « Je n’avais en tout et pour tout pour cette saison 2025 qu’un seul train de pneus, il m’était donc difficile de rivaliser avec des adversaires qui avaient la possibilité d’utiliser des gommes neuves. J’avais fait une demande auprès de la FFSA pour pouvoir utiliser des pneus légèrement plus larges que ceux stipulés par la réglementation, mais ma demande n’a pas été acceptée. »
C’est sur la Course de Côte de Lugny, en Saône-et-Loire, que Jean-Marie Brisard débutait sa saison : « Le week-end s’est très bien passé. Je termine troisième de ma classe et je n’ai pas rencontré le moindre problème, de quoi être pleinement satisfait. »
La campagne de France de Jean-Marie sur le championnat débutait à Bagnols-Sabran où il accrochait la cinquième place du A/3 : « J’avoue que j’étais un peu déçu, j’espérais mieux. C’est le genre de tracé qui normalement convient bien à la 306 mais j’ai eu du mal à me mettre dedans », reconnait-il. Après un passage sur la Course de Côté d’Irancy où il viendra chercher une victoire de classe, Jean-Marie Brisard retrouvait les animateurs du championnat à Abreschviller : « Sur ce tracé rapide je commençais à bien ressentir l’auto. J’aime bien cette épreuve, la 306 Maxi est plutôt à son affaire sur le rapide et j’ai pu pleinement m’exprimer », considère le Haut-Saônois qui termine deuxième de sa classe derrière la Clio de Romain Lanthermann.
Si la Peugeot 306 Maxi peut tirer son épingle du jeu sur les tracés rapides, Jean-Marie Brisard allait profiter de celui de Marchampt pour se mettre en valeur. C’est lui en effet qui s’impose en tête de la classe A/3 dans le Beaujolais : « Il y a plusieurs portions où on peut faire parler les chevaux, et c’est à mon avantage. Je suis content, c’est toujours très plaisant de parvenir à s’imposer, c’est ce que j’espérais faire en début de saison. »

L’approche du tracé sinueux de Dunières sera plus compliquée pour le Franc-Comtois : « Je n’avais jamais eu l’occasion d’aborder cette épreuve, c’était une totale découverte. La météo ne nous a pas aidé avec des alternances de pluie et d’apparitions du soleil qui séchait la route. Le tracé n’est pas facile à cerner avec une adhérence qui est parfois précaire. Je termine cinquième et j’avoue que je suis un peu déçu. »
Par la suite Jean-Marie Brisard sera au départ de la Course de Côte Régionale du Mont de Fourche : « Je rentrais dans la période où les pneumatiques étaient en fin de vie. Difficile de pouvoir vraiment réaliser de bonnes performances dans ces conditions », reconnait-il. « Je termine cinquième et j’estime que je pouvais prétendre à mieux. Mais je n’ai pas voulu racheter un train de pneus rallyes, seuls disponibles pour ma voiture, alors que l’on s’approchait du terme de la saison. »
Une saison qui se conclura à Turckheim pour le Haut-Saônois qui sur l’épreuve alsacienne place sa Peugeot 306 Maxi à la cinquième place de sa classe : « Nous étions une douzaine de concurrents dans cette classe et finalement terminer cinquième ce n’est pas trop mal, surtout avec des pneus qui n’étaient plus en mesure de m’offrir des possibilités de jouer devant. Mais finalement je me suis fait plaisir, ce qui est avant tout l’essentiel. »
La chance d’évoluer au volant d’une auto d’exception
Même si en manque de pneus Jean-Marie Brisard n’a pas pu défendre ses chances comme il l’espérait, il reconnait avoir connu une saison qu’il qualifie de correcte : « Je n’ai pas fait d’exploit, il m’était d’ailleurs impossible d’en faire en n’ayant pas de pneu. Mais je me suis fait plaisir, j’ai signé de bons chronos. Je sais que je dispose d’une auto qui doit me permettre d’être devant, après c’est également à moi de progresser pour réellement la cerner. Mais ce que je retiens avant tout c’est que j’ai la chance d’évoluer au volant d’une très belle auto qui m’offre énormément de plaisir. »

Le plaisir étant un moteur toujours appréciable, Jean-Marie veut le partager avec ceux qui l’ont accompagné : « Avant tout je veux remercier l’ensemble des organisateurs parce que nous avons été toujours très bien reçus. Un immense merci à mon préparateur, Jean-Philippe Graby du FG Racing qui m’apporte un énorme soutien. Merci également à tous les pilotes avec qui nous partageons de très bons moments, à mon frère Sébastien et à ma belle-sœur Mylène, nous gardons toujours à l’esprit que la course reste pour nous une histoire familiale. »
Il y a de fortes chances que l’on retrouve cette année Jean-Marie Brisard sur plusieurs manches du Championnat de France de la Montagne, notamment celles qui se situent près de sa Franche-Comté natale : « Mais je ne vais pas me réinscrire au Challenge Open parce que je ne ferai pas suffisamment d’épreuves », explique-t-il. « Je vais concentrer ma saison sur les épreuves régionales de la Ligue Bourgogne – Franche Comté en vue d’obtenir ma qualification pour la Finale de la Coupe de France de la Montagne. Je ne me suis jamais qualifié pour cette finale et c’est une chose qui me tient à cœur », poursuit Jean-Marie. « Normalement cette année je devrais disposer de pneumatiques Avon conçus pour la course de côte, ce qui devrait faire la différence par rapport aux pneus rallyes que j’utilisais jusqu’à présent », conclut Jean-Marie dont la Peugeot 306 Maxi aura une nouvelle fois les faveurs de nombreux passionnés
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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