Expérience, succès et parfaite ambiance

Après une saison 2024 prématurément arrêtée, Kevin Dauga se relançait en 2025 avec comme seul but d’acquérir de l’expérience. Le Varois atteindra ses objectifs et connaitra les joies de la victoire sur une campagne qui fut pour lui une totale réussite.

C’est en spectateur, en suivant des parents passionnés, que Kevin Dauga découvrait enfant le sport automobile sur les spéciales des nombreux rallyes que compte son Var natal et les départements voisins. Une passion naissait, qu’il assouvissait rapidement derrière le volant en prenant part à des compétitions de karting. Mais face à l’inflation des budgets nécessaires pour s’adonner avec assiduité au karting, Kevin délaissait à contre cœur cette discipline pour se tourner vers le football.

Footballeur talentueux, Kevin aurait pu envisager de faire carrière dans l’univers du ballon rond, mais il préférait privilégier ses études. La passion qui l’animait enfant ne l’ayant pas quitté, à l’âge de 25 ans il retrouvait les circuits de kart. L’aventure durera un temps avant que le jeune azuréen ne décide d’évoluer vers le sport automobile. Il portait alors son choix sur une Formule Renault et décidait de plonger immédiatement dans le grand bain en s’engageant sur le Championnat de France de la Montagne.

Pour sa toute première campagne de France, en 2024, Kevin Dauga disposait d’un calendrier limité par un budget restreint. Malheureusement une sortie de route sur le Mont-Dore mettra un terme prématuré à sa saison, à l’issue de laquelle il dégageait un bilan toutefois positif, ne serait-ce que parce que son implication sur le Challenge Open DE/7 lui avait permis d’acquérir une réelle expérience et d’avoir tissé des liens avec les animateurs du championnat.

C’est avec l’envie d’accroitre son nombre de participations aux manches du Championnat de France de la Montagne que Kevin Dauga relançait sa Tatuus Formule Renault 2014 sur le Challenge Open DE/7 pour une saison 2026 nettement plus étoffée : « L’objectif était de prendre part à un maximum d’épreuves, de continuer à engranger de l’expérience et de voir où je me situais dans la catégorie », confie Kevin. « J’avais fait trop peu de courses l’année précédente pour songer à changer de voiture, il me paraissait logique de poursuivre en Formule Renault pour vraiment comprendre quel était mon niveau. »

Durant l’intersaison la monoplace de Kevin bénéficiait d’une révision complète : « Après la sortie de route du Mont-Dore on se devait de revoir l’intégralité des réglages à l’issue du remontage. J’ai ensuite programmé plusieurs sessions d’essais sur le circuit du Luc pour m’assurer que tout fonctionnait parfaitement. »

Avant tout, acquérir de l’expérience
Avoir un statut de Doyen à 31 ans est chose plutôt rare. C’est pourtant ce que devait assumer cette année Kevin Dauga qui fêtait ses 32 ans durant l’été 2025, et qui était cette saison le plus âgé des huit pilotes engagés sur le Challenge Open DE/7. Face à de jeunes talents en quête de consécrations, le Varois savait qu’il se verrait proposer une forte concurrence : « Ce n’était pas une réelle préoccupation, mon souhait était vraiment de terminer mon programme initial dans son entièreté, sans fausse note, sans prendre de gros risques. Le résultat final n’avait pas énormément d’importance, même si j’espérais être en mesure de défier mes adversaires, mais je n'avais aucune prétention quant à une place finale. »

La saison de Kevin Dauga débutait sur la Course de Côte de Bagnols-Sabran, manche d’ouverture de la saison. Sur le tracé gardois le Varois reconnait qu’il lui fut difficile d’être à son aise : « C’était compliqué de se relancer en ayant encore à l’esprit ma sortie de route du Mont-Dore. Ce n’est pas évident à évacuer et on ne peut pas dire qu’un tracé aussi délicat que celui de Sabran nous aide », analyse Kevin. « Sur les premières montées d’essais j’ai fait preuve d’énormément de prudence et par la suite j’avais du mal à améliorer parce que je me suis rendu compte que la voiture était très joueuse, que les réglages n’étaient absolument pas bons, ce qui n’arrange rien pour retrouver de la confiance. »

La semaine qui séparait Bagnols-Sabran du Col Saint-Pierre ne laissait pas à Kevin Dauga le temps de revoir les réglages de sa monoplace. C’est donc avec un set-up qui ne lui convenait pas qu’il se trouvait dans l’obligation d’affronter le tracé cévenol sur lequel la pluie viendra jouer les perturbatrices : « Je n’avais personne vers chez moi qui pouvait régler correctement ma voiture. J’ai tenté d’apporter quelques améliorations mais ça ne s’est pas réellement ressenti sur le comportement de la voiture. » A Saint-Jean-du-Gard, Kevin sollicitait alors l’expérimenté Stéphane Krafft pour tenter de solutionner son problème : « Il a compris que j’avais une voiture totalement à l’envers et il a essayé de jouer sur la détente des amortisseurs et sur quelques réglages, mais ça n’a pas suffit à me mettre en confiance », reconnait Kevin qui parvenait malgré tout à accrocher la quatrième place de sa classe.

A l’issue du Col Saint-Pierre la Tatuus Formule Renault était confiée aux mains expertes de Roger Peracchia qui durant la semaine s’attelait à revoir l’ensemble des réglages : « Il est venu par la suite avec moi pour une séance sur circuit qui s’est particulièrement bien passée. Et ensuite je me suis rendu sur la Course de Côte Régionale d’Istres où j’ai découvert une nouvelle voiture. » En confiance, assuré de disposer de bons réglages, Kevin allait se mettre en valeur sur cette épreuve où il terminait à la septième place au scratch, troisième du groupe DE et vainqueur de sa classe : « C’était ma première participation à cette épreuve et ce fut un vrai bonheur de pouvoir rouler en ayant d’excellentes sensations. »

La bonne tenue de la Formule Renault se confirmait sur la Course de Côte de Puget Ville où Kevin viendra chercher la deuxième place au scratch derrière le Speed Car d’Anthony Hauf : « Je termine à seulement trois dixièmes d’Anthony, à rien de pouvoir signer une victoire scratch, ce qui auparavant n’était absolument pas envisageable. J’étais vraiment en confiance avec un parfait ressenti qui me permettait de me lâcher. »

Avant de retrouver le championnat, Kevin Dauga engageait sa Formule Renault sur une manche de la 2ème Division, la Course de Côte de Quillan, où sur les deux épreuves inscrites au programme du week-end, il se positionnait par deux fois à la deuxième place du DE/7 derrière Julien Bouche : « Je découvrais cette épreuve qui est vraiment top. Le programme permet de rouler énormément durant le week-end, sur un tracé rapide, un véritable billard qui offre de belles sensations, le tout géré par une excellente organisation. Une épreuve qui mériterait de figurer au calendrier de la 1ère Division », estime Kevin.

C’est sur la Course de Côte de Marchampt que Kevin retrouvait les animateurs du Championnat de France de la Montagne. Un tracé rapide qui laissera de bons souvenirs à Kevin, « même si j’ai eu du mal à rentrer dans le rythme. C’est une course très rapide avec des enchainements et des virages à l’aveugle et j’ai eu du mal à me mettre dedans. Et même si la voiture répondait parfaitement à mes attentes, il était hors de question que je prenne le moindre risque », explique Kevin que l’on retrouvait au sixième rang de sa classe.

La campagne de France de Kevin Dauga se poursuivait à Dunières où il se positionnait au final dans le sillage de Romain Pezot, Julien Bouche et Flavien Rognon : « J’avais des bases de chronos de la dernière édition et j’améliore mes temps de près de deux secondes, ce qui sur un tracé de deux kilomètres est plutôt sympa. Ce fut pour moi une totale réussite et j’ai passé un excellent week-end, particulièrement positif. »

Difficile de retrouver un tracé aussi exigeant que le Mont-Dore lorsque lors de la précédente édition on a été victime d’une sortie de route sur les pentes du Col de la Croix Saint-Robert : « Pour être honnête j’avais hésité à inscrite le Mont-Dore à mon calendrier », confie Kevin. « J’avais une énorme appréhension mais il me fallait exorciser ce mauvais souvenir, j’ai donc décidé d’être au départ. » L’idée de Kevin était d’aborder cette course en adoptant un rythme crescendo : « Je voulais avant tout retrouver confiance dans le tracé et par la suite pouvoir me lâcher. Finalement si ce fut compliqué lors des essais, ça s’est plutôt très bien passé sur les montées de course et je suis content d’avoir pris part à cette épreuve. Le bilan est positif même si je sais que j’aurais pu mieux faire. Mais l’essentiel était d’être à l’arrivée et de retrouver de la confiance. C’est chose faite. »

La Course de Côte de Turckheim sera en cette année 2025 une découverte pour Kevin Dauga et le rendez-vous alsacien lui laissera d’excellents souvenirs : « C’est un tracé compliqué à aborder. J’avais pris des jours de congés pour pouvoir préparer au mieux cette course en me rendant sur place dès le mardi. Depuis le Var j’ai une journée de route, donc j’ai pu vraiment m’installer le mercredi et débuter les reconnaissances », explique le Varois. « J’ai reconnu avec Romain (Pezot) et j’ai pu constater que c’est un tracé très rapide sur lequel on prend des vitesses de pointe impressionnantes. Mais j’ai pris un plaisir fou sur cette épreuve qui propose un magnifique tracé dans un environnement fabuleux. J’ai adoré tant la course que ce coin d’Alsace. »

Kevin Dauga ne pouvait rêver de mieux pour terminer la saison. A Limonest, sous la pluie, c’est lui qui sortait vainqueur de la confrontation dans la classe DE/7 : « C’était inespéré… Si en début de week-end on m’avait dit que j’allais m’imposer sur la dernière manche de la saison je ne l’aurais pas cru. Les conditions étaient particulières, sur un tracé atypique. J’avais le chance de bénéficier du soutien de Michael Rozand qui était à mes côtés durant ce week-end pour m’apporter son aide lors des assistances, et il m’a vraiment bien donné la main », commente Kevin qui avoue toutefois que la découverte du tracé rhodanien fut assez laborieuse.

Malgré tout, Kevin se permettra un pari osé mais gagnant : « Au moment de se préparer pour la seconde montée de course, la pluie a fait son apparition. J’avais déjà chaussé des pneus pluie, mais au dernier moment j’ai demandé à l’assistance de finalement monter des slicks. Ce fut le bon choix puisque je termine une seconde cinq devant Stéphane Maréchal. De ce fait les cartes étaient rebattues pour aborder l’ultime ascension. En prégrille nous n’avons pas manqué de nous chauffer amicalement Stéphane et moi, histoire de nous motiver, c’était plutôt très sympa. » Lors de la montée, un petit crachin fera son apparition, mais Kevin parvenait à rejoindre l’arrivée sans encombre : « Et là je me rends compte que mon chrono est très correct. J’attendais Stéphane pour voir ce qu’il faisait. Mais je ne le vois pas arriver et Antonin (Saintmard) me confirme qu’il venait de sortir… C’est moi qui l’emportais, mais j’avais un sentiment partagé parce que j’aurais voulu que Stéphane soit au bout, c’est toujours rageant de voir un de ses adversaires sortir. C’est comme ça, j’avais de la peine pour Stéphane à qui j’ai dit ; ''Désolé ! ''. Il m’a répondu : ''Tu n’as pas à être désolé, c’est le jeu, bravo à toi !''. On a ensuite bu un coup ensemble.»

Ce succès était empreint d’énormément d’émotion pour Kevin Dauga qui, à l’heure de boucler cette ultime montée du championnat, avait une pensée pour Eugène, son grand-père, disparu à l’aube de la saison 2024 : « En signant ma toute première victoire de classe sur le CFM je ne pouvais pas ne pas penser à lui qui fut toujours un soutien indéfectible. Je lui dédie ce succès. »

Des succès qui allaient s’enchainer pour Kevin qui, à l’issue du championnat, alignera sa Formule Renault sur la Course de Côte Régionale de Villecroze où, sixième au scratch, il s’imposait dans la classe DE/7 : « C’est une épreuve qui se situe à vingt minutes de chez moi, celle à laquelle j’assistais étant enfant et que je ne voulais pas manquer. Cette année j’ai profité de l’occasion pour mettre en place une réception pour accueillir mes partenaires, et nous avons passé un week-end hyper sympa qui leur a permis pour la plupart de découvrir le sport automobile. Le résultat est là, je suis super content de terminer à quatre dixièmes de la Tatuus Formula Master de Jean-Claude Morel et la Dallara F303 de Romain Gelly qui sont des pilotes dont la renommée n’est plus à faire. »

Au mois de décembre on retrouvait Kevin sur les Cévennes Race Track où là encore il terminait en tête des Formule Renaut : « C’est pour moi une parfaite conclusion de la saison, de remporter cette victoire sur une épreuve organisée par l’ASA d’Alès au sein de laquelle je suis licencié. J’aime beaucoup le format du week-end et je me suis fait réellement plaisir en améliorant mes chronos de l’an dernier de plus de trois secondes. »

D’excellents souvenirs et une totale réussite
A l’heure de faire les comptes Kevin Dauga pointe à la quatrième place du Challenge Open DE/7. Un excellent résultat pour un pilote qui n’avait d’autre objectif que de terminer toutes les épreuves afin d’engranger de l’expérience : « C’est pour moi une totale réussite. Je ne pouvais pas espérer mieux pour cette année d’apprentissage. Alors que ce n’était pas mon objectif, j’enchaine en fin d’année les victoires de classe, dont une en CFM. Je ne pouvais pas espérer mieux. Quand je repense aux galères que j’ai connues en 2024, je savoure pleinement cette saison 2025 », confie Kevin. « Je garderai également d’excellents souvenirs des moments passés avec les gars de la classe DE/7. L’ambiance était au top avec tous les pilotes et nos deux Suisse (Stéphane Maréchal et Ruben Paiva) ont une mentalité hors pair. Je savais à quoi m’attendre de ceux que j’avais déjà eu l’occasion de côtoyer et avec qui le feeling passe super bien, et humainement les deux pilotes Suisse furent une excellente découverte. »

Kevin Dauga tourne la page d’une excellente saison 2025 à l’issue de laquelle il ne manque pas de remercier tous ceux qui l’ont soutenu : « Je mets un point d'honneur à remercier toutes les personnes qui m'ont aidé ou soutenu durant cette saison 2025. J'aimerais à cette occasion remercier mes sponsors et partenaires, la famille Duculty, Sophie et Nicolas de la société Kit Piscines au Muy ainsi que toute leur équipe, Marco, Wagner, Tes, La Boutique à Fréjus, Valérie Wagner de Cap Immo Sud à Fréjus, Stéphane JMS Piscine à Fréjus, Marius Pasquini Karukera Piscines à Six-Fours, Stephane Figueroa de la Société Zodiac (mon employeur), Lhazar de la Société l'Oasis aux Issambres, l’équipe SYD à Sainte-Maxime, David, Yohan et Srbin, le groupe Chopard à Fréjus, Gérald de la Société VMS à Sainte-Maxime, Pascal pour le coup de main, l’équipe Chateaux Sport au Muy pour le travail sur la voiture effectué en début d'année. Pour conclure un grand merci à l’équipe de choc Jean Claude Morel, Alain Godi et Roger Peracchia pour les conseils et réglages de l'auto tout au long de l’année. Une mention spéciale pour le soutien de toute ma famille pour le suivi, la logistique et les encouragements. Je n’oublie pas tous les commissaires, bénévoles, ASA organisatrices, tous ceux qui sont présents sur chaque épreuve nationale ou régionale durant les week-ends et qui nous permettent d’assouvir pleinement notre passion. Merci à eux. »

La Formule Renault bénéficie actuellement d’une révision et c’est à son volant que Kevin Dauga évoluera à nouveau durant la saison 2026 : « Pour ce qui est du programme, il reste à définir. L’objectif est de repartir sur un Challenge Open, à peu près avec les mêmes courses, sachant que la campagne de l’Ouest représente un trop gros déplacement pour moi et n’est pas envisageable avec mon emploi du temps professionnel. Si le budget le permet je referai un Open auquel j’ajouterai quelques épreuves régionales en vue d’essayer d’obtenir ma qualification pour la Finale de la Coupe de France de la Montagne. Tout dépend maintenant du soutien des partenaires », conclut Kevin.


©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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