
Pilote d’expérience, Jean-Pierre Pope a l’habitude de jouer les premiers rôles dans le groupe sur lequel il évolue. Mais durant cette saison 2025, une succession de problèmes l’a empêché de défendre pleinement ses chances… Année à oublier !
En quarante ans de compétition, Jean-Pierre Pope a acquis une énorme expérience de l’ensemble des disciplines qui composent le sport automobile. Depuis ses débuts en 1985, le Creusois a eu l’occasion de s’installer derrière le volant d’une multitude de voitures avec lesquelles il animera tout d’abord les courses de côte avant de se tourner vers les circuits.
Pilote, Jean-Pierre Pope est également responsable d’une structure qu’il a créée à l’aube de la saison 2008, le Team LMV Sport. L’entité creusoises disposait alors de plusieurs Renault Clio mises à la location. L’occasion pour Jean-Pierre d’aligner ses voitures et de courir en circuit, tant en France que sur des manches de championnats européens. Aujourd’hui encore, LMV Sport loue différents modèles à des clients désireux d’assouvir leur passion pour le sport auto.
Au début des années 2020, c’est au volant de Peugeot 308 Cup que l’on retrouvait Jean-Pierre Pope. Inscrit officiellement sur le Championnat de France de la Montagne, il concluait la saison 2021 à la septième place du Championnat Production et accrochait la deuxième place du Challenge Open A/4. Il terminait également la saison 2022 à cette même deuxième place de ce même Open, avant de le remporter à l’issue de la saison 2023.
Conscient que s’il voulait jouer les premiers rôles en groupe A sa Peugeot 308 Cup affichait un déficit de performances, Jean-Pierre Pope optera pour la saison 2024 pour une Seat Léon Supercopa MK3, une auto immaculée dont la livrée blanche détonnait face à ses rivales abondamment décorées : « Il apparaissait clairement que l’arme absolue pour se battre pour la victoire de groupe était la Supercopa, d’où le choix logique de me tourner vers ce modèle », explique Jean-Pierre. La belle espagnole avec laquelle il abordait la saison 2024 provenait du circuit Paul Ricard où elle était destinée à des séances de Track Day : « Ce qui m’a contraint à revoir l’ensemble des réglages pour la configurer pour la course de côte. Un passage habituel que je commence à plutôt bien maîtriser », confie le Creusois qui bénéficie dans ce domaine d’une énorme expérience.
Pour le plaisir et pour la bagarre !
Sa première saison au volant de la Supercopa MK3 permettait à Jean-Pierre Pope de se hisser sur le podium du Challenge Open A/5 en terminant dans le sillage de Sébastien Lemaire et de Francis Dosières. Pour cette année 2025, le Creusois relançait sa Supercopa, qui affichait une nouvelle livrée bleue, avec la ferme intention de défendre ses chances : « Je ne me fixais pas d’objectifs particuliers, mais j’espérais jouer la gagne sur quelques épreuves. Je savais que le niveau serait particulièrement relevé dans la classe A/5, ce qui est plutôt plaisant. »

Dans la contrainte de préparer plusieurs voitures, Jean-Pierre tient à privilégier les autos de ses clients. De ce fait ce n’est que tardivement qu’il était prêt à affronter les épreuves de la saison 2025, et qu’il devra faire l’impasse sur le premier rendez-vous, la Course de Côte de Bagnols-Sabran : « J’avoue que je n’ai participé à Sabran qu’une fois, il y a une vingtaine d’années, avec une BMW M3. Le déplacement est long et je n’étais pas totalement prêt, donc j’ai fait le choix de débuter sur le Saint Pierre. »
C’est donc sur une épreuve cévenole particulièrement pluvieuse cette année que Jean-Pierre Pope entamait sa campagne de France : « Pour moi cette épreuve est toujours difficile. Je connais un tiers du parcours, et le reste je n’arrive toujours pas à le mémoriser. Donc impossible pour moi de réaliser des prouesses », reconnait-il. « C’est une course magnifique mais j’ai du mal. Je termine à quatre secondes des leaders, pas de quoi me satisfaire de ce week-end gardois », confie Jean-Pierre qui livrait toutefois un beau combat à son ami Manu Brunet qu’il devançait d’une seconde trois.
Absent à Abreschviller, Jean-Pierre animera par la suite les trois épreuves de la campagne de l’Ouest, en débutant par Hébécrevon : « C’est une épreuve que j’ai dû faire deux ou trois fois et il est clair que je peux encore progresser sur ce tracé. Mais j’aime bien cette course et franchement j’ai passé un très bon week-end, sans réel problème. » Cinquième du groupe A sur la manche Normande, Jean-Pierre terminera au pied du podium de ce même groupe à La Pommeraye, à seulement 46 millièmes d’un autre pilote expérimenté, Francis Dosières : « J’aime bien cette course, ce fut un week-end plutôt sympathique, c’est juste dommage de louper le podium de si peu », lâche Jean-Pierre malgré tout fataliste.
Le podium… Il l’accrochait par la suite à Saint Gouëno en terminant dans le sillage de David Dieulangard et de Baptiste Thomasset : « Super souvenir, c’est certainement la course sur laquelle je me suis le plus amusé cette année. Je me suis réellement fait plaisir, les résultats étaient au rendez-vous et la voiture fonctionnait parfaitement. Franchement j’étais content parce que je sais qu’il est difficile d’aller chercher David que je connais depuis très longtemps et qui est un garçon très rapide. »

Sur la Course de Côte de Marchampt, Jean-Pierre Pope sera totalement dans le match pour terminer le week-end à la deuxième place du groupe A, à seulement une seconde deux de Baptiste Thomasset : « J’aime beaucoup Marchampt, et d’habitude je suis très rapide sur cette épreuve, mais Baptiste a été plus rapide que moi. Mais ce fut un week-end plutôt sympa pour moi qui aime les tracés sur lequel on peut prendre réellement de la vitesse. »
Si la première partie de saison avait pu lui offrir quelques satisfactions, la suite s’annonçait malheureusement moins enthousiasmante. A Vuillafans Jean-Pierre allait connaitre un week-end plus difficile. Sur la première montée de course, son extincteur s’enclenchait inopinément, l’obligeant à stopper sa progression : « Ça a eu pour effet de me bousiller un boîtier et par la suite la voiture avait énormément de mal à démarrer. Et de ce fait je n’ai pas pu prendre le départ de la dernière montée. C’est un week-end à oublier, qui m’a coûté particulièrement cher. »
S’il reconnait que le tracé de Dunières n’est pas celui qu’il affectionne le plus, Jean-Pierre Pope avoue qu’il se sent tout de même pas trop mal sur l’épreuve auvergnate. Il le démontrera en accrochant un nouveau podium de groupe, une nouvelle fois derrière David Dieulangard et Baptiste Thomasset : « C’est pas hyper rapide, donc pas ce qui me convient le mieux, mais il faut tout de même du ''gros cœur'' et c’est en ça que j’apprécie. Franchement j’en garde un bon souvenir. »
Le Mont-Dore est un week-end attendu pour Jean-Pierre Pope qui apprécie tout particulièrement l’ascension qui mène au sommet du Col de la Croix Saint-Robert. Mais l’épreuve auvergnate ne voudra pas lui sourire cette année : « Je suis en panne dès la première montée d’essais. J’ai eu un problème de pompe à essence et ensuite nous avons changé un boitier électronique et je n’avais plus la même cartographie. J’ai été contraint à l’abandon, chez moi, sur cette épreuve que j’adore… Ce fut vraiment un week-end catastrophique. »
Malheureusement pour le Creusois les frustrations allaient s’enchainer puisque sa participation à Turckheim se soldera par un nouvel abandon : « J’ai cassé le turbo sur la première montée de course, rien de plus à dire, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas », lâche Jean-Pierre dans un sourire, sa longue expérience lui ayant appris à être fataliste face à l’adversité.
Sans conteste, ma pire saison !
En neuf participations sur les douze manches que comptait cette année le Championnat de France de la Montagne, Jean-Pierre Pope accroche plusieurs podiums de groupe, mais enregistre deux abandons. Au final on le retrouve au cinquième rang du Challenge Open A/5 : « Quand la voiture fonctionnait, j’étais satisfait parce que je parvenais à me battre avec les leaders de la classe. Mais j’ai connu énormément de dysfonctionnements durant la saison et je n’ai pas réellement pu défendre mes chances. J’ai cumulé panne sur panne, ce fut pour moi une année particulièrement décevante. En quarante ans de compétition je pense avoir connu ma pire année durant cette campagne 2025 », estime Jean-Pierre.

« Cela m’a fait prendre conscience qu’il allait falloir que je travaille un peu plus en amont. Je cours avant tout pour le plaisir, pour le côté ludique de la course, et j’ai peut-être de ce fait tendance à prendre parfois les choses à la légère. Ce n’est pas compatible avec la volonté de signer de bons résultats. D’ailleurs si sportivement la saison est loupée, humainement je conserve le souvenir d’excellents moments de partages et de rigolades », ajoute-t-il.
C’est d’ailleurs vers ses amis et ses proches que se tournent ses remerciements : « Je n’ai pas de partenaires à remercier, ce n’est pas faute d’en chercher, mais je crois que je ne suis pas bon dans ce domaine », sourit-il. « Si des sponsors veulent nous rejoindre qu’ils n’hésitent pas à me contacter, ils pourront être vus en 2026 sur toutes les manches du championnat. Pour le reste je remercie chaleureusement mon pote Manu Brunet avec qui nous faisons équipe sur les épreuves. Un grand merci également à mes proches, à mes amis et à tous ceux que je peux côtoyer sur les épreuves du Championnat de France de la Montagne. »
Au mois de mai prochain, Jean-Pierre Pope fêtera ses 60 ans, « et j’ai décidé de m’offrir comme cadeau une participation à l’ensemble des épreuves du championnat », confie-t-il. En fin d’année 2025, Jean-Pierre Pope a racheté la Supercopa MK3 avec laquelle son ami Manuel Brunet avait participé au championnat cette saison, et qu’il relancera pour une campagne complète : « Le but sera de se battre avec les copains, de me faire plaisir et avant tout de réaliser une bien meilleure saison que celle que je viens de terminer », conclut l’expérimenté Creusois.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
Retrouvez toutes les infos, bilan et portrait de Jean-Pierre Pope.