Thierry Tierce toujours aussi compétitif

Au volant de sa Cupra Léon Supercopa MK3, Thierry Tierce abordait cette saison 2025 avec comme seul objectif de se faire plaisir. Cette campagne de France fut une totale réussite durant laquelle il n’a pas manqué d’améliorer ses chronos.

S’il a toujours eu la passion de la mécanique, au point de créer son propre garage automobile, Thierry Tierce a attendu d’avoir passé le cap de la quarantaine avant de songer à s’installer derrière le volant d’une voiture du course. C’est en slalom, qu’en 2007 il alignait pour la première fois une Renault Clio 16S. Cette première voiture sera remplacée par la suite par une Renault Clio 2 Cup, puis une 3 Cup. L’occasion pour lui de faire ses débuts en course de côte et notamment de signer une victoire en groupe A à Sancerre.

En 2010, Thierry s’engageait sur la Course de Côte du Mont-Dore et cette première expérience dans le Massif du Sancy sera le début d’une idylle avec l’épreuve auvergnate sur laquelle il enchainera par la suite les participations. De 2011 à 2014, Thierry Tierce se tournait également vers les circuits avec une Renault Clio 3 Cup. Pilote, il sera par la suite Team Manager de sa propre structure, le Tierce Racing, aventure dans laquelle il entrainera ses fils, les jumeaux Corentin et Pierre qui allaient rapidement s’illustrer sur les circuits de l’Hexagone.

Durant trois saisons, Thierry permettra à ses fils de participer à la Coupe Clio Cup en circuit, accompagnés de client du Tierce Racing qui venaient enrichir le peloton des Clio. Là encore l’équipe jouait les premiers rôles et Corentin Tierce remportait le titre Junior en 2018. L’arrivée de la Clio 5 Cup ne faisait pas l’unanimité des clients du Tierce Racing qui préféraient filer vers d’autres horizons, seul Corentin poursuivra dans la discipline et Thierry laissait son fils voguer au sein d’une nouvelle structure.

Thierry décidait alors de revenir vers la Course de Côte. Au volant d’une Seat Léon Supercopa MK2 il s’engageait en 2021 sur le Challenge Open A/5. L’année suivante, la Supercopa MK2 laissait place à une MK3 qui elle évoluait en GTTS/3. L’occasion pour Thierry Tierce de terminer deuxième du Challenge Open GTTS/3 à l’issue de la saison 2022, troisième en 2023. Mais finalement, sa priorité étant de se faire plaisir en défiant ses copains, Thierry préférait pour la saison 2024 reconfigurait sa Supercopa en groupe A pour intégrer une classe A/5 nettement plus étoffée.

Pour le plaisir et la bagarre avec les copains
C’est au volant de cette même voiture qu’il poursuivait son implication en 2025 sur le Championnat de France de la Montagne : « J’avais fait un gros investissement l’année précédente pour la reconfigurer en groupe A et il était donc logique dans mon esprit de rentabiliser le travail effectué en poursuivant dans cette catégorie », débute Thierry. « L’idée première était de confirmer ce que j’avais mis en place, et comme c’est une auto qui me satisfait pleinement je n’avais pas de raison de changer. »

Satisfait par le comportement et les performances de sa voiture, Thierry se relançait pour une nouvelle campagne en 2025 en conservant les réglages dont il disposait lors de sa précédente saison : « Nous n’avons rien touché, tout fonctionnait et je ne voyais pas l’intérêt d’apporter des modifications particulières. » Pour ce qui est de ses objectifs, jeune sexagénaire, Thierry estime qu’il n’est plus vraiment en âge de prétendre défier des pilotes bien plus jeunes et qui animent avec pugnacité le Challenge Open A/5 : « Je suis là avant tout pour me faire plaisir, partager de bons moments avec les acteurs de la discipline, me battre si possible avec mes copains Manu Brunet et Jean-Pierre Pope et rester dans les chronos que j’ai réalisés jusqu’à présent, voire de les améliorer », confie Thierry.

Dimanche soir, à l’arrivée de la Course de Côte de Bagnols-Sabran, manche d’ouverture de la saison, Thierry Tierce affichait un large sourire. Cette première confrontation ne pouvait que le satisfaire : « Pour moi ça s’est super bien passé. Je n’ai pas commis d’erreur, j’ai construit ma course comme je le souhaitais et j’étais satisfait de mes chronos. Que demander de mieux ! »

Si la première confrontation gardoise sera synonyme de plaisir pour le Berrichon, en revanche la seconde qui se tenait sur le Col Saint-Pierre ne lui offrira pas l’occasion de se faire réellement plaisir : « Le Saint-Pierre est une course compliquée à assimiler et je n’avais eu l’occasion de m’aligner au départ qu’une fois. Quand en plus de la complexité du tracé tu dois composer avec une météo pourrie, ça ne permet pas de vraiment s’amuser. Ce n’est certainement pas le rendez-vous qui me laissera les meilleurs souvenirs de cette saison. »

La Course de Côte d’Abreschviller se déroulait nettement mieux pour Thierry, même s’il avoue une petite déception : « J’étais parti pour réaliser une performance sympathique avant qu’un petit problème technique ne m’empêche d’être à l’arrivée de la toute dernière montée du week-end, après que la voiture ne passe en ''mode dégradé''. C’est un peu dommage, mais pour le reste c’était un week-end plutôt sympa avec les copains. »

Si Thierry Tierce avoue apprécier particulièrement l’accueil fait par les Normands sur la Course de Côte d’Hébécrevon, il reconnait que le tracé de l’épreuve n’est pas celui qui retient le plus son attention : « C’est pas la plus exceptionnelle. Mais ce fut pour moi le début d’un périple parce que je n’ai pas le souvenir d’être parti aussi longtemps de la maison. Le déplacement sur la campagne de l’Ouest m’a permis de quitter la maison durant 27 jours, c’est assez exceptionnel », confie Thierry. Mais même s’il n’a pas une réelle affection pour le tracé normand, le Berrichon reconnait avoir apprécié son déplacement dans la Manche.

Le tracé de La Pommeraye compte en revanche parmi ceux que Thierry Tierce apprécie : « J’adore vraiment. C’est pas très long, mais c’est une belle course, sur laquelle là encore nous sommes bien accueillis, et qui permet de passer de très bons moments. Je peux dire que je me suis vraiment fait plaisir. » Sa participation à Saint Gouëno offrira à Thierry de nouvelles satisfactions : « J’ai progressé tout au long du week-end, donc de quoi être content. Pour le reste, cette épreuve en Bretagne donne toujours l’occasion de faire la fête sur une manifestation où l’on est toujours super bien accueillis. »

Le tracé rapide de Marchampt nécessite pour un pilote d’avoir la volonté de se lâcher, « mais j’apprécie vraiment ce parcours pour gros cœur. Même s’il y a une prise de risque supplémentaire, on peut vraiment se faire plaisir sur cette épreuve. » S’il y a une autre épreuve où il faut avoir – ne soyons pas trivial – un gros cœur, c’est bien celle de Vuillafans. Et le rendez-vous Franc-Comtois n’allait pas bien se passer pour le Berrichon. Thierry sera en effet contraint à l’abandon à la suite d’une sortie de route : « J’ai terminé sur le toit et la voiture a subi des dégâts importants qui font qu’il est difficile de savoir si la sortie provient d’une erreur de trajectoire ou d’une casse mécanique. Mais le résultat est là, je ne serai pas à l’arrivée. »

Les dommages étant trop importants, Thierry savait qu’il lui serait impossible de réparer pour honorer sa prochaine participation. Pour autant il n’envisageait pas de mettre un terme à sa saison. Volontaire face à l’adversité, il repartait en quête d’une nouvelle Supercopa MK3 : « J’ai en trouvé une que j’ai tenu à remettre aux couleurs de la précédente parce que pour moi psychologiquement il était important d’avoir le sentiment de disposer de la même voiture. » Cette nouvelle Supercopa était alors engagée sur la Course de Côte Régionale de Lormes où il terminait cinquième de groupe et troisième de classe : « Je me suis rapidement remis dans le bain, sans réelle appréhension, même si je n’étais pas totalement à fond. »

Pour Thierry Tierce le Championnat de France de la Montagne se poursuivait sur la Course de Côte de Dunières : « Là encore je fais preuve d’un peu de prudence, en ayant toujours le souvenir de Vuillafans à l’esprit. Mais le week-end se passe bien et la confiance repris à Lormes me permet de terminer le week-end en étant serein. »

Le Mont-Dore est pour Thierry le rendez-vous attendu. Depuis 2010 le Berrichon n’a loupé qu’une seule édition de l’épreuve auvergnate et il retrouve chaque année avec un plaisir non dissimulé le Massif du Sancy : « J’adore cette épreuve, clairement on peut dire que je m’entraine uniquement pour le Mont-Dore », lâche-t-il dans un sourire. « J’avoue que je disposais cette année d’une voiture qui était moyennement performante, les modifications que nous avions apportées n’étaient pas totalement opérationnelles, mais sinon ça s’est plutôt bien passé. » 

Cette édition du Mont-Dore offrait également à Thierry l’occasion de partager son week-end avec son fils Corentin, engagé sur l’épreuve auvergnate avec une Peugeot 308 Cup. Quatrième du groupe A, Corentin Tierce remporte sur cette épreuve la classe A/4 : « C’est bien évidemment une réelle fierté et ça fait plaisir de partager un week-end avec lui. C’était super sympa. »

La long déplacement pour la campagne de l’Ouest, la sortie de route à Vuillafans, l’implication pour remonter sa voiture… Ces divers éléments faisaient que Thierry avait consacré énormément de temps à la course : « Et à un moment il faut aussi penser à la famille qui reste une priorité. Je me suis dit qu’il fallait que j’arrête les frais, d’autant que j’avais obtenu ma qualification pour la Finale de la Coupe de France de la Montagne. De ce fait, j’ai préféré renoncer à m’aligner à Turckheim et à Limonest. »

Mais Thierry Tierce sera bien à La Canourgue, théâtre cette année de la Finale de la Coupe et sur laquelle il allait prendre énormément de plaisir et signer un résultat probant en terminant deuxième de la classe A/5, à seulement un dixième de Frédéric Toubert : « J’ai vraiment adoré cette épreuve. Avec mon copain Jacques Paget nous avons vraiment bien bossé et nous nous sommes entraidés pour aborder ce rendez-vous dans les meilleures conditions. Je me suis énormément fait plaisir sur ce tracé, même si je ne cache pas que je l’avais un peu amère de louper la victoire de classe d’un dixième. Lorsque j’ai revisionné ma vidéo, je me rends compte que je loupe un passage de vitesse à un endroit. Un loupé qui me fait également louper la victoire. » Mais Thierry se consolera en remportant sur cette épreuve la Coupe du Meilleur Senior dédiée au pilote le plus rapide parmi ceux qui ont plus de 59 ans : « Être le plus rapide des plus vieux, je n’en tire pas une quelconque gloire. Mais ça m’aura permis d’être invité à la Remise des Trophées FFSA à Paris, une cérémonie à laquelle je n’avais jamais participé, et c’était plutôt sympa de se retrouver à la salle Pleyel. »

« Ma plus belle saison de courses de côte ! »
Septième du Challenge Open A/5, Thierry Tierce ne s’attache pas à son résultat final mais veut avant tout dégager les nombreux aspects positifs de cette saison 2025 : « J’ai la chance de disposer d’une Cupra Léon Supercopa MK3 qui me convient parfaitement et avec laquelle je prends énormément de plaisir au volant. A 60 ans, je roule pour me faire plaisir et quand je vois que je suis encore capable d’améliorer mes chronos sur la quasi-totalité des épreuves, je ne peux être que satisfait du bilan. Je pense avoir vécu ma plus belle saison de courses de côte. »

Son implication sur les courses de côte ne serait pas possible si Thierry ne bénéficiait pas du soutien de sa famille. C’est vers eux que vont ses remerciements : « Un immense merci à Corinne mon épouse et mon principal soutien, merci au Garage Tierce et à mes enfants Aurélien, Coralie, Corentin et Pierre qui le gèrent.  Merci également à Edgar Faure du Contrôle Technique Autosur à Sancoins. Je n’oublie pas tous mes copains et mes adversaires de la course qui sont avant tout des amis. »

L’aventure Supercopa prend fin. Thierry Tierce devrait changer de voiture pour la saison à venir : « Pour le moment je ne peux pas en dire plus car rien n’est réellement défini », explique-t-il. « Mais l’idée c’est de passer plus de temps avec mon fils Corentin qui roule sur la Coupe de France des Circuits. Je vais donc délaisser le Championnat de France de la Montagne pour axer ma saison sur le circuit. Après, il n’est pas dit que je ne fasse pas quelques courses de côte régionales et bien évidemment je devrais être présent sur le Mont-Dore », conclut Thierry qui a avant tout l’intention de continuer à se faire plaisir.


©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

Retrouvez toutes les infos, bilan et portrait de Thierry Tierce.

 


← Retourner à la liste d'articles