Une nouvelle couronne en Production VHC

Pour cette saison 2026, Michel Rolland faisait le pari d’engager une nouvelle Porsche 996 GT3 Cup. Pari réussi puisque le Ligérien remporte une seconde couronne de Champion de France de la Montagne VHC Production*.

Après avoir participé dans sa jeunesse à des compétitions de vélo puis de tennis, Michel Rolland décidait de se tourner vers le sport automobile. Une formation effectuée durant des stages de pilotage lui permettra d’intégrer la Coupe Peugeot 104 ZS, catégorie abordable pour un jeune pilote, et qui offrait l’avantage de pouvoir s’exprimer indifféremment sur la terre et sur l’asphalte. Mais dès l’année 1983 Michel décidait de s’installer derrière le volant d’une Porsche, ce qui marquera le début d’une fidélité sans faille pour la marque de Stuttgart. Au fil d’une carrière sportive riche de participations en rallyes et circuits, le Montbrisonnais aura l’occasion de rouler avec une vingtaine de Porsche différentes.

Vainqueur du Trophée Fédéral en circuit, il enrichira rapidement son palmarès de nombreux succès sur des rallyes nationaux en s’imposant entre 1983 et 2000 sur près d’une quarantaine d’épreuves. Michel Rolland garde à l’esprit le souvenir marquant d’une Finale de la Coupe des France des Rallyes sur laquelle il terminait deuxième derrière la BMW M3 d’Hugues Delage, mais également d’une édition du Rallye de Champagne où il se classait quatrième devant la Saxo Kit-Car d’un jeune talent, Sébastien Loeb.

Par la suite, des obligations professionnelles chronophages l’incitaient à mettre le sport automobile entre parenthèses, et ce n’est qu’en 2018 que Michel Rolland retrouvait la compétition, et bien évidemment le volant d’une Porsche. En 2023 il engageait sa Porsche 911 SC groupe 4 sur le championnat VHC pour une saison qui se conclura par un titre de Champion de France Montagne VHC Production. Lors des saisons 2024 et 2025, il relançait sa Porsche pour remporter à nouveau le Challenge VHC du groupe 4.

Nouvelle auto pour un nouveau titre
Pour cette saison 2026, Michel Rolland décidait de changer de monture et de délaisser la Porsche 911 SC partenaire de ses nombreux succès. Pour autant le Ligérien n’allait pas faire d’infidélité à la marque allemande, c’est au volant d’une Porsche 996 GT3 Cup qu’il se lançait pour une nouvelle campagne de France.

Le choix de Michel était dicté par le fait que la 911 SC évoluant en groupe 4 n’était peut-être plus suffisamment performante pour viser un nouveau titre : « J’avais terminé deuxième du Championnat VHC Production en 2024, troisième en 2025, je sentais que la concurrence disposait d’autos concurrentielles, il me fallait passer un cap », analyse Michel Rolland. « Quand j’ai su que la FFSA évoquait l’intégration de la période K, qui englobe les voitures construites entre 1993 et 2000, j’ai pensé qu’il serait judicieux de saisir cette opportunité. »

Le champion 2023 portait alors son dévolu sur une Porsche 996 GT3 Cup, une auto que Jean-Pierre Jarier avait eu l’occasion de faire évoluer en circuit. Si la 911 SC groupe 4 affichait un poids de 950 kg pour 302 chevaux, la 996 Cup permettait à Michel de disposer de 390 chevaux pour une auto accusant sur la balance 1160 kg. Plus lourde, la 996 est toutefois plus puissante, et surtout dispose d’une boite de vitesses plus fiable que la 911 dont on a pu voir que cet élément vital était parfois pris en défaut : « J’ai pu obtenir mon PTH (Passeport Technique Historique) sans difficulté ce qui me permettait de m’engager pour la saison 2026 en sachant que j’allais devoir travailler sur les réglages de cette nouvelle voiture, mais en gardant à l’esprit que finalement elle est certainement plus facile à appréhender que la 911 SC. Clairement, c’est facile d’aller aussi vite qu’avec la groupe 4 parce qu’elle est plus évoluer. Mais pour passer l’échelon qui permet de vraiment en tirer la quintessence, c’est nettement plus complexe. »

Direction assistée, freinage disposant de l’ABS, suspensions circuit nettement différentes de ce que Michel connaissait en courses de côte… Un temps d’adaptation était nécessaire avant de réellement cerner le comportement de sa nouvelle monture : « Dans un premier temps, notamment au niveau des suspensions, il fallait que je comprenne si elles étaient réellement adaptées à la discipline. Comme la voiture n’avait pas roulé depuis une quinzaine d’années, si ce n’est quelques sorties en Track Day, je me suis retrouvé confronté à quelques problèmes de réglages. »

Seule certitude, à la lecture des chronos réalisés par les Porsche 996 GT3 Cup sur les épreuves en Moderne, Michel savait disposer d’une auto concurrentielle : « J’en avais déduit que par rapport à la 911 groupe 4 je devais pouvoir améliorer mes temps d’une seconde, voir une seconde et demie au kilomètre. Ce qui me permettait d’envisager de prétendre au titre. J’ignorais toutefois qui, comme moi, allait aligner des autos de la période K, notamment des BMW M3, qui pouvaient s’avérer tout aussi performantes."

La victoire au rendez-vous
Pour débuter sa saison, Michel Rolland alignait sa Porsche 996 GT3 Cup qui évolue dans le groupe GT Sport sur la Course de Côte de Lodève. Une première participation rendue difficile par une météo peu clémente : « C’était avant tout une prise en main qui m’a permis de prendre conscience que l’auto était plutôt à son aise sous la pluie. Mais je devais composer avec de vieux pneus, n’ayant pas encore reçu les gommes pluie Hoosier avec lesquelles je devais faire la saison. Cette participation m’a conforté dans mon choix même si elle ne m’a pas permis de me confronter aux divers petits problèmes que j’allais rencontrer par la suite. »

La suite ce sera la Course de Côte de Bagnols-Sabran sur laquelle Michel Rolland allait signer sa toute première victoire de la saison en Production : « Sur une route très froide, je me suis rendu compte que l’ABS ne fonctionnait pas, ce qui m’a obligé à changer le boîtier ABS. Mais évidemment cette première victoire, même si elle n’a pas été facile à obtenir, me met en confiance pour la suite. »

Sur le Col Saint-Pierre, c’est une Porsche qui viendra s’imposer, la 935 Silhouette de Jean-Marie Alméras. Michel accrochait la deuxième place à une seconde deux du vainqueur : « J’ai signé des chronos similaires à ceux réalisés l’année précédente avec la groupe 4. Mais là où c’était frustrant c’est que je ne suis pas parvenu à faire mieux. J’ai eu quelques soucis de direction assistée et en toute honnêteté je n’étais pas réellement satisfait du résultat. »

Michel Rolland allait renouer avec la victoire dès la Course de Côte d’Abreschviller où il imposait sa Porsche 996 GT3 Cup en tête du Production : « Là j’étais très content parce que j’ai signé un chrono très proche du record détenu par Jean-Marie Alméras. J’ai commencé à percevoir les possibilités que m’offraient le moteur et la boîte de vitesses, et j’ai pris conscience que les évolutions devraient se faire au niveau des suspensions. Malheureusement, entre les courses je n’avais pas le temps d’apporter les modifications nécessaires. »

Sur la Course de Côte de La Pommeraye, Michel Rolland viendra étoffer son palmarès d’un nouveau succès : « J’aime beaucoup ce tracé, mais j’avoue que je n’étais pas totalement satisfait de mon chrono, même si j’étais plus vite qu’avec la groupe 4. Je savais que je pouvais faire mieux. Malheureusement, l’embrayage donnait des signes de faiblesses, mais comme je devais m’aligner à Quillan le week-end suivant, je n’avais pas la possibilité de le remplacer. »

L’alerte rencontrée à La Pommeraye au niveau de l’embrayage se confirmera à Quillan où Michel Rolland ne sera pas en mesure d’exploiter pleinement sa Porsche 996 GT3 Cup, et devra se contenter de la troisième place du Production derrière la Porsche 935 de Jean-Marie Almeras et la Honda Civic de David Baracco : « J’adore ce tracé de Quillan et j’attendais impatiemment ce rendez-vous. Mais ça n’a pas voulu sourire et je signe là mon plus mauvais résultat de la saison. » Un mauvais résultat qui se solde tout de même par un podium.

Mais à Saint Gouëno Michel Rolland sera une nouvelle fois le plus rapide parmi les pilotes engagés en VHC Production. Une victoire en terre bretonne qui ne pouvait que le satisfaire : « Le tracé de Saint Gouëno s’apparente à une spéciale de rallye, ma discipline de prédilection, autant dire que je suis à mon affaire. J’ai signé un bon chrono, une second au kilomètre plus rapide qu’avec la groupe 4. »

Saint Gouëno sera une sorte de déclic pour Michel Rolland qui prenait conscience que s’il parvenait à cumuler les succès avec sa Porsche, il avait le sentiment de ne pas l’exploiter totalement : « Sur les prises d’appuis, je me rendais compte que le châssis n’était pas optimum. Je voyais que j’allais vite mais je ne parvenais pas à tirer le meilleur de l’auto. Les sensations n’étaient pas aussi intenses qu’avec la groupe 4 avec laquelle je ressentais vraiment son comportement. J’ai compris que j’allais devoir intervenir sur les suspensions qui selon moi sont très efficaces en circuit mais pas réellement adaptées aux routes de montagne. »

Le sentiment de disposer de suspensions inadaptées allait se confirmer lors de la participation de Michel à la Course de Côte de Marchampt, sur laquelle il signait malgré tout un nouveau succès : « C’est l’épreuve où je pense prendre la plus grosse vitesses de pointe et sur laquelle je peux confirmer toute la vivacité du moteur et d’une boite de vitesses parfaite. Mais je sens bien que les suspensions ne conviennent pas au tracé. »

En vacances début juillet, Michel Rolland faisait l’impasse sur la Course de Côte de Vuillafans avant d’aller chercher un nouveau succès à Dunières : « C’est la course un peu à la maison, une épreuve particulièrement bien organisée et sur laquelle j’ai plaisir à me rendre. Je suis content de mon chrono qui me permet d’être trois secondes plus vite qu’avec la groupe 4 », confie Michel qui s’impose avec plus de huit secondes d’avance sur la Subaru Impreza de Manon Gehin.

Michel Rolland ne sera pas au départ du Mont-Dore : « En toute franchise, depuis 2023 je me refuse à retourner au Mont-Dore à cause des problèmes que nous avons pu rencontrer sur cette épreuve. Je vais y retourner, parce qu’il faut savoir à un moment tourner la page et ne pas rester campé sur ses positions. »

A Turckheim, une succession d’incidents de course sera à l’origine d’un retard conséquent et de ce fait les concurrents ne pourront prendre part qu’à deux montées de course. Dans ce cas, ce n’est plus au cumul des deux meilleures montées qu’est déterminé le classement final, mais sur le meilleur des deux chronos. A l’heure de faire les comptes, Michel Rolland se retrouve deuxième, une seconde quatre derrière la BMW M3 de Nicolas Uttewiller : « J’ai connu des problèmes d’allumage lors des deux montées essais. Les connections des bougies ne sont pas faciles à faire sur ce type de voiture, et j’ai dû faire les montées d’essais sur quatre cylindres et non sur six. Je ne comptais auparavant qu’une participation à Turckheim, et même si ce tracé est magnifique, le temps de me mettre dans le coup, la course était quasiment terminée. Le résultat n’est pas au rendez-vous, la confiance non plus parce que nous avons eu de l’absorbant sur la route, mal nettoyé, et qui m’a fait partir en glisse. A oublier ! »

La saison se terminait pour Michel Rolland par une ultime victoire sur la 100ème édition de Limonest : « J’adore cette course, avec un tracé très plaisant, et même si je ne parviens pas à réaliser les chronos que j’espérais, je suis content du résultat. Cette participation m’a permis de comprendre les points sur lesquels il allait falloir travailler durant l’intersaison. »

Second titre de Champion de France VHC Production*
Champion de France de la Montagne VHC Production en 2023, Michel Rolland vient ajouter cette année un second titre à son palmarès*. De quoi tirer un bilan largement positif de cette campagne de France : « Le titre est bien évidemment particulièrement enthousiasmant, mais ce qui pour moi se dégage également de cette saison c’est le plaisir pris au volant de cette voiture. J’ai une longue expérience avec des Porsche, et là j’avoue que j’ai trouvé avec la 996 GT3 Cup une auto fabuleuse », estime le Ligérien qui termine également deuxième du Challenge Hoosier. « Je sais que l’on peut aller encore plus vite, et c’est sur cela qu’il va falloir travailler cet hiver, notamment sur les suspensions. Une chose est sûre, je n’ai jamais regretté mon choix. »

Michel Rolland n’oublie bien évidemment pas ses soutiens qui l’ont soutenu et qui ne sont pas étrangers à sa réussite : « Un grand merci à mes accompagnants, Dominique Adami et Jérôme Dildarian, le préparateur de la voiture Jean-Luc Le Duigou, Jurjen Van Katwijk des pneumatiques Hoosier. Un immense merci à Jean-Claude Carré qui en tant que commissaire technique fait toujours preuve d’impartialité et qui est toujours de très bons conseils. »

Pour la saison 2027, Michel Rolland a bien l’intention de remettre son titre en jeu. Il sera donc au départ du Championnat de France de la Montagne VHC au volant de sa Porsche 996 GT3 Cup : « Dans le même temps je vais essayer de marquer le maximum de points afin de me qualifier pour la Finale de la Coupe de France de la Montagne VHC », confie le Montbrisonnais. De plus, Michel Rolland ne cache pas son envie de revenir à ses premières amours en prenant part à quelques rallyes : « Mais pour cela il faut que je trouve le budget et la voiture puisque la Porsche 996 GT3 Cup n’est pas homologuée sur cette discipline. Ma Porsche 911 SC groupe 4 est à la vente et j’ai dans le viseur deux voitures que je dois voir prochainement : Une Subaru Impreza WRC et une Mitsubishi Lancer Evo. VI. Ce sont deux autos qui en plus de pouvoir rouler en rallye peuvent être alignées en courses de côte. » 

S’il conserve sa Porsche 996 GT3 Cup et s’il dispose d’une seconde voiture, rien n’interdit à Michel Rolland de se partager entre deux autos différentes sur les manches du Championnat de France de la Montagne VHC 2027 : « Pour l’heure, je suis en phase de changer la suspension de la Porsche. Je suis en contact avec Jurjen Van Katwijk, qui en plus d’assurer la distribution des pneumatiques Hoosier est représentant des suspensions Protlum et me propose de m’installer de nouveaux amortisseurs de sa gamme, ce en quoi je le remercie chaleureusement. J’espère que cela va apporter les améliorations que j’attends, et si c’est le cas je poursuivrais en courses de côte avec la Porsche GT3 Cup », conclut le Champion de France de la Montagne VHC Production 2026*.


* Sous réserve de la publication officielle des résultats par la FFSA

©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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