5ème du Challenge Open F3

Pour Patrick Cholley seul le plaisir compte… C’est donc avec comme principal objectif de partager des week-ends de course avec ses fils que le Franc-Comtois prend part au Championnat de France de la Montagne. Mais s’il aborde les épreuves avec une certaine décontraction, Patrick Cholley ne manque pas de signer quelques résultats probants, et de venir s’immiscer dans les luttes que se livrent les jeunes pilotes de la Formule 3…

Depuis 2017, Patrick Cholley est un acteur régulier du Championnat de France de la Montagne et tout particulièrement du Groupe DE dans lequel évolue sa Dallara F306. 9ème du Challenge Open à l’issue des saisons 2017 et 2018, il terminait l’année 2019 au pied du podium en se classant à la quatrième place.

La course en famille pour le clan Cholley
Mais à l’approche de cette saison 2020, dont le coup d’envoi devait être donné à Bagnols-Sabran au mois d’avril, Patrick Cholley n’avait pas la certitude de venir grossir les plateaux de la F3 : « Ludovic et Arnaud (ses fils) avaient de nombreuses obligations professionnelles qui ne leur laissaient que peu de temps à consacrer à la course. Ils ne savaient pas s’ils pourraient être au départ de plusieurs manches du championnat. Et comme pour moi, la priorité est de courir avec mes fils, je ne me voyais pas venir seul sur les épreuves », explique Patrick.

Finalement, avec un calendrier revu à trois week-ends, Patrick Cholley décidait de jouer le jeu, ne serait-ce que pour soutenir les organisateurs qui avaient la volonté de maintenir leurs épreuves : « Je connais les contraintes de l’organisation, je suis moi-même impliqué depuis de nombreuses années dans l’organisation de la Course de Côte du Mont de Fourche, et ce fut un véritable crève-cœur de devoir annuler cette édition 2020. C’est une épreuve que mes deux fils ont remportée et que j’ai failli moi-même gagné il y a très longtemps. C’est à mon sens la plus belle course régionale de chez nous. »

Jeune retraité, Patrick Cholley pouvait donc sans contrainte s’engager sur les trois épreuves inscrites au calendrier 2020 : « D’autant que sur chacune d’entre elle, j’avais la certitude que l’un de mes fistons seraient présents. C’est nettement plus sympa, et comme en plus ils gèrent la partie mécanique, ça me permet d’aborder les week-ends en sachant que je peux me reposer sur eux. »

Pleinement satisfait de sa Dallara F306, Patrick Cholley n’allait pas prendre le risque de modifier ses réglages durant l’intersaison : « Nous avons juste envoyé le moteur chez Mercedes pour une révision. Je pense que l’on peut leur faire confiance, ils sont juste un peu Champion du Monde » lâche-t-il dans un éclat de rire.

En termes d’objectifs, excepté celui de tenter d’aller plus vite que lors des précédentes éditions, Patrick n’affiche pas de réelles prétentions : « Je suis là avant tout pour me faire plaisir. Après, parfois, j’aime bien les bagarres avec certains pilotes, notamment avec Emeline Bréda. J’adore cette gamine », dit-il sur un ton bienveillant. « Par moment elle va beaucoup plus vite que moi, mais sur certaines courses j’arrive à lui mettre la pression, c’est un peu un challenge pour moi. »

A la découverte du Mont-Dore
Malgré une longue expérience de la compétition – il a disputé ses premières courses en 1989 – Patrick Cholley n’avait jamais eu l’occasion d’affronter le tracé du Mont-Dore. La période estivale a toujours été pour lui synonyme de charge de travail supplémentaire, et il n’avait jamais eu l’occasion de se rendre à Auvergne durant le mois d’août : « Mon activité professionnelle consistait à faire de l’entretien de matériel dans les entreprises, et beaucoup de sociétés profitaient des congés d’été pour nous demander d’intervenir, d’où la surcharge de travail. »

Patrick partait donc cette année à la découverte du Mont-Dore, une découverte qui ne fut pas une mince affaire : « J’ai galéré tout le week-end », avoue-t-il. « Je n’y arrivais pas… C’est une course magnifique sur laquelle je ne suis pas parvenu à trouver mes marques. »

Les modestes performances réalisées le samedi n’allaient pas affecter le moral de Patrick : « Je ne me prends pas la tête pour autant, ça n’a aucune espèce d’importance. » Mais dimanche, il parvenait à améliorer ses chronos de plus de cinq secondes, ce qui semble encourageant pour les prochaines éditions : « Mais ce que je retiendrai avant tout c’est que nous avons passé une semaine en Auvergne, durant laquelle nous avons pu faire des randonnées en famille, et ces moments-là resteront comme de fabuleux souvenirs. Et puis pour moi qui découvrais l’épreuve, j’ai trouvé l’organisation au top. »

A Turckheim, Patrick Cholley retrouvait un terrain qu’il connaissait, et réalisait des chronos plus conformes à ses habitudes. Cinquième de la classe DE/5S à l’issue de la course du samedi, il se classait sixième de cette même classe le lendemain : « C’est une course que j’apprécie, c’était vraiment bien, le seul bémol c’est qu’une nouvelle fois on n’arrive jamais à s’en tenir au programme initial. C’est dommage !... Mais pour le reste j’ai passé un super week-end, et si mes souvenirs sont bons je ne suis jamais allé aussi vite à Turckheim. Cette course est magnifique, mais il a fallu gérer un programme assez déroutant, en disputant une seconde manche de course le dimanche matin, avant de refaire une manche d’essais et deux montées de course. On devait donc chausser des pneus neufs, reprendre les anciens pour les essais avant de rechausser les neufs. C’était un peu perturbant. »

En matière de perturbation, c’est la météo qui allait jouer des siennes à Sabran, où les concurrents devaient composer avec une alternance entre période ensoleillées et averses : « Mais ça s’est bien passé pour nous. Là encore l’organisation était au top, et à présent je me suis bien fait au tracé. J’ai donc passé un excellent week-end » confie Patrick.

Cinquième du Challenge Open F3
Cinquième du Challenge Open F3, Patrick Cholley ne se focalise pas sur son classement final pour tirer un bilan de cette courte saison 2020 : « Je suis très content de cette campagne de France. Pour moi le résultat est excellent, c’est à croire que l’on se bonifie en vieillissant », plaisante-t-il. « Cinquième du Challenge c’est mon meilleur résultat », pense Patrick qui occulte qu’en 2019 il avait accroché la quatrième place. Quand on le lui rappelle, il se contente d’un, « c’est dire le peu d’importance que j’accorde au résultat. »

Pilote attachant, unanimement apprécié, Patrick Cholley aborde la compétition avec sagesse et humilité, mais sait pouvoir conter sur le soutien de partenaires qui viennent en aide au clan familial et qu’il tient à remercier. Mais avant tout, pour cette saison particulière, Patrick veut avoir une pensée pour les organisateurs : « Ils ont fait preuve de courage et de détermination dans une période compliquée. On doit les remercier ainsi que les commissaires sans qui rien ne se ferait. Un grand merci à nos partenaires, les Caffè Lattesso, les huiles Yacco, l’équipementier Corbeau et le Conseil Départemental de la Haute-Saône. » Patrick n’oublie pas la famille et notamment Michèle son épouse, « qui gère l’intendance, la réservation des hôtels, les repas, merci à mes garçons, Ludovic et Arnaud qui m’apportent une aide considérable sur la voiture et qui gèrent la partie mécanique. »

Excepté sur la campagne de l’Ouest, Patrick Cholley a la ferme intention d’engager sa Dallara F306 sur l’ensemble des manches du Championnat de France de la Montagne en 2021 : « Je suis un nouveau retraité qui dispose de temps libre et je vais donc en profiter pour me faire un programme sympa avec plusieurs épreuves du Championnat de France, quelques épreuves régionales que j’apprécie et participer à la Course de Côte d’Eschdorf, au Luxembourg, où nous sommes toujours super bien accueillis. »


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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