Premiers résultats probants en Formule Renault

L’objectif de Kevin Nouhen, à l’heure de prendre part à sa première saison sur le CFM, était de pouvoir rivaliser avec les animateurs du Challenge Open DE/7. Objectif atteint avec en prime énormément d’expérience engrangée pour la suite.

Kevin Nouhen n’avait que quatre ans lorsque, pour la première fois, David, son père l’emmenait découvrir en spectateur la Course de Côte du Mont-Dore. Le soir venu, sur le chemin du retour, Kevin se souvient avoir lancé à son père : « Papa, plus tard je ferai ça ! » L’anecdote est marquante, Kevin, alors enfant, s’en souvient. Son père n’a évidemment pas pu oublier ce moment.

David Nouhen n’a jamais eu l’occasion de s’installer derrière le volant d’une voiture de courses, mais a reçu de son père la passion pour le sport automobile. Lui-même enfant a pu découvrir plusieurs épreuves en accompagnant le grand-père de Kevin, la transmission semblait donc logique.

Sportif amateur dans sa jeunesse, Kevin Nouhen n’a pas vraiment eu une énorme appétence pour une discipline quelconque. Clairement, le jeune natif de Montluçon attendait de pouvoir s’installer derrière le volant d’une voiture de course pour assouvir une passion qui ne le quittait pas. Mais avant de s’initier au pilotage, Kevin découvrait l’univers de la course de côte en intégrant différentes équipes. C’est notamment au sein du Max Motorsport, l’entité de Sylvain Dodille, qu’il découvrait les spécificités de la discipline.

Si lors de la saison 2023, Kevin Nouhen avait l’occasion de faire quelques essais aux volants d’une Formule Renault au sein du Team Berreur Auto Sport, il n’aura pas l’opportunité de prendre part à une course. C’est finalement en Auvergne que Kevin Nouhen fera ses premières pas en compétition. Il s’alignait pour la première fois au départ d’une épreuve à l’occasion de l’édition 2024 de la Course de Côte de Dunières qu’il découvrait au volant d’une originale MK Indy : « J’avais pour objectif de participer à trois courses durant cette première courte saison », débute Kevin. « Dunières nous apparaissait être un choix judicieux parce qu’elle proposait un tracé assez court, facile à assimiler. C’était un choix raisonnable sur une épreuve qui se déroulait près de la maison », ajoute Kevin qui réside dans le Puy-de-Dôme.

Quant au choix de la voiture, c’est sur une proposition de Stéphane Krafft que Kevin optait pour cette MK Indy qui évoluait en GTTS/1 : « C’est une auto formatrice et j’avais l’opportunité de trouver face à moi de la concurrence, ce qui est toujours bien pour se jauger. » Une première approche concluante pour Kevin qui se positionnait au deuxième rang de sa classe… Il retrouvait ensuite le volant de cette MK Indy sur le Mont-Dore, une participation chargée d’émotion pour le jeune garçon qui dans sa prime enfance avait découvert le sport auto sur les pentes qui permettent d’accéder au Col de la Croix Saint-Robert : « Je ne cache pas que lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée de la première montée d’essais, j’avais les larmes aux yeux. J’étais conscient de réaliser un rêve, c’était juste formidable et ça reste un fabuleux souvenir que j’ai pu partager avec ma famille, mes amis, présents sur place. »

L’enthousiasme de Kevin était d’autant plus légitime qu’en plus de concrétiser un rêve il réalisait un résultat probant en plaçant une nouvelle fois sa MK Indy au deuxième rang de la classe GTTS/1 derrière la Mitjet de l’expérimentée Aurore Louison. Il finissait également deuxième du classement des moins de 25 ans derrière Baptiste Thomasset.

En fin de saison, Kevin Nouhen sera au départ de la Course de Côte de Turckheim, cette fois dans la catégorie Sport puisque c’est au volant d’une Formule Renault du Team Krafft qu’il abordait l’épreuve alsacienne : « Ce fut une superbe découverte. De la première montée d’essais à la première montée de course j’ai amélioré mes chronos d’une vingtaine de secondes, de quoi être particulièrement satisfait alors que j’ai découvert la voiture sur le trajet qui mène des paddocks à la grille de départ. » Là encore Kevin démontrait son potentiel en terminant à huit dixièmes de Simon Taponard et en devançant les Formule Renault de Didier Chaumont et d’Antonin Saintmard.

L’expérience concluante avec la Formule Renault poussait Kevin Nouhen à porter son choix sur cette monoplace à l’heure de mettre en place son programme pour la saison 2025 : « Là encore c’est une voiture très formatrice et nous avons la chance d’être nombreux dans la classe ce qui permet de se faire une idée assez précise de notre propre niveau. »

Avant d’entamer sa campagne de France 2025 et sa première participation au championnat dans le cadre du Challenge Open DE/7, Kevin Nouhen prenait part à une séance d’essais sur le circuit du Bourbonnais : « Cette journée test m’a avant tout permis de prendre mes marques au volant de la voiture, d’avoir un premier ressenti, qui était plutôt très bon », reconnait Kevin qui pouvait retrouver en circuit d’excellentes sensations.

Faire ses armes et être dans le match
Le Challenge Open DE/7 avait la particularité cette année de proposer une confrontation entre jeunes pilotes. De quoi alimenter les belles empoignades entre talents en devenir : « Pour être honnête je n’avais pas réellement d’objectif en termes de résultats, d’autant que je ne connaissais pas tous mes adversaires. De plus je n’avais à mon actif qu’une seule course en Formule Renault avant de débuter la saison, il m’était donc difficile de me faire une idée de mon niveau », analyse Kevin. « Ce que j’espérais avant tout c’était d’être dans le match, de ne pas être largué à dix secondes des premiers. »

C’est sur la Course de Côte de Bagnols-Sabran, certainement pas le terrain le plus facile de la saison, que Kevin Nouhen débutait sa campagne de France : « J’avais eu l’occasion de venir à Sabran à deux reprises en spectateur. Je découvrais donc le tracé et j’en garde un excellent souvenir, pour moi la course la plus folle du championnat », estime-t-il. « Tu trouves des parties techniques, des portions rapides, et franchement même en Formule Renault ça passe fort. J’avoue avoir un peu stagné en milieu de week-end mais, sur la fin, je suis parvenu à me remettre dans le rythme. Je garde vraiment des notes positives de cette participation », confie le jeune pilote qui accrochait la cinquième place de sa classe.

Il faudra attendre la Course de Côte de La Pommeraye pour retrouver par la suite Kevin qui là encore découvrait le tracé angevin : « Le début du week-end fut difficile parce que j’étais distancé par les meilleurs de la classe », se souvient-il. « J’étais moins à mon aise qu’à Sabran, mais par la suite nous avons rectifié quelques réglages sur la voiture et je suis parvenu à améliorer mes temps. J’ai bien bossé, bien écouté les conseils que l’on m’a donnés et j’ai pu réaliser alors de bien meilleurs passages. De quoi être pleinement satisfait de mon week-end », commente Kevin qui se classait sixième d’un gros plateau de Formule Renault. « Et puis je suis content d’avoir pu bien cerner un tracé aussi rapide et précis, et de mon chrono en 1'02'' sur la dernière montée. »

La progression du jeune Kevin Nouhen sera flagrante à Marchampt où on le retrouvait au pied du podium de sa classe, mais sur le podium du Championnat Sport, puisque c’est lui qui remportait la Coupe du Meilleur Jeune : « C’est pour l’heure le plus beau souvenir de ma toute jeune carrière en sport automobile », avoue Kevin. « Monter sur le podium d’une manche du championnat ça me permet de cocher une case parmi les rêves que je veux réaliser. J’avoue que j’ai pleinement savouré ce moment… Et puis j’ai adoré ce tracé, sur lequel j’étais super bien, même si par endroits c’est impressionnant. Je conserve d’excellents souvenirs de ce week-end dans le Beaujolais. »

A Dunières, Kevin Nouhen retrouvait une épreuve qu’il avait eu l’occasion d’aborder lors de la précédente édition, non pas avec une Formule Renault mais avec la MK Indy : « C’est un tracé sur lequel il est très facile d’adopter un faux rythme. Ce fut mon cas et je suis très frustré de ce week-end durant lequel je n’ai pas réussi à me libérer. Même si je ne suis pas très éloigné des meilleurs, je ne suis pas parvenu à rouler dans les temps que j’espérais et c’est une déception. L’aspect positif c’est que j’ai pu mieux cerner le côté technique de la voiture », confie Kevin qui terminait au sixième rang de sa classe.

Déçu de son premier week-end auvergnat, Kevin connaitra une déception plus grande encore sur son épreuve fétiche, le Mont-Dore. Devant sa famille, ses partenaires et de nombreux soutiens, Kevin avait la ferme intention de livrer une belle prestation. Et à vouloir bien faire, il en faisait peut-être trop : « Je pense avoir voulu aller trop vite par rapport à mes compétences du moment. Je me suis fait piéger sans vraiment comprendre. Je sors à un endroit où dans la logique des choses il n’y avait pas lieu de se faire surprendre », explique Kevin qui sera contraint à l’abandon sur la seconde montée d’essais et qui ne pourra pas par la suite se relancer : « Je le prends comme une expérience, comme un passage dans mon apprentissage. Je me suis trop mis la pression et j’en paie les conséquences. »

Kevin Nouhen est un compétiteur qui n’a pas pour habitude de lâcher prise. Le jeune pilote, particulièrement exigeant avec lui-même, se relançait avec détermination et la même envie de poursuivre son apprentissage. A Turckheim, épreuve qu’il avait déjà affronté en 2024 avec sa Formule Renault, il parvenait à se classer au quatrième rang : « Je repartais après un week-end au Mont-Dore qui ne fut pas le meilleur de ma saison », ironise Kevin. « Sur la première ascension ce ne fut pas forcément évident, mais rapidement je suis parvenu à me libérer et je connais là avec Marchampt mon meilleur week-end de course de la saison. J’adore cette épreuve, c’est certainement devenu mon tracé préféré, et je suis super content de ma prestation en Alsace et du chrono que je réalise. Je suis content de ne pas avoir dû terminer ma saison sur la déception du Mont-Dore et je remercie chaleureusement le Team Krafft Racing qui m’a permis de m’aligner à Turckheim. »

Parfaite saison d’apprentissage pour la suite
Pour Kevin Nouhen, cette saison d’apprentissage du championnat aura été riche en enseignements et lui permet de dégager un bilan positif de sa campagne de France : « Malgré une course frustrante et un abandon, je ne peux qu’être satisfait de cette première approche du championnat. J’ai réussi à progresser tant sur le pilotage que sur la gestion de mes courses en termes de stress, de compréhension. J’ai terminé la saison en étant bien plus serein que lors du coup d’envoi et je ne conserve que d’excellents souvenirs. J’avais comme objectif d’être dans le match, c’est plutôt réussi. Et puis je n’oublie pas l’ambiance qui règne entre les pilotes de Formule Renault. Ce sont vraiment des gars en or et j’adore autant me battre avec eux que de partager des moments fabuleux. »

Lorsqu’on évoque le partage, Kevin a à cœur d’associer à sa belle saison tous ceux qui lui ont apporté de l’aide : « Je veux dire un immense merci à mes partenaires : Chez Mel, Entreprises Vindrie, Agence Allianz Angelique Boyer, ainsi que tous les autres. Un immense merci à la municipalité de Saint-Eloy-les-Mines, à l’intégralité du staff du Krafft Racing, les mécaniciens, ingénieurs, team manager, et tout particulièrement Stéphane pour tout ce qu’il fait pour moi, à mes coéquipiers, Sarah (Bernard-Louvet) Yohan (Bardin), Phillipe (Schmitter) et Jean François (Ganevat), à tous les copains du DE/7 et du championnat. Un immense merci également à l’association Mémoire de Pilote, dont je suis l’ambassadeur, ainsi que tous les bénévoles, et pour conclure à mes parents et ma famille car sans eux rien de tout cela ne serait possible. »

En ce début d’année 2026, rien n’est encore totalement décidé en ce qui concerne la saison de Kevin Nouhen : « Mon souhait est de me relancer sur un Challenge Open, toujours au volant de la Formule Renault, et d’essayer de découvrir des courses que je n’ai pas eu l’occasion d’aborder pour pouvoir par la suite m’aligner sur un championnat complet », confie Kevin qui vient tout juste de fêter ses 21 ans et qui a donc le temps de franchir les étapes.


©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com

 

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