
Pour son retour sur le CFM, Rémi Courtois intégrait en 2025 le Team Anthony Dubois Compétition et se voyait confier le volant d’une Alpine A110 Cup avec laquelle le Bourguignon allait prendre un plaisir intense.
Il ne faut pas se fier aux apparences. Discuter avec Rémi Courtois laisse à penser que l’Icaunais aborde ses nombreuses occupations avec un certain détachement. Mais derrière cette façade ou humour se conjugue avec humilité, se cache une volonté de vivre pleinement les nombreuses passions qui l’animent. « S’impliquer avec le plus grand des sérieux, sans jamais se prendre au sérieux », Rémi Courtois a fait de cet adage un art de vivre, et depuis son adolescence a eu à maintes reprises l’occasion de mettre en application cette devise tant ses activités furent nombreuses.
C’est au sein du club de football de Villeneuve-sur-Yonne qu’il aura l’occasion de vivre une première expérience marquante lorsque son équipe se verra affronter l’AJ Auxerre lors d’une Finale de la Coupe de Bourgogne. Skieur talentueux il s’illustrera au sein de son équipe universitaire avant de se tourner vers les tatamis pour se familiariser avec les sports de combats. L’armée lui offrira durant son service militaire l’occasion d’intégrer une unités de parachutistes… Rémi poursuivra cette activité une fois terminé son service national. Pour autant Rémi Courtois ne s’est jamais considéré comme un sportif émérite, le sport est avant tout pour lui un loisir, même si l’esprit de compétition couve en permanence dans l’esprit de l’intrépide Bourguignon.
Impliqué dans de nombreuses disciplines sportives, Rémi Courtois abordait de la même manière sa carrière professionnelle, testant ses compétences au gré de ses envies dans des univers très éloignés les uns des autres. Epicurien dans l’âme il se tournait tout d’abord vers la gastronomie, menant des études afin de devenir cuisinier. Mais les contraintes de le restauration s’accordent mal avec un esprit épris de liberté. Rémi troquait alors la toque contre un costume de vendeur de voitures. L’opportunité pour lui de découvrir de belles mécaniques et de faire naitre une passion pour la course automobile. Arrivé à l’âge d’arrêter un choix sur ses implications, Rémi Courtois décidait de consacrer ses activités sportives à la compétition automobile et d’intégrer la police pour ce qui étaient de ses activités professionnelles.
Bien évidemment un garçon comme Rémi Courtois n’allait pas se contenter d’un modèle unique de voiture et assouvir sa passion sur une seule discipline. Après avoir débuté au volant d’une Talbot Samba Rallye, on le retrouvera avec des Peugeot 205, 309 16S ex-usine, 306 Maxi, BMW M3, Mitsubishi Lancer avec lesquelles il participera à plus de 300 rallyes. Passionné autant que philanthrope, Rémi offrira l’occasion à de nombreux autres passionnés de découvrir le sport automobile en mettant à disposition l’une de ses voitures. Il reconnaissait d’ailleurs prendre autant de plaisir derrière le volant qu’en transmettant sa passion.
Entre ses débuts en 1985 et aujourd’hui Rémi Courtois a pris part à plus 400 épreuves, est monté à trois-cents reprises sur des podiums et signé plus de 150 victoires dans diverses catégories. Champion d’Ile de France en 1997 il remportait en 2000 et 2005 la manche française du Challenge Européen « Police, Gendarmerie, Armée ». Au terme d’une longue carrière sportive en rallye, Rémi Courtois décidait de se tourner vers la Course de Côte et pour ce faire il se portait acquéreur d’une Porsche 996 ex-Dominique Vuillaume.
Rapidement Rémi Courtois allait acquérir la réputation d’un pilote spectaculaire. Un goût de la glisse qui n’est pas toujours conciliable avec la recherche des meilleures performances. Mais Rémi souhaitait avant tout se faire plaisir. Finalement il parviendra, sans se défaire de son naturel, à accéder au podium du Challenge Open GT de Série. A partir de 2019, c’est au volant d’une Seat Léon Supercopa MK2 qu’il affrontera les épreuves du CFM. En 2021 la MK2 sera remplacée par une MK3 que l’on retrouvera sur les manches du championnat en 2022.
Intégré au sein du Hélium Racing, Rémi vivait mal à l’issue de la saison 2022 le retrait de la structure alsacienne et avouait se sentir orphelin. L’équipe de Steeve Gérard se présentait comme une grande famille et permettait à Rémi de courir dans les meilleures dispositions. Difficile pour lui de poursuivre son implication en étant privé d’un soutien aussi important.
Retour en GT Sport avec le Team Dubois Compétition
Rémi Courtois décidait alors de prendre deux années sabbatiques, avec toutefois fortement ancrée l’envie de faire son retour sur le championnat : « J’avais exactement trouvé ce que je cherchais en intégrant le Team Hélium Racing, des gens compétents, une équipe qui m’entoure et qui gère la logistique. Ma société prend de l’ampleur au fil des ans », confie Rémi qui gère AT’ Risk, structure qui a comme raison sociale de proposer à des entreprises et à des lycées de la formation sur les conduites à risques. « De ce fait je ne dispose plus d’autant de temps à consacrer à la préparation de mes courses. J’avoue qu’avec l’arrêt du Helium Racing je me suis un peu senti orphelin. J’avais vendu la Supercopa, je n’avais plus de remorque et de camion, et le temps que je me retourne deux années sont passées. »

Rémi Courtois ne cache pas qu’il croit un peu aux signes et que cette obligation de mettre un terme à la compétition pouvait être ressenti comme une invitation à ne pas persévérer : « Je me suis dit que le temps était peut-être venu de raccrocher après près d’une quarantaine de saisons de compétition. Mais c’était oublier un peu vite cette méchante addiction à l’adrénaline qui ne vous lâche pas facilement. » Et à la fin de la saison 2024, par un hasard que Rémi ne conteste pas avoir provoqué, il entrait en contact avec Anthony Dubois qui lui proposait un projet qui ne pouvait que retenir son attention : « Il voulait étoffer son équipe et disposait pour cela d’une Alpine A110 mise à disposition par un de ses clients. Nous avons évoqué la possibilité de louer la voiture, il en fallait pas beaucoup plus pour que je plonge. »
Animateur de ce qui fut le GT de Série et qui est devenu à présent le groupe GT Sport, Rémi Courtois savait en partie à quoi s’attendre, « même si je ne connaissais absolument pas l’Alpine. Mais comme mon seul objectif était de rouler pour le plaisir, je n’avais pas de pression concernant la quête d’un résultat. Et puis monter dans une Alpine ce n’est pas rien, la marque est mythique et j’avais envie de relever ce défi. »
Configurée initialement pour le circuit, l’Alpine A110 Cup était reconditionnée pour la course de côte avant que Rémi ne prenne part à une séance d’essais : « Anthony est un metteur au point hors norme et j’avais donc à ma disposition une auto parfaite. J’ai testé la voiture sur le circuit du Bourbonnais et j’avoue que le plaisir était au rendez-vous. Je retrouvais une propulsion, ce qui fondamentalement ne me gênait pas compte tenu de mon expérience en rallye avec des M3 et avec la Porsche en course de côte. La différence notoire c’est que l’Alpine propose, contrairement à ce que j’avais connu auparavant, un environnement ultra-moderne, une vraie auto de course, avec un moteur idéalement placé, sans porte-à-faux, une technologie de fou. Ce qui me plaisait également c’est que cette voiture était rare car si on trouve des Alpine A110 GT4 en côte, l’Alpine A110 Cup est rare. » Et ne nous y trompons pas, les deux modèles affichent d’énormes différences et ne proposent pas les mêmes performances. L’Alpine A110 Cup avec laquelle roule Rémi dispose d’environ 300 chevaux pour 1150 kilos avec un minimum d’évolutions puisqu’en circuit tout le monde doit rouler avec les mêmes voitures. Les GT4 que l’on peut retrouver en GTTS affichent un minimum de 400 chevaux et peuvent s’approcher des 500 chevaux.
Lors de sa journée sur le circuit du Bourbonnais, Rémi Courtois se voyait offrir l’occasion d’effectuer quatre tours sur le sec avant que la pluie ne fasse son apparition : « Ce qui m’a permis en fin de compte de m’adapter à son comportement sur une piste détrempée. Et même si j’ai fait quelques figures de style, j’avais le sentiment d’une auto réellement saine, pas du tout vicieuse. » L’autre avantage de l’Alpine provient du fait que même si le modèle dont dispose Anthony Dubois qui évolue en GTTS est très différent de la Cup avec laquelle roulait Rémi, les châssis restent eux identiques : « Ce qui permet de disposer des mêmes réglages, et c’est un réel confort », analyse le Bourguignon. « C’est un plus, d’autant que si Anthony travaille comme tout le monde sur les caméras embarquées, il travaille également énormément sur les datas, ce qui pour moi n’était pas une habitude et c’est sensationnel ce que l’on peut apprendre. »
Inenvisageable de lutter face à l’Alpine A110 Cup + de Yann Durieux, Rémi Courtois espérait retrouver sur les épreuves du championnat une Cup avec laquelle il pourrait avoir un élément de comparaison : « Il est vrai que le spectateur lambda ne sait pas que toutes les Alpine n’affichent pas les mêmes performances. La voiture attire le public et j’avoue que j’ai eu à plusieurs reprises des gens qui s’interrogeaient sur mes performances en deçà de celles réalisées par une GT4. Mais ça n’avait pas grande importance. J’ai pu comparer mes performances avec celles réalisées par Dominique Lansard qui roule avec la même auto que moi, et c’était plutôt sympa. »
N’étant pas spécialement perturbé par les tracés rapides, Rémi Courtois s’enthousiasmait à l’idée de débuter sa saison sur le Course de Côte d’Abreschviller : « C’est court, intense, et ce tracé m’a permis de prendre confiance en la voiture parce que j’avais l’impression qu’elle ne décrochait jamais. C’est hyper stable et on se sent vraiment à l’aise. J’ai passé un excellent week-end. »

Troisième du GT Sport à Abreschviller, Rémi Courtois accrochait la deuxième place sur les Teurses d’Hébécrevon, derrière Yann Durieux : « Ne me jugeait pas », lâche Rémi dans un éclat de rire, « mais la plupart du temps quand j’entends des pilotes dire qu’ils n’apprécient que très modérément un tracé, moi je l’adore. Et c’est le cas de celui d’Hébécrevon » poursuit-il toujours le sourire aux lèvres. « Je garde à l’esprit que sur la première partie le droit à l’erreur est interdit, d’autant que je loue la voiture, ce n’est pas la mienne. Mais motivé par Anthony, je me suis un peu lâché et j’ai fait une légère touchette sur un rail. Autant dire que ça m’a calmé pour la suite du week-end. »
On retrouvait ensuite Rémi à La Pommeraye où là encore il allait prendre énormément de plaisir : « C’est une épreuve que je trouve magnifique, qui offre de belles sensations, sur une route propre. On prend réellement du plaisir. On trouve sur l’épreuve angevine énormément de spectateurs qui peuvent idéalement se placer, et ça fait également plaisir de pouvoir leur offrir un beau spectacle. »
Anthony Dubois est impliqué dans l’organisation de la Course de Côte Régionale de Sancerre qui fêtait cette année sa 50ème édition : « Anthony et Guy, son père, alignaient chacun leurs Alpine respectives, de générations différentes et je trouvais ça hyper émouvant… Il était hors de question que je rate ça. J’étais réellement touché de voir le père et le fils rouler sur cette épreuve et j’ai pris énormément de plaisir durant ce week-end. »
Rémi Courtois retrouvait le championnat à l’occasion de la Course de Côte de Vuillafans, un week-end dont le début sera perturbé pour le Bourguignon : « Un capteur est tombé en panne sur la voiture d’Anthony (Dubois) et on devait envoyer quelqu’un récupérer un nouveau capteur, ce qui privait Anthony de la première montée de course. Dans mon esprit, il était hors de question de le pénaliser alors que l’on trouvait le même capteur sur ma voiture. J’ai dû insister pour qu’il accepte de le prendre en lui expliquant que lui jouait un titre, moi j’étais là uniquement pour me faire plaisir. » Anthony pourra prendre part à la montée de course du samedi soir, Rémi retrouvait quant à lui le volant dimanche matin : « J’adore cette épreuve, difficile et périlleuse, mais quel plaisir. »
Sur le Mont-Dore, Rémi Courtois viendra chercher un nouveau podium en GT Sport en terminant derrière Yann Durieux et Dominique Lansard : « J’ai retrouvé d’excellentes sensations sur ce tracé. Les conseils d’Anthony m’ont permis d’aller chercher des choses que je ne serais pas aller chercher de moi-même. Son niveau de performances et les datas qu’il enregistre permettent de savoir qu’à un endroit donné on peut passer de telle manière. Après il faut mettre en pratique ce que l’on m’explique en théorie, mais ça fonctionne plutôt bien quand tu oses. »
La saison de Rémi Courtois se concluait à Turckheim où le Bourguignon viendra chercher un nouveau podium en terminant derrière Yann Durieux et une autre Alpine menées par un jeune espoir local, Alexandre Bechler : « J’étais content de pouvoir me battre avec le jeune Alexandre, mais je savais que c’était un avion. Je retrouvais également Dominique Lansard qui découvrait Turckheim, donc difficile pour lui. Mais j’étais satisfait de pouvoir rouler face à des rivaux et je m’en sors plutôt très bien. Je suis vraiment content de terminer la saison sur une belle prestation. »
Le bonheur de rouler dans une auto d’exception
Troisième du Challenge Open GT Sport, Rémi Courtois est pleinement satisfait de sa saison, sachant que le résultat final lui importait peu : « J’avais la chance de rouler dans une voiture extraordinaire, mes performances étaient vraiment secondaires », confie Rémi qui sera à l’arrivée de l’ensemble des épreuves et qui a acquis durant cette campagne de France un maximum d’expérience avec cette Alpine. « Ce que je retiens c’est l’énorme plaisir que j’ai pu prendre à son volant. L’auto semble simple, mais elle ne l’est pas autant qu’il ne pourrait paraitre. Et comme me disait fort judicieusement Yann (Durieux), durant la première saison avec l’Alpine il ne comprenait pas réellement comment ça fonctionnait. Ça me rassure pour la suite. Je suis également conscient de l’apport que m’a offert Anthony. Seul avec la même voiture je n’aurais jamais signé ce genre de performances. Mon seul regret finalement c’est de n’avoir fait que six épreuves du CFM, une septième participation m’aurait permis de figurer au classement final du championnat. C’est une erreur de ma part, et c’est anecdotique. Sur l’Open j’ai tout fait pour contenir Dominique (Lansard), mais c’est un adversaire expérimenté et rapide, je n’y suis pas parvenu. Mais ce fut vraiment une exceptionnelle saison au volant d’une fabuleuse voiture. Le fait de rouler dans une auto sur laquelle est inscrit le nom d’Alpine, c’est vraiment une émotion particulière. »

En intégrant l’équipe d’Anthony Dubois, Rémi Courtois avoue avoir retrouvé une famille de course, et il tient bien évidemment à remercier chacun des membres : « Avant tout un immense merci Flavie mon épouse qui supporte mes absences dues à la course et à mon investissement dans ma société AT’ Risk. Merci Anthony Dubois qui est un mec extraordinaire et à sa sensationnelle équipe, surtout les gars ne changeaient rien. Merci à l’ensemble des mes partenaires, à AT’ Risk, à ma famille et tout particulièrement mes enfants, Nicolas, Théo, Marion et Lilou. Mes ainés, Nicolas, qui réside au Canada, et Théo, se battent par simulateurs interposés sur les tracés des courses de côte et ils n’hésitent pas à me demander des conseils de réglages pour l’Alpine. Marion et Lilou sont passionnées de chevaux et Marion travaille dans le milieu du cheval au sein de sa boite Com’A Cheval, entreprise dédiée aux professionnels du monde équestre. Les deux filles ont une réelle passion pour le cheval, Lilou pratique le saut d’obstacle mais elle lorgne également sur les voitures et elle commence à évoquer une envie de comprendre comment fonctionne un moteur poussé dans ses extrêmes, ce qui bien évidemment nous rassure énormément sa mère et moi-même », ironise Rémi. « Un immense merci à tous les organisateurs, commissaires, officiels, bénévoles qui œuvrent parfois dans des conditions très difficiles et qui nous permettent de vivre pleinement notre passion. Merci également aux spectateurs qui nous suivent sur les épreuves tout au long de la saison, aux talentueux photographes qui nous proposent de magnifiques clichés de nos courses et qui font passer de belles émotions. »
Le programme de Rémi Courtois pour la saison 2026 n’est pas encore clairement défini mais le Bourguignon souhaite repartir sur un Challenge Open : « Je vais me relancer avec le Team Anthony Dubois Compétition, mais je devrais disposer d’une nouvelle voiture, nous sommes en phase de finaliser ce nouveau projet », confie Rémi qui sera donc à nouveau un animateur du Championnat de France de la Montagne en 2026.
©Bruno Valette
www.ffsamontagne.org / www.cfm-challenge.com
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