Stéphane Garcia vainqueur de l’Open GTTS/3

Après une saison 2021 à l’issue de laquelle il avait accumulé titres et trophées, Stéphane Garcia se lançait cette année un nouveau défi en changeant de monture. C’est en effet au volant d’une Audi RS3 LMS TCR qu’il remporte en 2022 le Challenge Open GTTS/3.

Pour Stéphane Garcia, l’année 2021 aura été celle de la consécration. Tout au long de la saison l’Orléanais a cumulé les succès pour finalement remporter le Trophée FFSA du groupe A, le Challenge Open A/4, en se classant cinquième du Championnat de France de la Montagne. Il sera un des animateurs assidus du Championnat 2ème Division sur lequel il coiffe la couronne de Champion Production. Difficile de prétendre à mieux, d’autant que pour réaliser de telles performances, Stéphane avait tiré à n’en pas douter la quintessence de sa Peugeot 308 Cup. S’il conservait sa ’’Lionne’’, il ne pouvait espérer que faire aussi bien, en sachant que plusieurs Supercopa MK3 allaient grossir les rangs du groupe A, et que l’opposition déjà importante en 2021 ne manquerait pas de s’étoffer cette année

Homme de défis, Stéphane Garcia décidait donc de se séparer de sa Peugeot 308 Cup avec laquelle il avait joué les premiers rôles, pour s’installer derrière le volant d’une auto qu’il voulait plus performante : « Initialement j’avais l’intention de me tourner vers une Supercopa MK3. Mais Nico (Granier) en a trouvé une avant moi, et à la réflexion je n’avais pas spécialement envie d’évoluer dans la même classe qu’un pote, les expériences passées m’ayant laissé des souvenirs très mitigés. Je suis parti à la recherche d’une autre auto, et j’avoue que je suis tombé sous le charme de l’Audi RS3 LMS dont le look est réellement sympa », explique Stéphane.

Le fait d’être le premier pilote à faire rouler cette Audi RS3 sur le Championnat de France de la Montagne n’était pas étranger au choix de Stéphane qui a toujours essayé d’être innovant dans son approche de la course. Seul hic, sa nouvelle monture se retrouvait en GTTS/3, classe dans laquelle les rivaux sont rares, et groupe dans lequel il est impossible de rivaliser face aux GTTS/4 nettement plus puissantes : « On le savait dès le départ, même si j’avoue n’avoir pas très bien compris les raisons qui font que l’Audi n’évolue pas dans le même groupe qu’une Supercopa. »

Autre hic, et non des moindres, l’Audi dont Stéphane se portait acquéreur n’était pas exempte de problèmes : « Il est clair qu’elle ne correspondait pas exactement à ce que l’on m’avait vendu. J’ai dû immédiatement changer la boîte de vitesses et assumer quelques frais supplémentaires qui n’étaient pas prévu à l’origine. L’auto venait des circuits et je n’ai pu qu’en disposer très tard, ce qui m’a obligé à faire l’impasse sur les deux premiers rendez-vous du championnat. Elle a dû également subir une remise à neuf de la carrosserie et une nouvelle peinture, le tout ayant été confié aux mains expertes de Nicolas (Granier). »

En leader de la classe GTTS/3
L’Audi RS3 LMS de Stéphane Garcia bénéficiait donc d’une révision poussée, dans les règles de l’art : « Il faut garder à l’esprit que les Supercopa, les Audi TCR et les Golf sont assemblées par Seat en Espagne. Elles sont donc strictement similaires, si ce n’est que je dispose d’une boîte séquentielle différente de ce que l’on peut trouver sur une Supercopa, mais qui n’est pas un avantage parce que l’étagement n’est pas optimisé pour la côte », précise Stéphane qui n’a donc pas eu le temps matériel de mener des essais préparatoires avant de débuter sa saison. « J’ai pu toutefois m’engager sur la Course de Côte de Bournezeau qui ne s’est pas trop mal passée, même si j’ai eu des problèmes de freins qui seront récurrents par la suite. » Cette première expérience permettait à Stéphane de signer un succès en terminant en tête des Production sur cette épreuve régionale.

En ayant loupé les premiers rendez-vous de la saison, Stéphane Garcia pouvait difficilement afficher des objectifs : « Finalement, il s’en créera un naturellement puisqu’en m’imposant en tête de la 2ème Division à La Pommeraye et en terminant deuxième à Quillan, je me retrouvais ex-aequo aux commandes de ce championnat. Je pouvais alors prétendre à conserver le titre acquis l’an dernier. Mais sur le Championnat de France, mes prétentions ne pouvaient être que limitées à ma classe. »

Pour sa première participation de la saison sur le CFM, à Abreschviller, Stéphane Garcia se retrouvait opposé à Cyril Andrey. Et c’est finalement le pilote de l’Opel Astra TCR qui aura le dernier mot en devançant l’Audi RS3 LMS de seulement sept dixièmes : « J’avais énormément de problèmes de freins, ce qui obligé notamment à aborder l’épingle à plusieurs reprises au frein à main. Je n’avais aucun mordant et je n’étais pas du tout en confiance. »

Absent sur les Teurses de Thèreval – Agneaux, Stéphane Garcia ira par la suite chercher une dixième place à La Pommeraye, assorti d’une victoire de classe en GTTS/3 et d’un succès sur le Championnat 2ème Division Production : « Alors que je découvrais cette année Abreschviller, à La Pommeraye je retrouvais un terrain connu, et ce fut plus facile. J’avais toujours des soucis de freins, mais le tracé ne compte pas réellement de grosses phases de freinages, je n’étais donc pas spécialement pénalisé. Dans l’ensemble ça se passe plutôt bien. » Il en sera de même à Saint Gouëno où Stéphane Garcia accrochait à nouveau la dixième place et une victoire de classe sur un parcours qu’il découvrait : « Le tracé plus rapide correspondait mieux à la voiture, sans que je sois perturbé par les problèmes de freins. »

S’il remporte une nouvelle victoire de classe à Vuillafans, ce que Stéphane Garcia retiendra avant tout de son week-end c’est une sortie de route : « Assez forte d’ailleurs, mais heureusement sans trop de gravité pour la voiture. J’ai endommagé l’arrière ce qui me vaudra de terminer la saison non pas avec un pare-chocs mais un ’’pare-scotch’’ » plaisante-t-il. « Je ne suis pas arrivé à freiner la voiture à l’approche d’une épingle et je l’encastre entre deux rails. Grâce à un travail acharné de Nicolas (Granier) nous avons pu nous relancer. Je dois également noter le beau geste de Cyril Andrey et de son père, qui, alors que nous étions des concurrents directs, n’a pas hésité à me fournir des pièces manquantes. Grâce à ça je termine la course et je m’impose dans la classe. Un immense merci à lui. »

A Dunières, Stéphane Garcia allait signer une nouvelle victoire de classe malgré un petit problème qui le privait de la dernière montée de course : « J’ai perdu mon bouchon de réservoir de carburant au paddock, et je n’ai donc pas pu repartir. Pour le reste le week-end s’est bien passé. Mais avec l’absence de Cyril (Andrey) qui avait décidé de mettre un terme prématuré à sa saison, la motivation n’était plus la même pour moi qui n'avait plus de challenge à relever. Il est très difficile d’aller prendre des risques pour ne rien gagner, puisqu’il m’était impossible de rivaliser avec les GTTS/4, donc j’ai continué à rouler, mais sans forcer l’allure. »

On retrouvait ensuite Stéphane Garcia à Marchampt où, sans forcer l’allure, il imposait son Audi RS3 LMS en tête du GTTS/3 : « Le tracé est magnifique et avec le nouveau revêtement je me suis fait plaisir. J’ai roulé mais sans avoir d’objectif à atteindre. Mais je suis satisfait de mes chronos. » Au Mont-Dore, Stéphane était devancé par l’Alpine A110 de Stéphane Auriacombe qui évoluait dans la même classe que l’Audi : « Stéphane est un rapide, d’autant plus chez lui. Dans notre réglementation nous avons deux poids acceptables et l’Audi affiche 100 kilos de plus que l’Alpine. Nous savions qu’il serait devant mais je ne me formalisais pas pour autant. »

A Chamrousse, Stéphane remportait un nouveau succès de classe et terminait deux millièmes devant la Supercopa de son ami Nicolas Granier : « Il n’y a pas eu de combat du fait que je ne fais pas attention aux chronos des groupes A parce que je n’ai pas envie de me prendre au jeu », explique Stéphane. « Pour le reste, le tracé convient bien à l’Audi, c’est large, rapide, et tout me va bien si ce n’est que j’ai eu du mal à passer quelques épingles. »

La saison de Stéphane Garcia se terminait à Turckheim. L’Orléanais repartira d’Alsace avec une nouvelle victoire en GTTS/3 à l’issue d’un beau combat : « Là j’ai retrouvé de la motivation parce que nous étions cinq dans la classe avec la présence de Thierry Tierce, de la Supercopa MK4 de Nicolas Caumon, de la Porsche de Simon Coinchelin et de l’Alpine de David Buchler. J’étais content de pouvoir livrer bataille et de m’imposer en parvenant à creuser l’écart face à mes adversaires. »

Vainqueur du Challenge Open GTTS/3
Du côté de la 2ème Division, Stéphane Garcia semblait en mesure en début de saison de conserver son titre, mais finalement il n’ira pas au bout de son objectif : « Après Turckheim, face au manque de concurrence et à des obligations professionnelles qui me laissaient peu de temps, je n’avais plus réellement la motivation. De ce fait j’ai préféré mettre un terme à ma saison » explique Stéphane qui est ravi de voir Nicolas Granier lui succéder : « En termes de titres et de trophées, il réalise la saison que j’avais pu faire l’an dernier, et j’en suis réellement enchanté pour lui qui le mérite vraiment. »

Stéphane Garcia remporte pour sa part le Challenge Open GTTS/3 et tire un bilan positif même si la saison ne fut pas vraiment à la hauteur de ses attentes : « Tout ne s’est pas réellement déroulé comme je pouvais l’espérer. En début de campagne, je disposais de pneus neufs, mais face à la pénurie que l’on rencontrait j’ai décidé de les conserver pour la fin de saison. Sur les premières épreuves, j’ai donc lâché des dixièmes et perdu quelques courses face à ceux qui chaussaient des gommes neuves. Mais finalement, à partir du Mont-Dore, il a été possible de retrouver des gommes neuves, je n’avais donc plus aucun avantage par rapport à mes adversaires. La tactique mise en place ne fut donc pas payante. »

« Pour ce qui est de ma place au championnat (20ème) elle n’est absolument pas représentative. On accorde en effet des points de groupe auxquels je ne peux prétendre face au GTTS/4, et je suis devancé par des concurrents évoluant dans d’autres groupes qui, sur les épreuves, sont derrière moi. C’est un peu difficile à expliquer à des partenaires qui sont novices et qui ne voient que le classement final », analyse Stéphane. « Pour parler bilan, j’ai roulé avec une voiture qui été vraiment sympa à conduire, avec un super look. Mais il m’a manqué de la concurrence pour que le plaisir soit total. Malgré tout j’ai passé une excellente saison. »

Une excellente saison dont le dénouement est partagé avec les soutiens de Stéphane : « Je tiens à remercier tous mes partenaires Winamax, Continental, Lestienne Motorsports Assurance, MC Design, MP Création Graphique, French Potentiel, Glass & Tech & Nicolas Millet Photography.  DRT Compétition pour le suivi de l’auto durant la saison. Un grand merci à Claire (NCR Méca) & Nicolas (Carrosserie Granier) pour la préparation et les réparations durant lesquelles ils n’ont pas compté les heures passées. Enfin merci à tous les potes et accompagnateurs pour leur aide et les bons moments passés sur  chaque épreuve »

De la réglementation dépendra l’implication de Stéphane Garcia la saison prochaine : « Pour le moment la voiture est en vente, mais je n’ai pas trouvé preneur. Je vais donc la réviser pour être prêt si je dois repartir avec en 2023. Mais si la réglementation ne change pas, je pense que je me tournerai vers l’Europe où l’Audi RS3 évolue dans une catégorie où il y a de la concurrence. De ce fait je ferai alors moins de manche en France », explique Stéphane.

De Stéphane Garcia, les spectateurs ne connaissent que ses prestations au volant sur les manches du Championnat de France de la Montagne. Mais en coulisse, l’implication de l’Orléanais est nettement plus conséquente. Sous l’égide de Teknic, sa marque de courroies qu’il vend par le biais de ses sociétés et sa société d’évènementiel RS Events, Stéphane Garcia fait du mécénat afin de venir en aide à plusieurs talents, confirmés ou en devenir : « Ca me tient à cœur de pouvoir apporter mon soutien dans diverses disciplines. Je le fais aussi en moto, en karting, rallye et bien évidemment en course de côte. Ce n’est pas seulement un soutien financier, mais également une aide technique et/ou logistique leur permettant de progresser et d’atteindre leurs objectifs. » Durant cette saison 2022 plusieurs animateurs du Championnat de France de la Montagne ont fait partie du Team Teknic Driver, ce fut le cas des féminines Célia Debé et Marie Cammares, du Champion de France Ronald Garcès, des vainqueurs des trophées groupe A et groupe N, Nicolas Granier et Sébastien Lemaire. Mais également du pilote Franc-Comtois Denis Millet, rallyman que l’on retrouve chaque année à Vuillafans.

« Pour l’année 2023, suite à une rencontre l’an passé avec Michèle Mouton j’essaie de mettre en place une opération avec l’aide de la FFSA et de différents partenaires afin de faciliter l’accès des pilotes féminines au sport mécanique. J’espère pouvoir vous en dire plus d’ici quelques semaines », conclut Stéphane.

 

Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

Retrouvez toutes les infos, bilan et portrait de Stéphane Garcia.

 


← Retourner à la liste d'articles