Bilan positif d’une saison écourtée

Pour son retour sur le Championnat de France de la Montagne en 2020, Cyril Andrey se positionnait en leader de la classe A/4 au volant de sa Peugeot 308. Et si sa saison 2021 était consacrée au circuit, il viendra animer de fort belle manière le championnat 2022 avec une Opel Astra TCR, qu’il imposait à plusieurs reprises en tête de la classe GTTS/3.

Venu au sport automobile à la suite de son père Michel et de sa mère Evelyne, tous deux pilotes en rallye et en course de côte, Cyril Andrey ne tardait pas à son tour de se construire un solide palmarès. Animateur de nombreuses courses de côte au volant d’une Peugeot 205 Rallye, il remportera ensuite le groupe F2000 sur la Finale de la Coupe de France de la Montagne 2011 à Bournezeau, qu’il abordait avec une Ford Focus.

Entre 2005 et 2012, on retrouvait régulièrement Cyril Andrey sur les épreuves du Championnat de France de la Montagne, avant qu’il ne se tourne vers le circuit. Il aura alors l’occasion d’évoluer aux volants de différents modèles : Ford Focus, Seat Léon Supercopa, Ginetta G50 GT4, Peugeot 308 Cup… En 2020, la crise sanitaire liée à la Covid mettait à mal l’organisation de meetings en circuit, et Cyril décidait de revenir à ses premières amours, en s’engageant sur le Championnat de France de la Montagne pour cette courte saison composée de six courses en trois week-ends. Un retour remarqué puisque le Savoyard se positionnait rapidement en leader de la classe A/4 avec sa Peugeot 308 Cup, et accrochait la huitième place du Championnat Production.

Pour la saison 2021, Cyril Andrey se tournera vers le circuit en intégrant le Team 2B Autosport qui lui confiait le volant d’une Porsche 911 Cup : « Cela m’a donné l’occasion de faire quelques piges, et dans le même temps d’essayer, toujours en circuit, l’Opel Astra TCR avec laquelle je m’engagerai en courses de côte en 2022. » Cyril, qui découvrait la Porsche Cup, trouvait l’expérience super sympa : « C’est vraiment une super auto, très performante. Malheureusement nous n’avons pas été en mesure d’honorer l’intégralité de notre calendrier suite à la sortie de mon coéquipier. Mais ça restera un super souvenir de rouler en circuit avec une telle auto. »

Retour en CFM avec une Opel Astra TCR
La passion pour le sport automobile ne fait pas occulter à Cyril Andry qu’il a d’autres priorités, et qu’actuellement il ne peut pas se consacrer pleinement à la compétition : « J’ai pris la décision de rénover entièrement ma maison. Un gros chantier qui m’oblige à un investissement conséquent, tant en financement qu’en temps consacré. De ce fait je n’ai plus pour l’instant de voiture de course. »

Pour courir, Cyril devait donc saisir les opportunités qui se présentaient à lui : « Et Laurent Mayet m’a proposé de rouler avec son Opel Astra TCR. J’avais la chance d’avoir à disposition une auto atypique, qui avait fait ses preuves en circuit, et nous voulions savoir ce qu’elle serait en mesure de faire en course de côte. » Un changement de discipline, mais une obligation de conserver l’auto en l’état puisque la réglementation TCR oblige les pilotes évoluant en GTTS à présenter une auto conforme aux normes du circuit : « Nous avons pu tout de même modifier les réglages châssis et les suspensions, mais pour le reste elle se présentait dans sa configuration initiale, et nous comprendrons rapidement que ce n’est pas une auto idéale pour évoluer en course de côte. »

Avant le coup d’envoi du championnat, Cyril savait que dans certains domaines il allait être pénalisé, notamment en ce qui concerne la boîte de vitesses de son Opel : « Nous avons en TCR une première qui est vraiment très longue. Pour s’élancer de la grille de départ c’est juste un enfer. Ou je prenais beaucoup de tours et je restais sur place à patiner comme un malade, ou je ne prenais pas de tours, et j’avais le sentiment que j’allais caller à chaque départ. C’était réellement compliqué », reconnait-il.

C’est sur les essais organisés par l’association Creys Passion Sport Mécanique qu’au mois de mars Cyril Andrey testait son Opel avant de débuter sa campagne de France : « Ces essais sont top, mais le tracé est court et ne permet pas vraiment de faire de nombreux tests. Mais j’avoue que le feeling était bon et j’avais le sentiment de disposer d’une très bonne auto. »

Trois pilotes, aux volants de trois voitures différentes étaient engagés cette saison 2022 sur le Championnat de France de la Montagne dans le Challenge Open GTTS/3. Face à l’Opel Astra TCR de Cyril Andrey on retrouvait l’Audi RS3 LMS de Stéphane Garcia et la Cupra MK3 TCR de Thierry Tierce : « Ça promettait de belles bagarres, et l’objectif était clairement de tenter de devancer les copains. Je suis un compétiteur, j’avais donc à cœur d’être dans le match, et si possible de remporter le titre. »

Les débuts de Cyril Andrey sur le championnat 2022 furent un peu difficiles, mais marqués toutefois par la réussite puisqu’à Bagnols-Sabran il enregistrait une première victoire de classe : « Samedi, lors des essais, j’ai compris que j’avais un problème d’embrayage. Mais j’ai pensé que ça allait tenir. Malheureusement lorsque j’ai redémarré dimanche matin, je me suis aperçu qu’il allait me lâcher. » Cyril démontait donc son embrayage avant la reprise des débats et parvenait à se présenter au départ juste avant que ne s’élancent les animateurs de la série Sport.

La séance de mécanique portait ses fruits, l’Opel donnait son plein rendement et Cyril parvenait à s’imposer en tête du GTTS/3 : « C’était plutôt sympa de terminer le week-end comme ça après la galère que nous avions vécue. C’est une belle satisfaction. »

La dernière et seule apparition de Cyril Andrey remonte à de nombreuses années. Le Savoyard allait donc redécouvrir le tracé cévenol qui est l’un des plus difficiles à mémoriser : « Qu’est-ce que c’est compliqué d’aller vite sur cette épreuve quand tu ne connais pas parfaitement », avoue Cyril qui aura la chance d’être épaulé par Jean-Luc Corbier, habitué du Saint-Pierre : « Il m’a fait reconnaitre, il a analysé chacune de mes montées pour voir où je pouvais gratter du temps, et au final je signe un chrono plus que correct lors de l’ultime ascension. C’était vraiment sympa, d’autant que c’est un tracé qui correspond mieux à l’Astra TCR », estime Cyril qui, comme à Bagnols-Sabran, termine cinquième du GTTS est vainqueur de sa classe.

Disputée sur un tracé court et rapide, la Course de Côte d’Abreschviller semblait convenir à l’Opel Astra. Mais sur l’épreuve mosellane, Cyril devra composer avec de nouveaux soucis : « J’ai été gêné par de nombreuses coupures moteur dont nous ne sommes pas parvenus à trouver l’origine. C’était une panne intermittente, et heureusement la voiture a fonctionné correctement lors des trois montées de course. Mais il a fallu que je me remette en confiance », explique Cyril qui au final pouvait pleinement se satisfaire d’une victoire dans sa classe.

« Ce que je retiendrai d’Abreschviller, c’est que l’organisation était vraiment au top, et que cette épreuve m’a donné l’occasion de me confronter pour la première fois avec Stéphane (Garcia). Et c’était vraiment bien de pouvoir le devancer, sachant que c’est un sacré client », ajoute Cyril.

Le match avec Stéphane Garcia allait se poursuivre à Vuillafans où le pilote de l’Audi aura le dernier mot pour seulement neuf dixièmes au cumul des deux meilleures montées : « A Abreschviller nous n’avions pas trouvé la panne, et les coupures intermittentes sont revenues », se désole Cyril. « Nous avions pourtant mis la voiture au banc avant de nous rendre dans le Doubs, et tout semblait fonctionner. Mais au fur et à mesure des montées de course, l’auto se dégradait et j’ai terminé la dernière ascension avec une énorme perte de puissance. J’ai signé mon meilleur chrono le matin, et alors que je montais des gommes neuves et que j’augmentais le rythme, je signais de moins bons chronos. Au final, les acquis montrent que je roulais 14 km/h moins vite en ligne droite », confie Cyril frustré de ne pas avoir pu défendre ses chances.

« C’est rageant, parce que j’adore ce tracé et quand tu termines à seulement neuf dixièmes tu te dis qu’avec une voiture qui fonctionnait l’issue n’aurait peut-être pas été la même. Je pense que j’aurais été en mesure de réduire l’écart, voire de jouer la gagne », estime Cyril qui apprendra par la suite que c’est un problème de sonde qui mettait la voiture en défaut.

La saison de Cyril Andrey connaitra un coup d’arrêt prématuré à l’issue de la Course de Côte de Vuillafans alors que le pilote de l’Astra se retrouvait confronté à un choix cornélien : « Financièrement, soit je poursuivais ma saison et je n’étais pas en mesure de terminer les travaux pour intégrer ma maison cette année. Soit j’arrêtais et j’offrais un toit à mes enfants. J’ai dû prendre une décision certes à contre cœur mais qui était somme toute logique. Mon rôle de père passe avant mon rôle de pilote », confie Cyril qui, au moment de stopper sa saison occupait la tête du Challenge Open GTTS/3.

Trois victoires en quatre courses
Même s’il regrette de ne pas avoir pu aller à Chamrousse, sa course préférée, où à Turckheim qu’il adore, Cyril Andrey est malgré tout satisfait de sa courte saison : « En quatre courses, je remporte la classe à trois reprises et je termine une fois deuxième, le bilan est donc largement positif. Alors bien évidemment, je suis un peu déçu de ne pas avoir pu me battre jusqu’au bout, notamment avec Stéphane (Garcia), parce qu’à mon sens ça aurait pu faire de belles bagarres. Mais je garde un excellent souvenir de cette saison. »

A l’heure des remerciements, c’est vers Laurent Mayet que vont les premiers mercis de Cyril Andrey : « C’est lui qui a mis cette Opel Astra TCR à ma disposition, et sincèrement je l’en remercie. Merci à mon père (Michel Andrey) qui est à la fois un partenaire et un fidèle supporter, et merci également à mes partenaires, la Société Andrey Pneus à Saint-Baldoph en Savoie, la Société Clean Car à Chambéry, GT2i et les ateliers 2B Auto Sport à La Ravoire en Savoie. Merci également à toute mon équipe qui me suit depuis de nombreuses années tant en circuit qu’en course de côte. Merci donc à Ludo, Kiki, Julien, ma sœur Alex et Doudou. »

Cyril Andrey va pouvoir emménager dans sa maison dès le début du mois de mars, et c’est bien évidemment sa priorité. Il n’en délaisse pas pour autant sa passion et envisage déjà l’avenir. Un avenir qui devrait se dessiner au volant d’une Renault Clio 4 Cup : « Je suis en passe d’acheter cette auto pour rouler en circuit et faire quelques piges sur le Championnat de France de la Montagne. Rien n’est encore fait, et si je reviens ça ne sera pas dans l’immédiat. J’achète une nouvelle auto, c’est déjà une avancée, après il va falloir que je réunisse les budgets pour envisager un programme, mais ça se fera dans un second temps », confie Cyril qui n’a pas encore de vision exacte de ce qu’il fera dans un avenir plus ou moins proche. Mais on peut espérer le retrouver sur le Championnat de France de la Montagne.


Propos recueillis par Bruno Valette ©

 

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